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The Air is on Fire

Par Marie Guyot • mer 18 avr 2007 • Categorie: Cinéma

Exposition jusqu’au 27 mai 2007

Appréciation de Marie niveau 2

2007 restera incontestablement une année Lynch : après la sortie d’Inland Empire, œuvre fleuve aux allures de dernier film, la parution d’un livre consacrée à Mulholland Dr. par les Editions de la Transparence, et diverses projections consacrées au cinéaste, voici The Air is on Fire à la Fondation Cartier.

Regroupant des œuvres de David Lynch réalisées entre 1960 et aujourd’hui, l’exposition a entièrement été conçue par l’artiste lui-même. Au rez-de-chaussée, des peintures sont installées sur d’imposants portants métalliques qui segmentent l’espace, tandis qu’au sous-sol les photographies courent le long des murs.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est le caractère tourmenté des peintures. Le visage déformé, le corps disproportionné, des personnages jaillissent de toiles plus sombres les unes que les autres. Certains se font menaçants avec un couteau ou un pistolet, d’autres, constitués à partir de coton ou de matière plus difficile à définir, semblent plus immatériels tout en faisant partie du même monde.

Dans un esprit similaire, la série des Distorted Nudes, des œuvres créées grâce au numérique à partir de photographies érotiques des années 1840 à 1940, présente des corps de femmes déformés, qui s’entrelacent et se transpercent souvent sans ménagement.

Si les films de Lynch sont rarement aussi sombres, The Air is on Fire reste pourtant représentatif de son univers. Nous retrouvons tout au long de l’exposition des éléments de ses films, dans les cinq cent dessins et notes réunis autour des peintures, mais aussi dans l’atmosphère de certains de ses tableaux, et bien sûr dans la musique qui est diffusée pendant l’exposition, composée, là encore, par Lynch.

Si certaines de ses peintures nous font parfoit penser à du Basquiat en plus sombre, d’autres semblent directement provenir de Miró ou de Dalí. Mais bien loin d’être largement influencé, David Lynch nous démontre ici, s’il en était une fois de plus besoin, la richesse de son univers.
À la fois plasticien, photographe, compositeur et cinéaste, il est sans conteste devenu ce que nous pourrions appeler un artiste total. Bien sûr, comme ses films, les œuvres exposées à la Fondation Cartier ne sont pas accessibles à tous, ne serait-ce qu’à cause de la violence de certaines d’entre elles.

Pour les plus hermétiques aux travaux plastiques de l’artiste, il reste donc à prendre place dans la petite salle de cinéma aménagée au sous-sol dans l’esprit d’Eraserhead. Les premiers films de Lynch y sont projetés en boucle (Six Men Getting Sick, The Alphabet, The Grandmother) aux côtés de six films extraits de son site internet, comme l’étrange Boat ou l’incontournable Outdoor Neighborhood dans lequel Lynch converse avec un jeune homme à propos d’une espèce de monstre venu chercher un peu de lait.

The Air is on Fire, exposition jusqu’au 27 mai 2007, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail, 75014 Paris.
Crédit photographique : David Lynch.

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Marie Guyot est la fondatrice et la Rédactrice en Chef du magazine. C'est aussi une des rédactrices Cinéma.
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Une Réponse »

  1. [...] mot approprié pour qualifier ce film. Mais pouvait-on attendre autre chose de la fille du génial David Lynch? Malheureusement c’est ici que se trouve tout le problème, puisque, sans que nous en soyions [...]

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