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Kid Paddle et l’humour français

Par Julien Meyrat • mar 30 août 2005 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas
Publié en août 2005

Le dixième Kid Paddle vient de sortir en librairie, l’occasion d’aller fumer du Lobotomisator et d’exploser quelques Blorks. Avec le sourire.

Explications : Kid est un gamin fan de jeux vidéo, qui aime exploser des extra-terrestres, torturer les poupées de sa sœur et regarder des films romantiques comme Mutilator contre Docteur Cervelas 2, le retour. Bref un gamin normal, au grand dam de son père. À l’instar d’une série comme Calvin et Hobbes, le concept tient en une demi-douzaine de scénarii déclinés à l’infini par l’imaginaire délirant de l’auteur, Midam : Kid joue (et perd) à un jeu, Kid martyrise une poupée, Kid imagine que son père est un mec cool (quelle idée!), Kid explique la vie à ses amis… Et, comme pour Calvin et Hobbes, ça fonctionne à chaque fois, car Midam est un génie au dessin ultra expressif, à la mise en case très énergique et aux idées tout simplement hilarantes. Les sévices que Kid concoctent pour les jouets de sa sœur témoignent en particulier d’une imagination débordante comme seuls en sont capables les enfants. C’est là la grande force de cette bande dessinée : s’adresser directement au petit garçon (ou à la petite fille) sadique qui sommeille en nous.

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Dans la forme, Kid Paddle est typique du style français : là où les Américains affectionnent le strip (trois ou quatre cases en ligne) et les Japonais les pavés de trois cents pages, la tradition française a imposé le format “une page, un gag”. À chaque époque ses vedettes : Franquin (Gaston), Reiser (La Famille Oboulot en vacances), Gotlib (Rubrique-à-brac), Zep (Titeuf)… Le genre a perduré tout en se renouvelant pour le plus grand bonheur des fans, jeunes et moins jeunes. Car l’intérêt de ces BD, c’est qu’on peut les lire à tout âge et, pourquoi pas, en famille.

Malgré tout cette presse a connu un passage à vide avec la fin des hebdomadaires jeunesse comme Pilote, le Journal de Tintin, Pif gadget… le Journal de Mickey et Spirou survivant vaille que vaille dans un contexte peu propice aux audaces. L’humour plus adulte s’est pour sa part maintenu : des mensuels comme Fluide glacial ont savamment entretenu la flamme aux côtés des délires de Jim (L’Amour, 500 idées pour glander au boulot…) dont les dialogues fleurent bon le vécu, des blagues coquines de Dany (dont le talent indéniable fait passer le pire comique troupier pour un monument de finesse), ou encore des Sales Blagues de Vuillemin, abominables paillardises pourtant désopilantes. Il s’agit néanmoins de BD à ne pas mettre sous tous les yeux et on peut se demander ce qui reste aux têtes blondes d’aujourd’hui (et aux parents qui aimeraient bien lire avec eux).

Non seulement certaines séries ne se sont jamais arrêtées, laissant à d’autres le soin de s’inquiéter de la conjoncture (Léonard de Turk et De Groot atteint quand même son 35ème numéro, Achille Talon son 46ème malgré le décès de son créateur Greg, Boule et Bill de Roba emportant la palme avec 52 albums!), mais plus surprenant encore, les hebdomadaires jeunesse refont surface sous forme… mensuelle : Tchô! (magazine officiel de Titeuf), Kid Paddle magazine, Pif gadget (de nouveau en rayon), Capsule cosmique (petit nouveau des éditions Milan à destination des plus jeunes)… Sans oublier les numéros spéciaux de Pilote, véritables livres d’or réunissant les meilleurs auteurs du moment.
La relève est ainsi assurée : de nouveaux gagmen ont réussi à tirer leur épingle du jeu, comme Midam ou son complice Clarke (auteur de Mélusine) qui, sous couvert d’un trait souple très “éditions Dupuis”, ont produit en duo les noirs mais très drôles recueils de Durant les travaux, l’exposition continue… Les styles novateurs de Parker et Badger de Cuadrado et Titeuf de Zep semblent passionner les foules. Fane 0 a repris au pied levé l’équipe de motards du Joe Bar Team et Erroc et Pica, de retour sur les terres bénies du trait franco-belge (quelques années de traversée du désert après la mémorable École abracadabra) avec Les Profs, nous prouvent que si l’humour dessiné familial n’est pas un métier évident, il existe encore de bons professionnels. On n’a pas fini de rigoler.

Kid Paddle numéro 10 : Dark, j’adore!.
Scénario et dessin : Midam.
Éditions Dupuis.
Crédit photographique : Éditions Dupuis.

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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2 Réponses »

  1. Verlos, en verdad me recordo a Calvin & hobbes. En mi blog escribo algo sobre ellos:

    http://blogia.com/rocko/index.php?tema=12

  2. Ce qui signifie à peu près : “Les voir, en vérité ça me rappelle Calvin et hobbes. Dans mon blog j’écris quelque chose sur eux”.

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