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Björk: Volta de haute volée

Par Labosonic • jeu 10 mai 2007 • Categorie: Musique

Album paru le 7 mai 2007

Appréciation de Labosonic niveau 2

Difficile d’écrire sur Volta, le nouvel album de Björk, sans évoquer le passé de son interprète, première et peut-être même unique superstar globale du millénaire à peine entamé. L’Islandaise avait dès son enfance tout le talent pour devenir une star de variété, la Céline Dion locale de l’île aux geysers. Elle est ensuite devenue une icône rock grâce aux Sugarcubes puis diva underground en volant de ses propres ailes. Ensuite vint le temps du cinéma avec Lars Von Trier et des productions musicales de plus en plus dogmatiques, où la posture artistique prenait parfois le pas sur le génie créatif. La chanteuse islandaise, influencée par son artiste contemporain de mari, ne posait plus sa voix que sur des mélodies glacées et glaciales, délibérément dépourvues d’âme, aussi peu propices à la fantaisie qu’un bloc opératoire.

Cremaster(Venise)parMatthewBarney.jpg

Voix éthérée sur sonorités chirurgicales, tel était le programme de Vespertine, Medula ou Drawing Restraint, tous très inspirés par Matthew Barney, chefs-d’œuvre, certes, mais chefs-d’œuvre médiocres car trop pâles reflets du bouillonnement qui habite une chanteuse au génie hors du commun. Volta est un album différent de ces “Cremaster“ sonores, une œuvre qui annonce la couleur dès sa pochette : bariolée, multiple, un véritable retour à plus de fantaisie(s) et plus de passion(s). Les fans de la première heure retrouveront un peu de l’attitude de la Björk débutant sa carrière solo, celle d’une gamine surdouée si sûre d’elle qu’elle se permettait tout, y compris enregistrer un morceau dans les toilettes d’un club londonien1.

Volta est un album traversé de multiples influences : électroniques (le retour de Mark Bell à la production n’y pas étranger), R’n'B (l’apparition de Timbaland sur trois morceaux est caractéristique), Folk (on notera deux duos avec Anthony Hegarty d’Anthony & the Johnsons) mais aussi, et c’est une innovation, la world music (Min Xiao-Fen, Konono N°1 & Toumani Diabaté). Le dynamisme de l’album se résume en cet exercice de name dropping tant ces choix sont intelligents.

Bjork.jpg

Là où l’on n’imaginait auparavant Björk que comme le reflet de la musique du Grand Nord, elle se transcende et prouve qu’elle peut aussi s’incarner sur des sonorités venues de Chine ou d’Afrique. Sur Hope, la kora du compagnon de route d’Ali Farka Touré et la rythmique africaine contrastent à merveille avec la voix de la diva. Là où l’on n’espérait plus entendre de fantaisies sonores, on retrouve grâce à l’alliance de Mark Bell et Timbaland, un métissage de styles inédit qui prend enfin en compte les changements du paysage musical intervenus depuis l’an 2000. On peut donc enfin avec Volta savourer de nouveau la voix et le talent de Björk dans une œuvre protéiforme qui ressemble à son interprète : une chanteuse qu’on croyait devenue trop sage mais qui retrouve suffisamment de souffle pour crier son indignation sur Declare Independence, une voix qu’on croyait devenue trop pure mais qui se marie harmonieusement avec celle d’Hegarty pour My Juvenile qui, jamais, ne se réduit à un duel vocal et constitue bel et bien un duo.

Dès sa sortie, on remarque que Volta se veut un album charnière dans la carrière de Björk : un disque où, après trop longtemps, l’artiste laisse enfin parler autant son cœur que son cerveau. S’il n’est probablement pas le meilleur de l’Islandaise, il est résolument supérieur aux précédents, en termes de qualité, de spontanéité et d’inspiration. Bien nommé, il permet enfin de redécouvrir la diva non plus soporifique mais chargée comme une pile électrique. La participation de Timbaland n’y est peut-être pas étrangère et le producteur le plus en vue des USA2 influe sur le son d’une manière moderne qui se dispense de diluer l’identité de l’Islandaise dans un son qui ne lui convient pas.

Volta, de Björk, publié par One Little Indian en mai 2007.

