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Bone : la saga prend des couleurs

Par Julien Meyrat • mar 27 fév 2007 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Album sorti le 24 janvier 2007

Appréciation de Julien niveau 1

Perdus dans une mystérieuse vallée bien loin de leur village, les trois cousins Bone se retrouvent mêlés bien malgré eux (pour deux d’entre eux en tout cas) à une gigantesque épopée dont l’issue décidera du sort de toute la vallée, peut-être même… du monde. Comment ? Vous connaissez déjà ? Oui, mais là c’est en couleur !

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Les douze tomes de Bone avaient mis longtemps à être édités en France. Delcourt avait fini par sortir le dernier tome, La Couronne d’aiguilles, en février 2005, deux longues années après le onzième. Un an après cet événement qui avait soulagé bien des fans, Jeff Smith a décidé de relancer sa série, tout en couleurs cette fois.
Car une des particularités de la saga Bone était en effet ce noir et blanc intégral si caractéristique du style de Smith. Forte d’une édition de prestige, la série était rapidement devenue culte grâce à un ton résolument personnel, quelque part entre Tolkien et Disney. En effet, si les personnages principaux, sortes de marshmallows tout ronds, sont plus proches des Schtroumpfs ou des Snorkys que d’Aragorn fils d’Arathorn, l’univers dans lequel ils se retrouvent propulsés relève de la plus pure heroic-fantasy : la petite paysanne s’avère être une princesse au prestigieux destin, un dragon mystérieux rôde aux alentours, un ennemi étrange et terrifiant commande à une horde de créatures velues, griffues et dentues…
Mais chez Jeff Smith, la princesse a ses humeurs, le dragon est un cynique fumeur de cigarettes, les créatures maléfiques sont de gros rats amateurs de quiche et surtout, nos trois personnages principaux sont d’hilarants personnages de cartoon.

Ainsi, si Fone Bone est un adorable garçon pétri de bonnes intentions, fan de Melville et plein de bonne volonté, son cousin Phoney est un magouilleur de première dont la principale obsession est d’amasser plus d’argent. Quant à Smiley, il s’agit d’un sympathique imbécile toujours prêt à aider.

Au point de vue scénaristique, c’est à de la grande aventure que nous avons affaire ici : une épopée qui n’a pas à rougir de la comparaison avec la référence tolkienesque (le destin des trois Bone n’est pas sans rappeler celui de certains hobbits). L’humour est autant présent et les relations entre les personnages ne cessent de se creuser, l’intrigue ne faiblissant jamais. La question est : qu’apporte donc cette fameuse mise en couleurs ? Et bien pas grand-chose à l’arrivée.

Smith est un coloriste tout à fait honorable, il l’avait déjà prouvé sur ses couvertures, mais il est surtout un exceptionnel maître du noir et blanc. Son style très influencé par le style « Disney » (le même qui avait influencé Osamu Tezuka et les premiers mangaka), tout à la plume, souligne merveilleusement l’ambiance fabuleuse des aventures des petits personnages. Le quatrième tome, La Nuit des rats garous, était en particulier une preuve indéniable de son talent de noircisseur. Aussi à l’aise avec les personnages humains qu’avec les créatures animalières (le design des rats-garous aura marqué beaucoup de designers), sa mise en case fluide lui a valu le prix Eisner pour la réédition de l’intégrale de Bone en 2005 (un pavé monumental aux faux airs de bottin, uniquement disponible en anglais). Reste que cette nouvelle publication en couleur n’apporte pas grand-chose : les couleurs assez pâles signées Steve Hamaker ne justifient pas un nouvel achat. Il est même à craindre qu’une partie de l’intérêt des tomes suivants, dont les ambiances devaient beaucoup au contraste du noir et blanc, ne s’en ressente. Autant dire que les heureux possesseurs des versions antérieures n’auront pas de scrupule à snober cette nouvelle mouture. Ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Smith, par contre, seront bien inspirés de s’y mettre : Bone, ça reste une valeur sûre.

Bone t. 1 : La Forêt sans retour, scénario et dessins de Jeff Smith, éditions Delcourt, collection Contrebande.

Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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Une Réponse »

  1. Pas d’accord du tout : j’apprécie beaucoup cette version couleur, à mon avis beaucoup moins triste et plus belle que la version N&B.
    Je pense aussi qu’elle est plus adaptée à un jeune public (à qui elle semble d’ailleurs destinée).

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