Bilan séquentiel de l’année
Par Julien Meyrat • mar 26 déc 2006 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas
Le Combat ordinaire 3 : Ce qui est précieux (Manu Larcenet) : avec son troisième et avant-dernier tome du Combat ordinaire, Larcenet touche à la grâce. Sa fable sociale nous offre peut-être le plus beau témoignage sur l’actualité du moment. Magique.
La collection 32 (Futuropolis) invente un format à mi-chemin entre le franco-belge et le manga. Une excellente initiative qui se décline en une flopée de séries très agréables (L’Idole dans la bombe, Guerres civiles, Holmes…).
Little Nemo (Winsor McCay) : la réédition pachydermique mais pleine de respect de l’œuvre fondatrice de Winsor McCay n’a qu’un défaut : comment l’apporter discrètement jusqu’au pied du sapin ?
Lou ! (Julien Neel) : la petite série qui monte. Les aventures de la blondinette constituent une des meilleures créations issues du laboratoire Tchô !.
Fraise et Chocolat (Aurélia Aurita) : pour une fois, le sexe n’est pas une simple formule de racolage mais un joli symptôme de l’amour. En attendant le Lost Girls d’Alan Moore, une belle histoire de cœur cachée derrière une belle histoire de cul.

Donjon Zénith 5 : Un mariage à part (Lewis Trondheim, Joann Sfar, Boulet) : le nouveau Donjon est décevant. Vous me direz : il était temps, vu le génie continu de la série depuis ses débuts. Bizarrement, le travail de la dream team Boulet – Trondheim – Sfar peine à fonctionner. Dommage, mais ce n’est que partie remise.
Les Chansons d’Obispo (collectif) : les éditions Soleil, si elles sont capables de grandes choses, prouvent à l’occasion que les scrupules ne les étouffent pas. Ce volume conçu comme un objet de culte réunit tout ce qu’il ne faut pas lire. Respect.
Lucky Luke : Le Mariage des Dalton (Laurent Gerra, Achdé) : Laurent Gerra n’est pas Goscinny. La belle découverte ! Même s’il limite les dégâts, la relative platitude de l’album soulève le problème : est-il vraiment nécessaire de poursuivre ces vieux classiques ?

Pas mal d’œuvres cruciales sont malgré tous nos efforts passées à travers nos mailles.
La Malédiction du parapluie (L. Trondheim) : après sa victoire angoumoisine, Trondheim revient au dessin « juste pour s’entraîner à l’aquarelle ». Qu’il est agréable de voir revenir un génie sur son ouvrage, en attendant « son » festival d’Angoulême.
Pourquoi j’ai tué Pierre ? (Alfred et Olivier Ka), BD magnifique sous forme d’auto-analyse.
Le Chat du rabbin (J. Sfar), qui a tout de même emporté l’Eisner Award du meilleur album étranger.
La Face karchée de Sarkozy (Philippe Cohen, Richard Malka et Riss), soi-disant « première BD-enquête », qui s’est malheureusement bien mieux vendue que le Dol (Philippe Squarzionni) paru aux Requins Marteaux, pourtant infiniment mieux écrit, dessiné, ficelé et documenté…
Technorati Tags: Combat ordinaire, Larcenet, Winsor McCay, Lost Girls, Alan Moore, Boulet, Trondheim, Sfar, Laurent Gerra, Goscinny, La Malédiction du parapluie, Pourquoi j’ai tué Pierre ?, Alfred et Olivier Ka, Le Chat du rabbin, La Face karchée de Sarkozy, Philippe Cohen, Richard Malka, Riss, Dol, Philippe Squarzionni, Bande Dessinée, Critique, Opinion, Culture
Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Julien Meyrat

On va me dire que je cherche la petite bête, mais bon… :
l’auteur de Dol s’appelle Philippe Squarzoni et pas Squarzionni.
Merci pour cette précision. J’ai failli faire une année orthographiquement parfaite… Tant pis.