culturofil_header.jpg

Negima ! : Akamatsu persiste et signe

Par Julien Meyrat • mar 2 mai 2006 • Categorie: Manga

Tome 4 publié le 18 avril 2006

Appréciation de Julien niveau 0

Negi Springfield a dix ans et il est élève dans une école de magie en Écosse. Oui, ça rappelle quelque chose. Selon la vénérable tradition de l’établissement, avant d’être nommé Magister (c’est-à-dire grand maître de magie) il doit accomplir un stage en milieu professionnel. Le voilà bombardé professeur d’anglais dans une classe de collégiennes japonaises. Commence un – très – gros délire à base de quiproquos, de combats et de bluettes plus ou moins culottées.

Ken Akamatsu n’est pas le premier venu dans l’univers du manga. Après le peu remarqué Ai Non-Stop!, il s’est révélé au public japonais et international avec Love Hina. Cette histoire d’amour délirante fut en France la série phare des éditions Pika. Le concept rappelait un peu le Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) de Rumiko Takahashi, en beaucoup plus vif et nerveux. Keitarô, étudiant peu doué, tente pour la troisième fois le concours d’entrée à Todai (équivalent nippon de Polytechnique) et se retrouve gérant d’une pension pour jeunes filles, toutes plus jolies les unes que les autres. Leurs aventures ont subjugué bon nombre de lecteurs au fil des quatorze volumes. L’œuvre, au-delà d’une qualité graphique certaine, détaillait en outre de nombreux aspects de la culture japonaise de manière décalée mais instructive. Souvent comparé à un Friends nippon, Love Hina en avait indéniablement le charme. Les personnages en particulier, bien que tous des archétypes (l’étudiante coincée, la petite fille timide, la guerrière stoïque…), étaient incroyablement attachants.

negima_tome4.jpg

Akamatsu récidive avec Negima !, version outrancière de sa série précédente. Déjà, il y a plus de filles ! Love Hina réunissait moins d’une dizaine de protagonistes féminins, Negima ! explose les scores avec une classe de trente et une collégiennes, toutes définies et présentées au gré des aventures du jeune héros. Évidemment, certaines sortent vite du lot et beaucoup rappellent les caractères des héroïnes de la série précédente (Nodoka est un quasi copié-collé de Shinobu, par exemple). Le héros est encore moins expérimenté : Keitarô était célibataire et manquait de confiance en lui, Negi est un gamin plein d’allant mais maladroit. Ce héros manque d’ailleurs de charisme par rapport à son aîné, auquel on s’identifiait plus facilement.
L’action, elle, diffère quelque peu. Passé les deux premiers tomes où on rencontre les élèves une à une et où les intrigues concernent surtout la vie collégiale, les amourettes et les petites culottes (une constante chez Akamatsu, volontiers coquin mais jamais vulgaire), un début d’intrigue apparaît. Une des élèves se révèle être un vampire qui a connu le père de Negi, une autre est une kendôka appartenant à une vieille caste d’exorcistes (la même que Motoko dans Love Hina), une espèce de guerre des magiciens s’instaure entre Tokyo et Kyoto… De même, le père de Negi, ce mystérieux maître Thousand disparu dans des circonstances inconnues, semble être un personnage clé. Bref, on sent poindre derrière les facéties du premier plan l’ombre d’un scénario construit. Akamatsu jouait déjà dans Love Hina sur les références à Indiana Jones, sans jamais plonger complètement dans l’aventure au détriment de l’intrigue amoureuse. Il semble qu’il ait pris un parti différent cette fois-ci, ajoutant à sa sauce une bonne louche de Harry Potter. Une idée intéressante… mais qui tombe tout de même à plat.
En effet, autant Love Hina était original et frais, autant Negima ! pousse le bouchon trop loin. On s’attache nettement moins aux personnages, malgré le graphisme toujours aussi efficace de l’auteur. Les gags à base de filles toutes nues fatiguent vite et le sel des situations est complètement désamorcé par l’âge des protagonistes. Un gamin de dix ans qui tombe sur une ado en train de prendre son bain, ça n’est ni sensuel, ni même croustillant. On pourrait même en arriver à se poser quelques questions…
N’allons pas jusque-là. Pour l’instant, on est loin des petits miracles de la série précédente (qui du reste ne fit pas non plus l’unanimité chez les fans de mangas), mais rien n’est perdu. L’intrigue prenant de plus en plus d’importance, la suite remontera peut-être le niveau.

Negima ! Le Maître magicien, 4 tomes parus, scénario et dessins Ken Akamatsu, éditions Pika.

Technorati Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

Julien Meyrat est un des rédacteurs Bande Dessinée du magazine. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Julien Meyrat

Laisser une réponse