Vagues Invisibles de Pen-Ek Ratanaruang
Par Marie Guyot • mer 12 juil 2006 • Categorie: CinémaSortie prévue le 12 juillet 2006

Comment ne pas penser à A Bittersweet Life en voyant Vagues Invisibles? Dans l’un le directeur d’un restaurant est chargé par son patron mafieux d’éliminer sa maîtresse au cas où il s’avérerait exact qu’elle ait un amant. Dans l’autre un cuisinier est chargé par son patron mafieux de tuer sa femme car il s’est aperçu qu’elle le trompait.
Les trames semblent les mêmes, et pourtant un grand fossé sépare ces deux films.

Esthétiquement tout d’abord, les images sont bien différentes des deux côtés et cela va plus loin qu’une simple question de contenu.
Aux éclairages sombres, au noir et blanc devenant couleurs, aux plans poétiques sur des feuillages et aux reflets de A Bittersweet Life répondent la photographie presque invisible d’un Christopher Doyle qui nous avait pourtant habitués à mieux, notamment grâce à ses multiples collaborations avec Wong Kar-Wai.
L’image de Vagues Invisibles n’en est pas pour autant sans intérêt, seulement elle est éclipsée par un contenu surréaliste auquel il est difficile d’adhérer.
Kyoji, le cuisinier meurtrier, passe son temps à vomir, comme pour concrétiser son écœurement pour l’acte qu’il a commis. Mais lorsque nous découvrons que la femme assassinée est morte en vomissant, nous faisons sans le vouloir le parallèle avec l’état du cuisinier et nous nous posons des questions sur sa santé qui n’ont pas lieu d’être.

Ce type d’étrangetés courra tout le long de Vagues Invisibles, et la suite sera d’ailleurs parfois tellement surréaliste que nous pourrons nous demander s’il ne s’agit pas d’un délire de mourant.
Un peu plus loin dans le film, Kyoji, parti se faire un peu oublier en Thaïlande, se fera enfermer dans la cabine la plus miteuse qui soit de son bateau de « croisière ». Il rencontrera la belle Noi, qui lui confiera son bébé pendant qu’elle profitera de la piscine alors qu’ils ne se sont même pas encore réellement présentés l’un à l’autre. Il rencontrera aussi Lezard, un mafieux fan de karaoké qui se prend beaucoup trop au sérieux.
Surtout, il passera son temps à se perdre, que ce soit dans les couloirs du bateau ou dans ceux de son hôtel une fois arrivé en Thaïlande. Une façon sans doute de nous signifier qu’il est étranger à ce pays. S’il est perdu physiquement dans l’espace, Kyoji l’est surtout dans son esprit, sans doute dans sa conscience, puisqu’il vient de tuer une femme. Comment vivre avec ce poids ? Comment a-t-on pu lui demander cela ? Est-ce que d’autres personnes ont été contraintes à faire la même chose ?
Autant de questions que Kyoji est amené à se poser et qui montrent qu’il vit désormais dans un autre monde. À défaut d’être un film captivant et novateur, Vagues Invisibles a au moins le mérite de nous montrer de façon très esthétique le passage d’un monde à l’autre.

Réalisation : Pen-Ek Ratanaruang.
Scénario : Prabda Yoon.
Avec : Tadanobu Asano (Kyoji), Gang Hye-Jung (Noi), Ken Mitsuishi (Lezard), Eric Tsang (Monk) et Maria Cordero (Maria).
Crédit photographique : 2006/DR.
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Marie Guyot est la fondatrice et la Directrice de la rédaction du magazine. C'est aussi une des rédactrices Cinéma.
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Salut
Merci du lien au passage vers mon blog.
Je voulais savoir si tu avais déja vu ce film ou non ?
Car je crois qu’il est passé au ciném en France , mais je l’ai loupé.
Tu as des infos sur une sortie DVD sous-titre anglais ou francais ?
Mon film préféré est “The last life in the Universe” , donc retrouvez Pen-ek Ratanaruang et Asano Tadanobu me rend trés impatient.
Bonne journée
Bonjour Maxime,
J’avais bien sûr vu Vagues Invisibles pour pourvoir écrire mon article dessus! Puisque vous semblez être un grand fan de Pen-ek Ratanaruang, sachez qu’à l’occasion de la sortie en salles de Ploy le MK2 Beaubourg rediffuse Last life in the universe et Monrak transistor.
À bientôt!