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Le retour à la source de Darkel

Par Labosonic • jeu 5 oct 2006 • Categorie: Musique

Album paru le 18 septembre 2006

Appréciation de Labosonic niveau 1

Sous le pseudonyme de Darkel, se cache un homme, Jean-Benoît Dunkel, soucieux d’effectuer un retour aux sources. Et cette volonté semble d’autant plus salutaire que son groupe, Air, tourne un peu en rond. La magie et l’inspiration des premiers succès du duo (Moon Safari, Virgin Suicides) ont disparu au profit d’œuvres que l’on considère volontiers comme le résultat de commandes de la fine fleur de la jet-set internationale (Sofia Coppola, Charlotte Gainsbourg). En bons élèves, les deux versaillais rendent une copie studieuse mais qui manque cruellement de cette originalité qui faisait leur réputation. Darkel et son album éponyme est aux antipodes même de ce à quoi ressemblaient les dernières réalisations labelisées Air. En retrouvant à la production l’équipe du label Source et Stéphane « Alf » Briat, l’ingénieur du son de Moon Safari, Jean-Benoît Dunkel a abandonné le côté inhumain et glacial des mélodies synthétiques que le duo composait depuis sa rencontre avec Nigel Godrich.

Darkel @ Work

Les amateurs des débuts des prodiges de la French Touch retrouveront dans cet album tous les ingrédients de leurs succès d’alors : un son vintage fortement marqué par les années 70, de réelles mélodies au piano et un goût prononcé pour les facéties musicales (qui les poussait à transformer le générique de l’émission 30 millions d’amis en magique interlude de leurs premiers concerts).

La nostalgie des seventies est particulièrement présente sur Be my friend ou At the end of the sky, qui semblent être deux hommages à Bob Moog. L’un se termine par un solo de theremin tandis que l’autre débute l’album par des envolées qui feront penser à Mike Oldfield au temps de sa splendeur. Des chansons comme Some men ou How brave are you, en mêlant les cordes d’un piano aux touches d’un synthétiseur, prouvent à quel point la composition de l’album est soignée et, s’il en était besoin, que l’utilisation d’un clavier Moog n’est pas qu’un vulgaire artifice pour camoufler de quelconques lacunes d’inspiration mélodique.

Chaque morceau de l’album est aussi marqué d’une inspiration forte qui ravira tout érudit musical. Sans sampling aucun, Darkel accumule pourtant les allusions discographiques, légères ou appuyées et autres micro-reprises de morceaux célèbres. De la ligne de basse du très rock TV Destroy à celle de Beautiful Woman en passant par Bathroom Spirit qui fait immédiatement penser au Talisman de Air, chaque morceau regorge de légers clins d’œils sans pour autant avoir le moindre petit air de déjà entendu.

Darkel prend la pose

Pour autant, Darkel est un album qui est loin de l’excellence. Le chant de Jean-Benoît, sans être totalement imparfait, lasse parfois, à force d’être passé à la moulinette du vocoder, et peine dans l’élocution de paroles résolument simplistes, dont la naïveté fait regretter de comprendre l’anglais.

Mais qu’importe, cela demeure tout de même une œuvre extrêmement réconfortante tant elle est empreinte d’une certaine spontanéité. Elle réussit à briser le moule de cette électro-pop figée et mélancolique dans laquelle Air s’était enfermé. Cela compense largement ses défauts et fait espérer qu’un nouveau souffle emportera le duo vers des domaines où il retrouvera tous les talents qu’il peinait à mettre en valeur. C’est là l’objectif de tout projet parallèle d’un des membres d’un groupe, et il est largement accompli.

Darkel, Darkel aka Jean-Benoît Dunkel, publié par Source.
Crédits photographiques : Valérie Sonnier, Antony Mc Cann.

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