Les Chansons d’Obispo : quand les mots sont de trop
Par Julien Meyrat • mar 12 déc 2006 • Categorie: Bande Dessinée / MangasSorti le 22 novembre 2006

Une obsession assez récente des éditeurs consiste à « adapter » en bande dessinée les œuvres de grands poètes. Citons dans cette logique la récente version dessinée du Voyage au bout de la nuit de Céline, les pièces de théâtre de Molière dans la collection Commedia de Vents d’Ouest et, bien entendu, les multiples BD reprenant les textes de grands chanteurs : Brel, Brassens, Gainsbourg, Bruel… euh… [1]
Mais quoiqu’on pense de Patriiiick, une limite est indéniablement franchie avec le nouveau numéro de la collection. Allez savoir ce qui est passé dans la tête des dirigeants de Soleil (plusieurs zéros, probablement), voilà qu’ils lancent une BD hommage à l’œuvre de Pascal Obispo. Rappelons qu’Obispo, néo-Polnareff sans les cheveux ni le talent, sort régulièrement des albums à l’intérêt décroissant, évolution d’autant plus gênante que le premier ne volait déjà pas bien haut [2]. Au moins pourra-t-on arguer qu’en lisant une BD, on n’a pas les mélodies. Malheureusement, ça ne suffit pas.
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Pourquoi ces auteurs sont-ils allés se compromettre dans pareille entreprise vouée aux gémonies ? On peut comprendre que de jeunes auteurs comme Patricia Lyfoung (auteur du sympathique La Rose écarlate) ou Frédéric Genêt (Mygala) n’osent pas refuser une proposition d’un gros éditeur, mais des auteurs comme André Chéret (Rahan) n’ont guère besoin de ce genre de publicité. Au moins celui-ci n’a-t-il pas sacrifié à la règle non-écrite mais très appliquée dans ce volume, règle imposant que le personnage d’Obispo apparaisse dans la BD, de préférence sous la forme d’un superbe éphèbe à la musculature hypertrophiée et au magnétisme animal. Quand on pense au modèle original, dissipant tout le charisme d’une planche en bois, ces historiettes tentant d’imposer le chanteur en empereur romain ou en superstar à paillettes deviennent carrément comiques.
Finalement, les auteurs qui s’en sortent le mieux sont Federico Bertolucci, qui parodie Millésime (chanson débilitante à vous donner honte d’être du Bordelais) en une désopilante farce de pochtron, Floch qui adapte Soledad en une image chrono et Éric Liberge qui se la joue Dave McKean en illustrant Personne en trois pleines pages à la construction alambiquée, chaotique et plutôt réussie. N’oublions pas Philippe Briones qui donne à Zinedine (une des chansons les plus putassières de l’histoire) une ambiance en demi-teinte plutôt bienvenue. En parallèle, d’excellents artistes nous offrent de belles images pas du tout en adéquation avec le texte. N’Guessan (Petit d’homme), par exemple, magnifie le texte de Rosa dans un sublime ton sépia.
Pour une fois, on regrette que le neuvième art associe si étroitement mots et images. Impossible de simplement profiter des dessins : les incises gâchent irrémédiablement les effets graphiques les plus réussis. Et si par hasard on réussit à faire abstraction de ces vers mal rimés, les représentations quasi-christiques de l’auteur-interprète qui parsèment l’album achèvent de lui donner un goût particulièrement indigeste. Nous sommes ici face à un pur objet de culte. Et pas du passionné enthousiaste, non. Il s’agit d’un pur ouvrage de commande, fabriqué avec autant de ferveur que les milliers de statuettes de la Vierge que l’on trouve à Lourdes.
Bref, une bonne partie de rigolade à feuilleter rapidement. Reste un cadeau intéressant si vous avez une petite cousine insupportable et fan du chanteur : vous aurez au moins la paix pendant une petite heure au cours du repas de Noël (voire plus si vous tapez assez fort avec).
[1] : je serais impardonnable de ne pas citer la collection « Petit à Petit » qui propose des adaptations BD des textes d’auteurs tels que Boris Vian, Victor Hugo, Bobby Lapointe, Paul Verlaine, Guy de Maupassant…
[2] : Note de Labosonic, notre spécialiste musical : « Son problème, c’est que son talent est très bien résumé par ses cheveux : il pense en avoir beaucoup, flamboyants et ondulants harmonieusement comme Polnareff alors qu’en fait, c’est tout le contraire.
Plus sérieusement, il est remarquable par sa manière de faire des chansons : il a une espèce de pool d’auteurs-compositeurs qui travaillent en groupe de manière quasi-industrielle autour de lui (Lionel Florence, Calogéro, etc …) et tout est fait sous forme d’ateliers d’écriture de chanson.
Il est assez innovant de bosser en pool et c’est surtout très limite en terme de business : ses “protégés” musicaux (Natasha Saint-Pier…) ne peuvent bosser qu’avec la “team Obispo” et les signatures des chansons issues du pool ne sont pas forcément toujours les bonnes : un peu comme Claude François et Sardou qui, dans les années 70, exigeaient d’être crédités comme co-auteurs (donc toucher plein de droits) pour chanter des chansons.
Sinon, avec un peu d’objectivité et sans partir dans les blagues de chauve, c’est du Obispo : de la variétoche qui pisse pas loin mais qui n’a pas forcément prétention à le faire… C’est un peu le même programme artistique que Goldman avec dix ans d’écart : beaucoup de boulot en auteur-compositeur (avec souvent des plagiats d’ailleurs) et moins prolifique personnellement (avec suffisamment de succès pour renforcer son aura dans l’autre fonction). »
Les Chansons de Pascal Obispo en BD : Rêver l’aventure…, textes Pascal Obispo, dessins collectif, éditions Soleil.
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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée du magazine. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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j’ai deja vu et entendu des gens desagreables au sujet des autres mais vous chanteur en herbe et heureusement pour tous inconnu vous en etes le paroxysme
j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi amer que vous .Vous ne devez pas avoir eu beaucoup de bonheur pour être aussi mechant gratuitement , ou bien est ce seulement de la jalousie )
Je ne vous salue pas
Vous devriez avoir honte de parler comme ça de Pascal Obispo ! lui au moins il se bat pour des causes jsutes ! et pas commme ce Polanreff qui fuit ls fisc frnaçais depuis 30 ans et qui revient en France pour gagner du pognon (et grace a qui ? grace à pascal qui l’a remis au gout du jour !!) et qui retournera depenser ce pognon aux USA !! LUI oui c’est un vrai nul !!! et qu’est ce qu’il a vraiment fiat dnas sa carriere ? depuis 30 ans elle est au point mort ! Je lui souhaite un BIDE ENORME pour sa tournée !!!
Pascal lui est un ARTISTE au grand coeur !!
Sur ce ….je ne vous salue pas !…