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Freshmen : superbizuths à la rescousse

Par Julien Meyrat • mar 10 juil 2007 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Paru le 2 juillet 2007

Appréciation de Julien niveau 1

Ah, l’université américaine, ses traditions pittoresques, ses fiestas homériques, ses si discrets sujets d’étude… Voici justement les petits nouveaux de l’année, les « freshmen ». À l’issue d’un accident de laboratoire (genèse classique), toute cette équipe se retrouve dotée de superpouvoirs plus ou moins en rapport avec ce qu’elle faisait au moment de l’incident. Ou : comment naît une équipe de minables qui vont devoir apprendre la vie, défendre la Terre et comprendre les difficiles implications de la possession de grands pouvoirs (grandes responsabilités, tout ça…).

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Enfin une édition complète de cette œuvre curieuse qu’est Freshmen. Sans atteindre des sommets dans le domaine, on ne peut s’empêcher d’y trouver de petites perles d’ironie et d’intelligence. Notre bande de héros aux pouvoirs d’un intérêt souvent discutable (l’un d’entre eux se retrouve muni d’un membre aux proportions éléphantesques rendant toute érection potentiellement mortelle…) se retrouve sous la houlette d’un fan de comics (entendez par là « geek ») et d’un castor devenu très intelligent, quoique obsédé par les barrages. Ils devront, comme c’est souvent le cas, affronter celui à qui ils doivent leurs aptitudes.

Le scénario, relativement basique, est compensé par une forme d’humour particulière, très adolescent sans être complètement stupide. De fait, et sur le même thème de l’apprentissage des pouvoirs mis en parallèle avec celui de l’existence, on se rapproche de cette série phare que fut Buffy contre les vampires. La présence au scénario de Seth Green, acteur à la tête bien connue qui incarnait Oz dans cette même série (mais aussi le fils du Dr Denfer dans Austin Powers), ne fait que renforcer cette impression.

Ainsi la multitude de personnages (14 étudiants recoupant tous les clichés possibles) se révèle-t-elle plutôt attachante. La fille obèse qui acquiert le talent de rendre n’importe qui amoureux, le végétarien qui entend les plantes parler (saviez-vous qu’elles étaient très impolies ?), l’Amish qui peut provoquer des tremblements de terre (mais seulement si la situation l’exige, religion oblige), la tronche en math qui devient incapable de dégriser mais qui peut refiler la gueule de bois à tout le monde… des pouvoirs plutôt politiquement incorrects, donc. Ils ne manquent d’ailleurs pas de moquer copieusement certaines figures connues (l’étudiant français qui devient une espèce d’homme écureuil, pour la simple raison qu’il en observait un au moment de l’accident, et récupère au passage un costume et une coupe de cheveux à la Wolverine). Passons sur les deux amoureux qui acquièrent un pouvoir de télékinésie partagée (« Je pousse, tu tires ») dont la symbolique n’est pas à chercher bien loin. Les personnages centraux, Analee, jolie brune qui peut manipuler les gens en entrant dans leur esprit, et Norrin, seul de l’équipe à ne pas disposer de superpouvoirs, sont de loin les plus attachants du groupe. Si la première est un peu trop parfaite, le second se révèle un leader raté, incapable de se faire entendre et ayant sans cesse l’impression de passer à côté de la chance de sa vie.

Le côté « tout en muscles » des héros traditionnels est lui aussi tourné en ridicule : ce sont les méchants de la fraternité qui deviennent des culturistes débiles, tandis que les sentiments triomphent de tout. Si le dessin doux et agréable de Leonard Kirk sert plutôt bien l’ensemble, il ne chamboule pas non plus le concept. Mais l’ensemble se lit plutôt bien, et si là encore on est loin d’une œuvre révolutionnaire, elle constitue une variation suffisamment intéressante sur un thème rebattu pour mériter un coup d’œil. Ou deux.

Freshmen t. 1, Opération bizutage, scénario de Hugh Sterbakov et Seth Green, dessins de Leonard Kirk, éditions Delcourt, collection Contrebande.

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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