culturofil_header.jpg

Ô Jérusalem de Elie Chouraqui

Par Willy Gilboire • mer 25 oct 2006 • Categorie: Cinéma

Sorti le 18 octobre 2006

«Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie. Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au-dessus de toutes mes joies». Psaume CXXXVII.

ojerusalem6.jpg

De New York à Jérusalem, du lendemain de la seconde guerre mondiale à la première trêve du conflit israélo-palestinien, Ô Jérusalem suit la destinée tragique de deux juifs new-yorkais et de leur ami palestinien.
Le nouveau film d’Elie Chouraqui est une leçon d’histoire plutôt simpliste. Un récit romanesque mettant en scène des héros naïfs et innocents au cœur du conflit -ô combien complexe- qui oppose juifs et musulmans en terre palestinienne. Complexe, le film de Elie Chouraqui ne l’est justement et malheureusement pas…

Plusieurs points du film sont discutables, en tête le parti pris évident du réalisateur pour le camp israélien. Même s’il n’omet pas d’afficher (brièvement) les exactions criminelles d’un groupuscule armé juif dans un village arabe, Elie Chouraqui se concentre presque exclusivement autour de la détermination et du courage du peuple juif face au peuple arabe, dans l’ensemble, belliqueux. L’intransigeance du camp arabe face à la détermination héroïque du camp juif : on pourrait presque résumer l’arrière-plan historique du film à ce schéma superficiel.

patrick_bruel.jpg

Là est donc tout le problème de ce film destiné au grand public. Ô Jérusalem ne dispose ni de l’ambiguïté, ni de la réflexion qui se dégagent par exemple du Munich de Steven Spielberg, ni même de la justesse de ton du Indigènes de Rachid Bouchareb. À défaut, ce film vous éclairera vaguement durant deux heures sur la génèse du conflit israélo-palestinien. Ses défauts ne s’arrêtent pas là. Bien qu’il soit clairement et ostensiblement une superproduction tirée d’un best-seller célèbre, le film n’est pas exempt de maladresses d’un point de vue technique, comme ces explosions hideuses réalisées à grand renfort de numérique, ou cette héroïne qui respire encore, bien qu’elle soit morte (sigh !).

La distribution du film n’est pas en reste : deux chanteurs (Patrick Bruel et Shirel) jouant le rôle d’activistes tout comme Elie Chouraqui lui-même. Mention spéciale pour le choix des dirigeants arabes, tous effrayants de par leur mine patibulaire.
On ne retiendra en fait que le personnage principal, J.J. Feild, croisement curieux entre Jude Law et Alan Cumming, un acteur prometteur qu’on espère vite revoir dans un film plus réussi.

Imparfait techniquement, discutable surtout par son parti pris, Ô Jérusalem échoue donc dans sa volonté d’éclaircir un conflit aussi bien meurtrier qu’absurde. On ressort frustré par la vision de ce film à la sincérité douteuse et par le peu de parole accordé au camp arabe. Film bancal donc, dispensable surtout.

ojerusalem3.jpg

Réalisation : Elie Chouraqui.
Scénario : Elie Chouraqui et Didier Lepêcheur, d’après l’oeuvre de Dominique Lapierre et Larry Collins.
Avec : Patrick Bruel (David Levin), Saïd Taghmaoui (Saïd Chaine), J.J. Feild (Bobby Goldman), Maria Papas (Hadassah), Shirel (Yael) et Ian Holm (Ben Gourion).
Crédit photographique : Haut et Court 2006.

Technorati Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Willy Gilboire est un des rédacteurs DVD du magazine.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Willy Gilboire

12 Réponses »

  1. Bonjour
    J’ai adoré le film.

    J’y suis allé un soir avec ma soeur et son mari.
    J’y allais, c’est vrai pour Patrick
    Mais alors said et bobby, quel beau duo
    Merci à Elie chouraqui, à Patrick et à said et bobby

    Je suis sortie de la salle en larmes;
    Merci

  2. Bon, au moins le coté romanesque du film a plu à certains… ;)

  3. Bonjour,
    Le triste sire qui a écrit cet article manque de l’élémentaire culture qui lui aurait permis d’éviter de dire des âneries.
    Serait-ce un négationiste ou un gaucho attardé que défent de façon contradictoire des formes de dictatures courantes dans les pays obéissants à une tyrannie religieuse que seuls les dictateurs ou les romantiques atteints de profonde schizophrénie peuvent défendre?
    Nous avons peut-être là, un cas médical intéressant de vide mental profond souvent rencontré chez les pseudo intellectuels.
    PS : je précise que je ne suis pas de culture ni de religion israélite.

  4. Bonjour Willy,
    Si l’on ne s’en tient qu’au côté romanesque, cela évite bien entendu toute discussion de fond et par-là même le côté quasi nazillon de certains propos qui, je le répète, ne peuvent émaner que d’esprits tordus et faussement cultivés qui font des amalguames dans le style du chef d’oeuvre d’un certain Adolf, vous savez ; Mein Kampf… un ramassis de conneries qui séduit encore de nos jours certains sous-développés mentaux… tous ne sont pas soignés… il y a beaucoup de débouchés dans ce domaine.

