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Black et Mortamère : by Jove !

Par Julien Meyrat • mar 20 fév 2007 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Album publié en janvier 2007

Appréciation de Julien niveau 1

Black et le Suprême Mortamère, deux sauvageons fort représentatifs des banlieues françaises, sautent d’une case à l’autre en détruisant tout sur leur passage tandis que le dessinateur rend hommage à plusieurs grands de la bande dessinée, française elle aussi, monsieur. Et belge parfois !

Pixel Vengeur est un de ces auteurs farouches, indépendant violent et dézingueur dans l’esprit « Tontons flingueurs revus sauce banlieusarde ». Il avait commencé avec un premier tome violent et pas toujours très drôle et récidive avec un Black et Mortamère niquent le système, nouvelle claque graphique à l’humour typiquement indé. Après s’être payé Trondheim, Jacobs et Mœbius, il rend cette fois successivement hommage aux univers de Franquin, Druillet et Bilal. Il démontre au passage un talent de copiste assez incroyable (les trois styles étant assez éloignés les uns des autres), sans oublier de nous faire rire.

Black_et_mortamere

Évidemment, avec les deux caricatures qui donnent leur titre à la série, on est dans l’humour brut de décoffrage. Le parler banlieue peut d’ailleurs poser quelques problèmes de lisibilité si l’on n’est pas habitué, mais une fois l’œil fait à ces « on m’la fait pas à oim ! » et autre « oik ? », le lecteur se laisse embarquer dans ces hommages multiples, quoique iconoclastes, à tous les auteurs franco-belges. Les deux lascars balancent le Chat de Geluck par la fenêtre, partent à la chasse au Schtroumpf, lancent des décorations de planches sur leurs ennemis, s’amusent à écraser des cerfs (comprendre : des hérissons)… tout ça sans complexe ni temps mort.

Esthétiquement, Pixel Vengeur est loin des approximations souvent associées aux auteurs indépendants. Ses planches à la Bilal démontrent une maîtrise impressionnante, tout entière dévolue à la déconne. Un hommage au neuvième art surprenant, dynamique et énergisant. Le comte de Champignac hallucine au psylo, la héraldique décorative de Druillet sert de projectile, le présentateur de la Quatrième Dimension fait le tour des cases à la Gotlib, le professeur Mortimer se fait boulotter au détour d’une scène pendant qu’une des plus célèbres scènes de Tintin au Congo s’en prend plein la face. Ça dépote, ça détonne, ça fait du bien. Certes, on est dans un genre nettement moins fin que le Menace sur l’Empire de Veys et Barral, qui singeait le style d’E. P. Jacobs sur un ton bon enfant. C’est certain, voilà un humour qui ne plaira pas à tout le monde. Mais après tout on serait mal inspiré de honnir la grosse déconne, surtout quand elle est aussi bien agencée.

Black et Mortamère niquent le système, texte et dessin Pixel Vengeur, éditions du Cycliste.

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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