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Dieu n’a pas réponse à tout (Benacquista, si !)

Par Julien Meyrat • mar 30 jan 2007 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Publié en janvier 2007

Appréciation de Julien niveau 1

Dieu est omniscient et omnipotent, tout le monde sait cela. Et bien tout le monde se trompe : face à une humanité jamais en manque d’imagination quand il s’agit de faire des conn… bêtises, le Seigneur tombe parfois en panne d’inspiration. Heureusement, vu l’équipe de vainqueurs entassés dans son Paradis (rien que des pros triés sur le volet !), il dispose toujours d’un spécialiste à appeler quelle que soit la situation. Ainsi Sigmund Freud, Marilyn Monroe, Homère et quelques autres sont-ils envoyés sur Terre pour aider quelques âmes perdues en échange d’un vœu exaucé.

Dieu_benacquista

Tonino Benacquista est ce qu’il est convenu d’appeler un auteur multimédia. Figure bien connue de la littérature (Saga, Tout à l’ego, Malavita…), il a également investi les champs du cinéma (notamment en tant que scénariste de succès comme De battre mon cœur s’est arrêté, Sur mes lèvres…) et de la bande dessinée (L’Outremangeur, d’ailleurs adapté au cinéma). Quelles que soient ses œuvres, on y retrouve cette facilité de lecture agréable qui ont fait sa renommée, ainsi que cette ironie constante, ni triviale, ni vaine, résultat d’une écriture intelligente et fine. Sa dernière œuvre, Dieu n’a pas réponse à tout (mais IL est bien entouré), est un recueil d’histoires toutes forgées sur le même principe. Un modèle du genre : retrouvant le format « nouvelle » qui avait fait le succès de Tout à l’ego, il signe une succession de récits drolatiques simples mais de qualité.

Au pinceau, on retrouve un Nicolas Barral en très grande forme. Connu pour la désopilante parodie de Conan Doyle Baker Street, qu’il dessine sous les ordres de Pierre Veys, et pour les très réjouissantes Aventures de Philip et Francis (pastiche très respectueux du Blake et Mortimer d’E. P. Jacobs), il prête son style précis et hyper expressif à ces personnages connus. Réunir Barral et Benacquista est une idée si évidente qu’il est surprenant que les deux ne se soient pas rencontrés plus tôt, la lisibilité étant une qualité qu’ils partagent en égales proportions.

Les intrigues proposées, si elles ne renverseront pas les codes du 9e art, se laissent très agréablement lire. Benacquista en profite pour épingler quelques clichés, associer les moins miscibles des personnages (Louis XIV doit aider des SDF !) et mettre face à face le tout-puissant Créateur de toutes choses avec quelques caractères bien trempés, dont les vœux ne manqueront pas d’effronterie (les demandes d’Al Capone, de Louis XIV et de Mozart valent le coup d’œil). On retrouve le style léger de l’auteur, aussi à l’aise dans cet art que dans les autres. Lors du dernier festival d’Angoulême, il déclarait d’ailleurs lors d’un débat sur les relations entre BD et littérature : « J’ai été vers la bande dessinée parce qu’elle me permettait de dire des choses que je ne pouvais pas exprimer autrement. Cette histoire dessinée par Barral ne pouvait tout simplement pas exister ailleurs qu’en bande dessinée. Je ne voyais pas comment la raconter autrement : certaines histoires ne peuvent pas se raconter sous forme de nouvelles, ni de romans. ». Une bonne interprétation du vecteur BD, loin de l’approche commerciale qu’on sent poindre ailleurs. C’est agréable.

Dieu n’a pas réponse à tout (mais IL est bien entouré), scénario : Tonino Benacquista, dessin : Nicolas Barral, éditions : Dargaud

Bande dessinée, Critique, Opinion, Culture

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée du magazine. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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