Y : le dernier homme : apocalypse et petites pépées ?
Par Julien Meyrat • mar 2 jan 2007 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas
La collection Semic Books est morte, vive Panini Comics ! Depuis le dépôt de bilan de Semic, principal distributeur de comics américains en France, le stock de séries qu’il était en train de sortir s’est réparti dans les greniers des grands éditeurs. Delcourt semblait le mieux placé pour relancer tout ce bazar, avec la quasi-intégralité de la bibliographie de Neil Gaiman (Sandman, Death…), d’Alan Moore (Watchmen, V pour vendetta, Top 10…), de Mike Mignola (Hellboy)… Et c’est finalement Panini Comics qui rafle la mise en récupérant toute la production de l’éditeur DC. D’où une légitime inquiétude, Delcourt ayant acquis au cours des ans une réputation de respect inoxydable des œuvres adaptées. Mais aussi une certaine excitation, Panini relançant certaines vieilles séries enterrées un peu vite dans les limbes.
Ainsi sort enfin le tome 3 d’Y : le dernier homme, une des meilleures séries de la collection Vertigo (collection pour adultes de DC).
L’histoire part d’un postulat simple et rappellera sans doute de vieux fantasmes aux lecteurs masculins : un jour, tous les hommes de la Terre sont morts. Tous. En fait, pas seulement les hommes, mais aussi les chiens, les chats, les girafes, les coqs, les taureaux… Tout ce qui portait un chromosome Y meurt vidé de son sang, laissant dans une certaine détresse une humanité réduite de moitié.
Les naïfs pourraient croire que dans pareil cas de figure, les femmes de tous pays se réuniraient et établiraient enfin le paradis égalitaire tant espéré, mais il s’avère vite qu’elles ne valent finalement pas beaucoup mieux que les hommes : la situation est propice à tous les débordements, notamment aux États-Unis où un groupuscule d’extrémistes, les amazones, poussent à son paroxysme l’idéologie féministe en mettant le feu aux banques du sperme et en organisant des lynchages de transsexuelles.
Au milieu de ce chaos, un homme a survécu : Yorick Brown, jeune homme comme les autres qui ne sait absolument pas pourquoi lui et son singe mâle Esperluette ont survécu. Il se révèle donc le dernier espoir de la race humaine. Et accessoirement la cible commune d’à peu près toute la population mondiale. En effet, chacune semble avoir son avis sur la destinée du jeune homme (que ce soit Grand Inséminateur ou cadavre exposé à la gloire de la femme), alors que lui n’a qu’une idée en tête : retrouver sa fiancée qu’il venait de demander en mariage et qui traîne quelque part en Australie.
Derrière un synopsis qui peut sembler un peu jusqu’au-boutiste se cache une BD au ton réaliste et au scénario subtil et bien ficelé. Le sujet est traité avec sérieux, malgré l’ironie constante du héros, et le scénariste Brian K. Vaughan (Ex machina, Ultimate X-Men, Pride of Bagdad…) est définitivement digne de sa réputation. Le concept et le traitement n’est pas sans rappeler le récent film d’Alfonso Cuarón, Les Fils de l’homme, et le résultat est au moins aussi plaisant.
Aux dessins, on trouve Pia Guerra, une artiste au trait fin et agréable, qui rappelle peut-être un peu le Chris Sprouse de Tom Strong. Son style élégant confère à l’ensemble une sensation de réalisme dynamique, parfaitement en adéquation avec l’intrigue.
Le tome 3 reprend où nous en étions resté avec les Semic Books : après avoir réglé leur compte aux amazones, l’auteur se penche sur les conséquences politiques avec des références cumulées à la guerre froide et au Moyen-Orient qui sonnent étonnamment actuelles. L’édition de Panini reprend le format américain, plutôt agréable et en tout cas moins spartiate que les Semic Books. Seule question : Panini Comics comptent-ils rééditer les premiers tomes pour assurer l’homogénéité des bibliothèques ? Rien n’est moins sûr !
Y : le dernier homme tome 3, scénario Brian K. Vaughan, dessins Pia Guerra, édité par Panini Comics.
Technorati Tags: Neil Gaiman, Alan Moore, Mike Mignola, Y : le dernier homme, Brian K. Vaughan, Alfonso Cuarón, Pia Guerra, Chris Sprouse, Tom Strong, Bande Dessinée, Critique, Opinion, Culture
Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée du magazine. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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Bonjour.J’espère que je ne me trompe pas d’adresse pour le commentaire que je vais ajouter lol.Je voudrais juste signaler qu’il a paru vers la fin des années 80,dans un quotidien francophone algérien,une bd qui s’intitulait …LE DERNIER HOMME et où tous les hommes ont été décimés par un VIRUS QUI SE LIAIT AU CHROMOSOME Y.Seules des femmes ont survécu au fléau qui a frappé la terre.Mais,voilà qu’un jour un cosmonaute parti en mission dans l’espace quelques temps auparavant,retombe sur terre.Il se retrouve comme étant le dernier rescapé mâle de l’espèce humaine.Visitez <www.ledernierhomme1.spaces.live.com<,c’est intéressant.Amicalement.
Merci de ce complément effectivement intéressant. Impossible de savoir si Vaughan a eu vent de cette bande dessinée algérienne : ce thème de base a probablement été repris à plusieurs reprises sans que l’on puisse y voir un quelconque plagiat…
[...] sa maîtresse prostituée…), on retrouve la patte de l’auteur Brian K. Vaughan (Ex Machina, Y le dernier homme). Une forte connotation sociale, avec les multiples répercussions de l’existence des super [...]