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Gérard Thalmann, Au pigment

Par Pascaline Vallée • lun 19 juin 2006 • Categorie: Art Contemporain

Exposition jusqu’au 25 Juin 2006

Appréciation de Pascaline niveau 2

S’il fallait qualifier d’un seul mot Gérard Thalmann, la chose ne serait pas facile. Hétéroclite, l’artiste multiplie les genres avec pour seule constante un talent judicieux, que ce soit dans le choix de ses sujets ou dans leur traitement. Jouant sur toutes les gammes, il alterne ainsi acrylique sur toile et manipulations numériques. De passage à la galerie Pascal Gabert, cet habitué du lieu y expose jusqu’au 25 Juin une trentaine d’œuvres, fenêtres ouvertes sur un monde où la matière prend vie.

Intitulée Au pigment, l’exposition met en effet l’accent sur la qualité de texture et de couleur des œuvres. Qu’elles soient pigments sur toile ou jet d’encre pigmentaire, toutes attirent l’œil et l’intérêt en présentant une même harmonie d’ensemble. Nul choc, excepté la découverte amusée de la présence d’un os incongru, ou d’un éléphant vadrouillant sur un grand carré jaune. Ces éléments décalés, loin d’être le fruit d’un hasard nonchalant, participent en fait au bon équilibre de l’œuvre. Le regard caresse ainsi une surface lisse et pourtant irrésistiblement animée.

Car les œuvres de Gérard Thalmann présentent ce point commun d’être poussées par un dynamisme omniprésent. Un arbre grandit, un homme marche, un trait se tire, des vagues se forment, chassant l’immobilité aux angles du cadre. La vivacité de ces surfaces est par ailleurs renforcée par l’utilisation fréquente de couleurs vives et franches, sans toutefois être agressives.

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Grande part de l’exposition, les Duos marient avec audace photographies et pigments. Jouant sur les incongruités de la vie quotidienne, ils confrontent le monde réel à la poésie. Ainsi Migrations climatiques nous fait suivre mentalement le trajet d’un oiseau, présent au centre sous la forme d’une estampe sur fond rouge, son vol étant symbolisé à droite par des pointillés en spirale. De même, Elle va la vie assemble la photo nocturne d’un adulte tenant un enfant par la main et un détail de nuages impressionnistes propice au rêve enfantin.

Before révèle quant à lui par un clin d’œil que cette poésie est parfois toute entière dans le monde. En effet, ce Duo est en fait la séparation par un trait rouge d’une seule photographie. Immeubles et mer se partagent ainsi le cadre.

Exploitant le mélange des matières, Gérard Thalmann propose également des toiles en jet d’encre pigmentaire. Par un jeu numérique, l’artiste y couvre partiellement une image par une autre. Pour ce faire, il fait naître la superposition comme avec une gomme, la seconde image apparaissant là où cette « gomme » serait passée. Deux toiles, basées sur le mythe de Léda et du cygne utilisent cette technique. La mer semble ainsi avoir envahit une scène antique ou des femmes nues et languissantes arborent des bijoux précieux. L’ensemble allie la grâce des femmes à l’ondulation des oiseaux.

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Faisant preuve d’un grand souci esthétique, Gérard Thalmann rejette ainsi la peinture statique. Mêlant poésie, humour et pragmatisme, il crée un style bien à lui, à découvrir de toute urgence.

Au pigment, galerie Pascal Gabert, 11 rue du Perche, 75003 Paris.
Crédit photographique : galerie Pascal Gabert.

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Une Réponse »

  1. Avis aux retardataires : l’exposition de Gérard Thalmann est prolongée jusqu’au 15 Juillet.

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