La foule, de Marie Sabal-Lecco
Par Pascaline Vallée • lun 24 avr 2006 • Categorie: Art Contemporain, Peinture/Dessin
Jusqu’au 23 avril, l’espace Canopy, nouveau-né dans le monde des espaces multiculturels, accueillait Marie Sabal-Lecco, artiste camerounaise venue partager son soleil et ses idées de solidarité avec le public parisien.
Rarement foule n’a été aussi gracieuse. En effet, dans beaucoup de ses œuvres colorées, Marie Sabal-Lecco prend plaisir à représenter les gens. Des portraits teintés d’humour tendre aux tableaux de groupe, l’artiste camerounaise conserve un trait rieur et espiègle. Envoûté, le visiteur se laissera emporter par La foule, pour en suivre l’ondulation harmonieuse.
De têtes mauves en corps dorés, tous élancés et pour la plupart féminins, l’œil caresse la grâce de l’ensemble. Si ses personnages ont tour à tour la couleur de la terre et du soleil, jusqu’à atteindre un mauve irréel, c’est parce que Marie Sabal-Lecco diffuse dans ses œuvres un permanent message de solidarité. Pour dénoncer l’esclavage, elle choisit par exemple ailleurs de souder une multitude de mains enchaînées, symbole d’une entente qui brisera les chaînes. Qu’elles soient closes ou brisées, celles-ci sont toujours encadrées d’optimisme, ce qui annule tout emprisonnement.

De ton plus léger, La foule exprime ce même sentiment de partage. Les personnages, massés dans le cadre du tableau, semblent en déborder, par leur nombre et par l’élan de leurs gestes. De pas de danse en posture de yoga, les silhouettes du premier plan exhalent une vitalité à toute épreuve. Les formes élancées-enlacées mêlent ainsi leurs tons mauve, jaune, ocre, doux et chauds, pour une chorégraphie toute en légèreté et en joie suggérée.
Marie Sabal-Lecco, pour souligner un message simple et universel, utilise dans ses œuvres une technique naïve. Entourés d’un trait noir, les corps et les formes sont uniformément colorés, dans des tons souvent plus symboliques que réalistes. La foule, comme la plupart des scènes de groupe, ne contient quant à elle que des silhouettes, dont seul le sexe peut être identifié. Mais ces humains dépersonnalisés n’en perdent pas pour autant leur capacité d’expression. Sans visage, ils peuvent être n’importe qui, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont quelqu’un.
Sur cet îlot, terre de rencontre des cultures, le visiteur se promène donc, suivant les mouvements des silhouettes. Immergé, il se sent peu à peu envahi par une petite musique douce et joyeuse. Venue d’Afrique ou des îles, des pays où les paroles s’échangent gaiement dans la rue, elle semble aller de soi avec la vision de cette foule sans visage, mais dont on devine les sourires à son aspect soudé, griffé de gestes joyeux.
Marie Sabal-Lecco, prochainement à l’Espace Lucrèce, 16 rue Salneuve (17e), Paris.
Crédit photographique : Espace Canopy.
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Très bon site.
J’espère mes mots tout aussi “impactant”:
http://hirsute.hautetfort.com
g un progéen aplastike est c’est la foule ou pui-je aller pour avoir des renseillement svp
Marie Sabal Lecco expose régulièrement dans les galeries parisiennes, souvent dans le 18ème arrodissement. Malheureusement, elle ne possède pas à ma connaissance de galerie d’exposition permanente et La foule n’est pas visible.