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Le mouvement des images

Par Pascaline Vallée • lun 16 oct 2006 • Categorie: Art Contemporain

Jusqu’au 29 janvier 2007

Appréciation de Pascaline niveau 1

Relier et distinguer arts plastique et cinématographique n’est en soi pas une mauvaise idée. Ce serait même une très bonne initiative, si l’on en croit les confusions soulevées par le cinéaste Laslo Moholy-Nagy, selon lequel « le film aujourd’hui [1930, ndlr] demeure encore sous la domination des conceptions dérivées du tableau traditionnel d’atelier, si bien que dans la pratique courante on n’aperçoit que fort vaguement le facteur principal du film qui est la lumière et non le pigment ».

Un film n’est pas un tableau, donc. Pour appuyer cette distinction capitale, l’exposition présentée au Musée national d’Art moderne décrypte les processus du film. « Défilement », « Montage », « Projection » et « Récit » sont autant d’étapes visant à faire prendre conscience au spectateur du travail du cinéaste. Le mouvement des images n’est pourtant pas une encyclopédie du cinéma, et propose au-delà des citations une nouvelle vision de l’histoire de l’art.

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Regroupant plus de deux cents œuvres créées tout au long du XXe siècle, placées par thème et non par date, l’exposition mêle cinéma et arts plastiques. Elle entend ainsi inverser le processus habituel en pensant l’art à partir du cinéma. Ses apports, ses influences sont nettement visibles, et l’interaction entre les arts devient évidente. Ainsi les Cantos de Barnet Newman montrent comment la caméra et son traitement de l’image ont modifié la perception du monde. Cette série de monochromes, alignés en un spectre restreint de la lumière, utilise en effet la couleur comme un matériau sonore, une note destinée à former la mélodie. De même, Zen for film de Nam June Paik, constitué d’une projection d’amorce transparente où seules volètent quelques poussières.

Au delà de l’inspiration thématique et formelle, l’exposition présente les nouveaux modes d’expression, à la naissance desquels le cinéma a sans doute participé. Les installations et performances apparues au XXe siècle doivent en effet beaucoup aux nouvelles possibilités ouvertes par le film, sans compter bien sûr, l’apparition de plus en plus fréquente des écrans vidéos dans l’art contemporain.

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Malgré ses bonnes intentions, l’ensemble manque de force. Eléments essentiels, les films diffusés dans la « rue » ne sont pas mis en valeur. Ces expériences, à l’origine de nouveaux modes de perception et de pensée, sont disposées en quinconce dans le lieu le plus passant du parcours, ce qui gêne à la fois le visionnage et l’écoute.

Hormis ce défaut majeur, Le mouvement des images est un moyen remarquable pour reparcourir le XXe siècle sous un nouvel angle et de replacer les œuvres dans leur contexte culturel.

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Le mouvement des images, jusqu’au 29 janvier 2007 au Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou.
Hand Catching Lead, Richard Serra, 1968, film cinématographique 16 mm noir et blanc, silencieux, 3 secondes.
Picture for Women, Jeff Wall, 1979, cibachrome, caisson lumineux, 161,5 x 223,5 x 28,5 cm.
Mapping the Studio II With Color Shift, Flip, Flop & Flip/Flop (Fat Chance John Cage), Bruce Nauman, 2001, installation vidéo, 7 scripts, 7 Betacam, couleur, son stéréo, vue de l’installation à la Sperone Westwater Gallery, New York, juin-juillet 2002, capture d’écran de Mapping the Studio II.
Crédit photographique : Collection du Centre Pompidou, Patrick Palaquer, RMN, Philippe Migeat, Jeff Wall, Sperone Westwater Gallery New York, ADGAP Paris 2006.

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