  5. Mon cher Jean, tu ne parles même plus du film (à croire que tu ne l’as pas vu !). Pire encore, tu t’enfonces dans ce qu’on appelle sur le web : la loi de Godwin. Je t’invite donc à découvrir ce dont tu es victime (et accessoirement à te soigner).
    Par contre, avec tous le respect que je te dois, je ne t’invite pas à réitérer des propos aussi débiles et gratuit sur un film.
    Bien à toi
    WiLL

  6. etant fan de patrick bruel aussi bien chanteur qu acteur je ne rate jamais ses films et bien sur j ai regarder hier soir ..o jerusalem cest un tres beau film meme si patrick n a pas vraiment un grand role le film est tres bien fait .et surtout a mediter

  7. Willy, tu as le chic pour te mettre dans la panade… Ce film est la copie conforme du livre Ö Jérusalem de dominique Lapierre et de Larry Collins. Ce film présente le conflit du point de vue tant arabe que juif et je dis cela pourquoi: La Nabqa, les pourparlés arabes, les différents point de vue: Jordanien, Saoudien, Egyptien et Palestinien sont exposés; l’appel à la lutte mais aussi la Nabqa: tout est là. L’Irgoun et ses attentats, la révolte arabe de 46 tout y est.

    Coté juif, on a biensur la joie, les milices, l’Irgoun, la fierté nationale, la sortie des camps bref, l’histoire des juifs en Israel.

    Tu as fait un article a charge et malheureusement un peu malhonnête - si tu cherches un film qui magnifie le martyr palestinien et qui montre le palestinien candidat au suicide comme un mec cool type DJ de fun Radio - tu peux voir Paradise Now.

    Voili voilou

  8. Cet article s’est voulu être le plus neutre possible ! En connaissant les codes du cinéma, la personne qui se permet d’émettre une critique à charge, c’est bien Elie Chouraqui dans son film ! Il est clair que la cause juive prend le dessus sur celle des palestiniens dans Ô Jerusalem. Le film est caricatural comme pas possible. On ne peut pas manquer ça.
    Personnellement, je ne prend pas parti car le conflit est beaucoup trop complexe pour se risquer à savoir qui est en tort. De toute façon, il faudrait être historien pour savoir où ça a cloché.
    Je connais (sans me vanter) l’ensemble des codes cinématographiques et c’est uniquement sur ce plan là que je critique et attaque le point de vue du film et donc celui du réalisateur, que je trouve toujours à ce jour douteux !
    Reste à Elie Chouraquie de s’expliquer sur les aspects controversés de son film que je soulève dans cet article.
    Amitiés,

    M. Gilboire Willy

  9. Je pense que tu es malheureusement partisant au même titre que celui que tu pense dénoncer. Le camp arabe, est représenter par les paroles de Said, les larmes des familles palestiniennes, et ce sentiment d’injustice palestinien est lui aussi largement présent dans ce film. Ce film a irrité des juifs hyper pro israelien mais a aussi largement décontracté des arabes pro palestinien.

    “ce n’est pas aux arabes de payer les crimes des nazis”
    ” c est au arabe de décidé si ils ont envie de partager leurs pays”
    “ce n’est pas aux nations unies de décider qui doit partager un pays”
    - ces phrases sont dites à 5 mns du film par “Said”

    Le Jacob “juif” est carrément extrémiste.

    Ensuite, je trouve tes arguments très subjectifs : parler des ” mines patibulaires des arabes”, est une vision carrément personnelle. je n’ai pas vu des arabes moches et des juifs beaux. Ton analyse est malheureusement orientée et tu sembles dénoncer le camp de la paix - plutôt que l’orientation cinématographique et technique du film.

    Sous couvert d’une analyse purement technique, j’ai plutot le sentiment de lire un article plutôt médiocre et tristement politisé…

  10. Pour revenir sur Paradise Now, je n’ai pas trouvé d’articles dessus, parlant ni de la dimension “technique” du film montrant des palestiniens candidats aux suicides à l’humour décalé, occidentalisé, tout en introspection et densité philosophique, alors que le simple camp palestinien pour une paix n’existe pas (ce qui donne une idée de la diversité des points de vue offerte à ce peuple).
    je serai curieux de lire ton analyse technique le concerant.

  11. Ma critique, subjective ? N’est-ce donc pas le cas dans toutes les autres concernant le cinéma ? ;-)
    Personnellement je laisse la politique aux politiciens et l’histoire aux historiens.
    Je ne me concentre que sur le cinéma, sur ce qu’un film montre et démontre. Sur ce plan là, E. Chouraqui n’atteint pas les sommets.

    Pour ce qui est du casting. Si on y regarde de plus près… Lorsqu’on voit dans Ô Jerusalem qu’un camp bénéficie de l’aura de trois stars connues ou reconnues (Shirel et Bruel pour la partie “people” et Ian Holm pour la partie acteur de renom) et qu’un autre camp est seulement représenté par une star en devenir (Said Taghmaoui), on ne peut pas nier un certain déséquilibre…
    Pour les dirigeants arabes, on ne pas nier non plus que leurs visages fermés et dur ne respirent pas l’intransigeance…
    C’est ça le cinéma de caractérisation, tout est dit dans l’expression du visage. C’est la carte simpliste jouée par E. Chouraqui dans son film : les héros sont beaux, tout comme les plus jeunes d’entre-eux qui sont voués à être des martyrs. Les ennemis seront des anonymes, auront le visage dur et menaçant… etc
    Plus simpliste, tu meurs.

    Revois le film. Regarde “Munich” de Steven Spielberg. Découvre “Tu marcheras sur l’eau”de Eytan Fox. Quand à moi, il ne me reste plus qu’à trouver “Paradise Now”

    Amicalement,

  12. Un lien intéressant :

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-10-20-O-Jerusalem

Laisser une réponse