Bande à part de Nouvelle Vague
Par Labosonic • jeu 22 juin 2006 • Categorie: MusiqueAlbum publié le 12 juin 2006

Avec Bande à part, Marc Colin et Olivier Libaux réalisent un deuxième disque qui prolonge l’idée qu’un premier album réussi avait initiée. Le concept de Nouvelle Vague est ainsi décliné une seconde fois : orchestrer des standards de la new wave en bossa nova, en se basant sur une amusante coïncidence linguistique.
Le challenge pour ce deuxième volet était double : réussir à renouveler une bonne idée sans pour autant la trahir. Colin et Libaux se doivent de garder l’esprit de leur premier succès sans pour autant donner l’impression de ne livrer ici que des brouillons, ratés ou autres fonds de tiroir du premier opus.
Et c’est avec tout leur talent d’arrangeurs et l’appui de musiciens doués que Colin et Libaux vont contourner l’obstacle. Là où Nouvelle Vague prenait, selon son propre concept une couleur musicale brésilienne, Bande à part, elle, a par moment des sonorités plus caribéennes. Si quelques sons d’oiseaux tropicaux agrémentent ainsi la reprise du Killing Moon d’Echo and The Bunnymen, c’est grâce à des percussions aux influences bien éloignées du brésil que l’album se démarque de la ligne sonore de son prédécesseur. Mais c’est surtout par la présence constante mais cependant discrète d’un accordéon que s’effectue ce virage. Le Fade to Gray de Visage se retrouve ainsi transfiguré : les nappes de synthétiseurs de ce classique révèlent ainsi tout leur pouvoir mélodique, jouées au piano à bretelles, tandis que les solos gagnent un véritable relief interprétés par des steel drums.
Tous les autres ingrédients du succès précédent sont au rendez-vous : orchestrations originales et soignées, casting d’invités vocaux impeccables. L’absence de Camille, brillante lors de son exceptionnelle performance passée sur Too drunk to fuck, est compensée par Gerald Toto, seul homme de la distribution mais certainement pas le moins brillant. La sélection musicale s’avère elle aussi de très haut niveau, ne sont repris que des standards des années 80, du Don’t Go de Yazoo au Bella Lugosi’s Dead de Bauhaus en passant par Blondie (Heart of glass) et New Order (Blue Monday). Rien de bien neuf émotionnellement à ce propos, l’auditeur oscillera selon son niveau de passion pour cette période entre la découverte, l’admiration face à une cover réussie et le sentiment de sacrilège.
Il n’y a rien à reprocher d’autre à cette Bande à part que les défauts du premier album et pourtant cet album apparaît moins bon, plus fade, moins brillant que son prédécesseur. S’il plaira aux grands érudits musicaux à la discothèque bien fournie, tout heureux d’y trouver quelques très bonnes reprises de leurs morceaux favoris, il ne déplaira pas non plus aux néophytes qui y trouveront la bande sonore idéale d’un apéritif entre amis et en terrasse. Mais hélas, pour les uns comme pour les autres, on peut s’interroger sur l’attrait qu’exercera encore un tel disque au bout de quelques mois.
Nouvelle Vague était une bonne surprise qui, aussi originale soit-elle, avait réussi à lasser au fil du temps et des écoutes ses auditeurs les plus fanatiques. Bande à part, sa suite logique, bien que réussie, est un disque du même genre, mais qui ne bénéficie pas de l’effet de nouveauté. On ne peut donc hélas que s’interroger sur l’avenir qu’aura un tel disque, une fois l’engouement initial passé. Sans doute deviendra-t-il le disque de chevet de tout designer sonore, mais aussi bon soit-il, il ne restera finalement qu’un des sommets de cet art mineur qu’est la musique d’ascenceur.
Bande à part, Nouvelle Vague, publié par Peacefrog.
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