Essentielle Amy Winehouse
Par Labosonic • jeu 21 juin 2007 • Categorie: MusiqueAlbum paru en 2007

Ne cherchez pas la révélation féminine de l’année, vous la connaissez déjà : elle s’appelle Amy Winehouse et vous n’avez pas pu y échapper. A moins d’avoir été atteint de surdité depuis six mois, vous avez nécessairement entendu sa musique sur votre autoradio, dans votre supermarché, au détour d’une émission de télévision, partout. Rehab, le premier titre de son album, a réussi à squatter, littéralement, tous les haut-parleurs du pays et s’avère, fait suffisamment rare pour être souligné, d’une qualité exceptionnelle pour ce qu’il faut bien appeler un tube.
Tous les biographes vous diront que la demoiselle a d’autant plus de raisons d’être épatante qu’elle est née à Londres, il y a seulement 23 ans, et qu’elle fait preuve d’une incroyable maturité artistique dans l’interprétation. Ils ont probablement raison mais laissons-leur le goût des détails pour nous concentrer sur l’essentiel : l’art et la manière de placer une voix sur de la musique. En considérant le problème sous cet angle, tout devient évident : Amy Winehouse est le fruit d’une nuit d’amour torride entre les Blues Brothers et Dusty Springfield, l’enfant illégitime produite par les étreintes aussi polissonnes qu’acrobatiques du jazz et la soul.

Back to black, album indispensable pour tout mélomane qui se respecte, fonctionne selon une double formule d’une imparable efficacité : la résurrection d’un son qu’on croyait perdu et la naissance d’une voix qui se révèle être à la hauteur des plus grandes du siècle passé. Musicalement, ce disque convoque des mélodies et des arrangements directement inspirés de ceux réalisés par les meilleurs labels de soul music des années 70 : Stax & Atlantic. Si rien de tout cela n’est bien nouveau, le travail de production, réalisé avec intelligence, réussit un véritable challenge : il évite autant l’écueil du trop que celui du trop peu et restitue un son aussi travaillé que spontané qui, pêle-mêle, alterne cuivres tendant vers le ska et percussions plus jazz.
Vocalement, la jeune anglaise démontre ce qu’est véritablement une chanteuse. Bien loin de toutes ces divas post-modernes qui font de la pureté cristalline de leurs cordes vocales l’unique argument de vente de disques parfois sans âme (Ayo, Norah Jones), Amy Winehouse chante avec son cœur. Son timbre, limite nasillard, est doté d’un grain qui lui permet de multiples possibilités. Sans jamais tomber dans le piège de la démonstration, cette presque gamine joue avec l’accent tonique de la langue anglaise, se permet par une intonation plus enjôleuse ou, au contraire, dynamique de convoquer toute la palette des émotions humaines.
Aussi respectueuse qu’ingénue quand elle rend hommage à Billy Paul avec Me & Mr Jones (Fuckery), elle sait se faire entraînante sur Rehab ou, au contraire, fragile comme un oisillon chétif, sur Love is a losing game. De telles qualités ne sont pas bien sûr, inédites, juste exceptionnelles. Simplement hors du commun, elles semblaient réservées à une élite de chanteuses noires (Aretha Franklin, Billie Holiday) ayant déjà vécu leurs plus belles années mais aussi les plus sombres : celles des ruptures et des revers de fortune, des descentes aux enfers dans la drogue, l’alcool et l’embonpoint qui pourrissent autant la vie que la voix. A 23 ans, Amy Winehouse paraît avoir déjà traversé tout ça et s’en servir pour donner une profondeur inédite à son interprétation.

Toutes ces qualités font incontestablement de Back to black un grand et beau disque mais, en aucun cas, elles ne suffisent pour s’assurer le succès qu’il rencontre. La clé de celui-ci est cependant ailleurs : dans sa spontanéité et sa différence. A l’heure où Björk aurait pu sortir un disque de ses gargarismes pour parachever son travail sur la voix en tant qu’instrument sans que personne n’y trouve à redire, Amy Winehouse réintroduit l’humain au coeur d’un secteur de l’industrie musicale qui semblait figé dans une monotone perfection. Aux tubes trop produits et définitivement lisses du R’n'B moderne, elle oppose le son soul originel, celui qui semble réalisé en une seule prise. Face à toutes ces œuvres trop propres et virtuoses pour être honnêtes, elle ne fait que proposer son talent. Et c’est parce qu’il est de doté de très minces limites que l’on parvient à percevoir qu’elle en devient aussi attachante que brillante.
Back to black, Amy Winehouse, sortie en février 2007, publié par Universal.
Crédits phonographiques : Jonwood2, BBC.com
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Labosonic est un des rédacteurs Musique du magazine.
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Mon dieu,quel voix magnifique,puissante et entrénante,la musqiue soul et jazz ressort des entraille,une nouvelle ère est arrivée,vive Amy Winehouse!
c’est une femme, une vrai, je la trouve trop belle avec une voix incroyable, ses chansons nous bouleversent dans son univers.jadore cette femme, en plus je lui ressemble!!!!(c vrai)
formidable talentueuse une vrai artiste a la hauteur de ses grandes mythes de la soul continu rien vu de tel depuis 50 ans au moins bravo
je la trouve assez trash mé différente . c sa manière à elle de se démarquer . en tous cas , superbe voix , très puissante . mm mon père adore !!
Cela fait plaisir de lire un si bon article. Je profite de l’occasion pour toucher un mot de Mina Agossi, jeune chanteuse jazz-ska, à laquelle Amy Winehouse me fait régulièrement penser. A bon mélomane…
jador cet femme, el é superbe! c maleureu de la voir se detruire com sa! gspr kl sen sortira! car c une voi exta, é magnifik
elle est superbe la voix q’uelle a est très puissante c’est dommage c’est une voyouse elle est aller en prison elle est dingue elle a tuer 2 homme mais sinon … SES TROP DOMMAGE
[...] entre autres, d’Erykah Badu.[↩]La formation de cuivres qui donne le relief de l’album Back to black d’Amy Winehouse[↩] Tagué comme: ?uestlove, Al Green, Anthony Hamilton, Blue Note, Corinne Bailey Ray, [...]