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  1. Morceau enregistré au Milk Bar, club londonien, There’s more to life than this (Debut), dont la rythmique est assurée entre autres par une porte qui claque dans ce lieu à l’acoustique spécifique.[]
  2. Il est clairement cet homme depuis que Pharrel Williams a montré ses limites dans un album solo médiocre et sans cohérence.[]

Labosonic est le rédacteur Musique du magazine.
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8 Réponses »

  1. J’ai un peu lâché BJORK avec Vespertine… ça fait plaisir d’entendre qu’elle est repartie dans des délires plus énergiques…

    A+

    SysTooL

  2. C’est assez difficile de dater exactement quand Björk a réellement amorcé le virage vers le style abstrait que ni toi ni moi n’aimions vraiment : la BO de Dancers in the Dark ? Vespertine ? Personnellement, je dirais peut-être un peu avant, j’avais réellement senti une différence entre les shows du début et de la fin de la tournée Homogenic (c’est vrai que j’avais eu le privilège d’assister quasiment aux débuts et à la conclusion).
    En tout cas, c’est la première fois depuis longtemps qu’en écoutant un album de Björk, je le savoure immédiatement alors qu’auparavant, j’en sortais surtout en appréciant plus l’album précédent de sa discographie (l’écoute de Medula m’avait fait apprécier Vespertine).

  3. cette pochette perroquet est une desplus moche qu’il m’a été donné de voir !!!

  4. D’accord concernant tout ce qui est dit sur Volta, un album très agréable quoique complexe, et surtout très riche et eclectique. Ca fait vraiment plaisir de pouvoir jubiler sur des morceaux comme “Wanderlust” ou “My Dull Flame of Desire”, tout simplement énorme :) .

    Par contre, pas d’accord avec cette habitude chez les amateurs de Björk de sans cesse opposer ses albums : je ne vois rien dans Volta de “meilleur” que Vespertine ou Medulla, je ne vois (écoute) que quelque chose de différent, une évolution musicale, artistique et intellectuelle qui l’emmène ailleurs. Alors dire que Vespertine et Medulla sont des “chefs d’oeuvre médiocres”, j’avoue que j’ai du mal à le concevoir et à le comprendre :S .

  5. Bonjour Guillaume,
    il ne fallait pas voir dans l’expression “chefs d’oeuvre médiocres” autre chose qu’une oxymore qui rejoignait le terme Cremaster sonore que j’ai utilisé précédémment. Dans cette perspective, j’entendais par chef d’oeuvre que ces trois albums (très inspirés par Matthew Barney) avaient une prétention artistique largement supérieure aux précédents (en s’articulant plus autour de l’idée d’une unité artistique transversale) et je n’en dirais pas autant de leurs prédécesseurs que je n’aurais pas qualifié avec ce terme de chef d’oeuvre (mais j’aurais utilisé d’autres superlatifs moins axés sur un registre qui implique celui qu’on utilise habituellement quand on parle d’un musée).

    Je ne peux par contre que persister et signer dans ce que j’ai écrit : “supérieur aux précédents, en termes de qualité, de spontanéité et d’inspiration”. Objectivement, je trouve cet album plus inspiré et plus spontané (parce qu’éclectique). Et subjectivement, j’estime qu’il mérite pour ces raisons d’être qualifié de “supérieur en qualité”. C’est évidemment discutable. Pour rester objectif, j’aurais du utiliser le pluriel : qualités - puisque la différence entre les uns et les autres de ces albums est dans la capacité de Björk à justement se concentrer sur un de ses nombreux atouts artistiques ou au contraire d’en développer plusieurs dans un même opus -.

  6. Concours Volta jusqu’au 28 mai sur bjork.fr

    De nombreux lots à gagner :

    - 2 places pour le concert de Nimes du 21 août
    - 2 places pour le concert de Nimes du 23 août
    - 2 places pour le concert à Rock en Seine
    - 5 singles Earth Intruders
    - 5 albums Volta

    => http://www.bjork.fr/Concours-Volta.html

  7. Une vraie merde cet album, y’a qu’à regarder la pochette “orangina”, c’est une cacophonie électro/cargo de dingo, un mongolien ne ferait pas mieux, passé le premier morceau, arretez tout, et merci émule, honte à moi d’acheter une … pareil, je sais qu’elle compose pour son plaisir et n’a rien à cirer de ses fans, mais là c’est vraiment nul puissance 10, Bjork tu es finie, ton inspiration s’est barrée dans un geyser, BLOoOOoouUUFFFFFFFF.
    Ne parlez pas d”évolution , c’est une Involution irrévocable.
    Bye … la “fée islandaise”….

  8. “..unique superstar globale du millénaire à peine entamé”

    “..où la posture artistique prenait parfois le pas sur le génie créatif.”

    “..chanteuse au génie hors du commun.”

    “..une gamine surdouée si sûre d’ elle qu’ elle se permettait tout, y compris enregistrer un morceau dans les toilettes d’un club londonien.”

    “la rythmique africaine contrastent à merveille avec la voix de la diva.”

    N’en jettez plus!!! Oups, c’est grave docteur?
    Une petite chanteuse de merde parmi tant d’autres!!!
    Déjà, parler de “génie”, c’est une insulte, mais “génie hors du commun”, c’est tout simplement (que dis-je! gravement!!!) criminel!

    Wako

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