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Pocket Symphony : Air fade

Par Labosonic • jeu 1 mar 2007 • Categorie: Musique

Album à paraître le 5 mars 2007

Appréciation de Labosonic niveau 0

Difficile de ne pas commencer à aborder le nouvel album de Air, sans évoquer l’évidence : c’est un disque qui génère de nombreuses attentes. Les bonnes fées du marketing ont d’ailleurs leur part de responsabilité à ce sujet puisque l’œuvre du duo le plus grand public de la galaxie électronique bénéficie d’une sortie en deux temps digne des plus grands artistes. Disponible en exclusivité depuis quelques semaines sur les plate-formes de téléchargement, le disque apparaîtra dans les bacs le 5 mars. Mais, c’est surtout au niveau artistique qu’Air est attendu au tournant. La dream-team constituée pour le 5:55 de Charlotte Gainsbourg avait accouché d’un album bien terne en comparaison de la somme des talents impliqués dans sa réalisation et contrastait avec l’imparfait Darkel, album solo de Jean-Benoît Dunkel, qui avait, entre autres, la qualité d’être bourré de spontanéité.

Pocket Symphony constitue donc un réel test pour tous les fans du groupe, désireux de savoir si Air est encore capable de faire des prouesses musicales ou si le duo n’est plus bon qu’à être le luxueux illustrateur sonore de filles à papa intéressées par le cinéma. Réalisé par la même équipe que 5:55, le disque s’articule donc autour de la personnalité de Nigel Godrich à la production et du renfort musical de Jarvis Cocker (Pulp) et Neil Hannon (Divine Comedy).

En un doux euphémisme, on dira que l’album apparaît résolument mélodique. Même si le groupe renouvelle peu ses influences et puise toujours son inspiration du côté de Gainsbourg et des grands compositeurs de musique de film, Lost Message, avec sa jolie harmonie de cordes et de claviers enchevêtrés, réussit à créer un climat nostalgique sympathique et Mer du Japon, plus enlevé et entraînant, prouve qu’Air a encore un peu du génie qui a fait le destin d’un album comme Moon Safari. L’intervention, ici ou là, d’un shamisen ou d’un koto, issus du folklore japonais, le souligne d’ailleurs.

Air - Pocket Symphony

Mais cette unique qualité de composition mise à part, force est de constater que tous les autres aspects qui font un bon album sont délaissés : chants indigents, rythmiques fades, production inadaptée. Air n’a jamais été doué pour le chant, Darkel le démontrait explicitement, mais sur Pocket Symphony, le résultat est catastrophique, ne surnagent dans ce domaine que les morceaux (One Hell of a Party) où Damon Albarn ou Neil Hannon prennent le relais en invités de luxe. Pire que tout, la basse, qualité première du groupe, est totalement oubliée du disque tandis que la batterie est utilisée à minima. Une telle absence de section rythmique résulte probablement d’un coupable choix de production comme si Nigel Godrich avait appliqué les mêmes recettes à Air qu’à Thom Yorke alors que chacun a des potentialités différentes. En imposant ou en favorisant la tendance de Air à un certain minimalisme, il coupe délibérément les ailes du duo versaillais.

De manière assez littérale, Pocket Symphony n’est qu’une symphonie de poche dans le sens où jamais Air n’arrive à donner à sa musique l’ampleur qu’elle a connue par le passé. Sans être ni bon ni mauvais, le disque laisse indifférent tant il s’écoute facilement et s’oublie plus aisément encore. Les quelques innovations qu’apportent les instruments traditionnels japonais font figure de gadgets négligeables en comparaison du choix musical global que le duo a effectué en concertation avec Nigel Godrich, celui de délaisser la musique électronique teintée de pop pour une pop-musique ordinaire (et somme toute assez banale) où l’instrumentation synthétique n’intervient qu’à dose homéopathique.
S’il est formaté pour le succès grand public et promis à la réussite commerciale, Pocket Symphony coupera probablement le groupe de sa base de supporters initiaux, lassés de voir détruit, album avec album, le son si caractéristique du duo versaillais. A trop édulcorer leur musique, Jean-Benoît Dunkel & Nicolas Godin ont perdu leur identité et ont ôté toute saveur à des compositions à oublier le plus rapidement possible.

Pocket Symphony, Air, publié par EMI, sortie le 5 Mars 2007.

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Labosonic est le rédacteur Musique du magazine.
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2 Réponses »

  1. Quand vous dites “Même si le groupe renouvelle peu ses influences et puise toujours son inspiration du côté de Gainsbourg et des grands compositeurs de musique de film”. Je ne suis pas d’accord…

    L’album est d’une inspiration japonisante jamais essayée par le groupe Air. Et leur album sont toujours des réussites dans des styles différents mais, je vous l’accorde, une “patte” reconnaissable !

    Longue vie à ce duo formidable.

    Pierre-Henri
    Webmaster de http://www.airfrenchband.fr

  2. Bonjour Pierre-Henry,

    Je reconnais toujours à Air sa patte et même son inspiration japonisante mais cela n’enlève rien hélas aux défauts de cet album. J’avoue cependant que le problème n’est pas pour moi spécialement dans le groupe concernant Air mais plus du côté de la console et de la table de mixage, comme je l’ai plus ou moins bien exprimé dans l’article, je trouve Pocket Symphony fade car trop glacé et figé. Pour moi, il y a un vrai souci du côté de Nigel Godrich qui n’a pas su mettre en valeur le travail musical(on s’en rend d’autant plus comte en comparant avec le travail de Stéphane “Alf” Briat sur Darkel qui est moins bon musicalement mais qui est attachant. Cet album, même musicalement plus réussi et plus abouti que Darkel, me fait l’effet d’un glaçon et me laisse froid. Désolé.

    Post Scriptum qui n’a rien à voir et un peu people : Nicolas aurait-il changé de quartier de résidence dans Paris, je l’ai croisé récemment en allant au supermarché ?

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