Timbaland presents Shock Value
Par Labosonic • jeu 19 juil 2007 • Categorie: MusiqueAlbum paru le 3 avril 2007

Inutile de présenter Timbaland en détails, comme la majorité des producteurs R’n'B à la mode aux USA, la liste de ce qu’il a accompli serait trop longue, remplie à la fois de numéros 1, de paillettes et de billets verts. Une anecdote suffira : il fait partie de ces quelques personnes avec qui Madonna rêve de travailler pour son prochain album. Le personnage est posé par cette simple affirmation : tous les musiciens espèrent travailler pour la star originaire de Detroit et Timbaland, de son vrai nom, Tim Mosley, est dans la situation inverse : la star le veut. A Hollywood, on utilise le terme «A-Lister» pour désigner les gens qui comptent. Lui, fait partie des très rares musiciens capables de décerner des accessits sur la A-list. Dernière collaboration en date : aider Björk à prendre un virage, dernier exploit : il y a un an, il a transformé une chanteuse de variétés, douée certes mais un peu fade, destinée au second plan et aux premières parties de prestige, Nelly Furtado, en une nouvelle icône glamour avec Loose, un album qu’il a entièrement produit et qui, dès sa première semaine d’existence, trouva sa juste place de numéro 1.
Mais hélas, les musiciens courtisés ou autres producteurs doués ne font pas nécessairement de bons albums pour eux-mêmes. Les colonnes de Culturofil en sont même remplies : Digitalism, coqueluche électro-rock n’a pas réussi l’album parfait loin de là, avec Idealism, Justice fut décevant, ne proposant qu’un retour vers le futur de 5 ans en arrière, et le simple souvenir de l’album de Pharell Williams heurte encore les oreilles.

Timbaland n’est pas né de la dernière pluie, il sait pertinemment que l’essentiel de son talent est dans l’arrangement, la production, derrière une table de mixage. Il est un des meilleurs pourvoyeurs de ces idées qui complètent magistralement les inspirations mélodiques plutôt qu’un pur et absolu génie musical. Il a conscience de ces lacunes et va habilement en jouer puisque Timbaland presents Shock Value est plus un album construit autour de Timbaland et de nombreux invités qu’un réel album solo.
Shock Value présente donc une certaine hétérogénéité dérangeante par moments : le disque alterne en effets les très grands passages et les moins bons. Le casting d’invités, aussi prestigieux soit-il, couvre une trop large palette de styles pour permettre une véritable unité. Du R’n'B très classique pour un morceau mettant en valeur des sonorités hindoues (Bombay featuring Maar & Jim Beanz) précède sans transition le fantastique et très rock Throw it on me des Hives. Lequel s’enchaîne directement avec toutes les déclinaisons du hip-hop qui clôturent l’album.
Ces coq à l’âne perpétuels font de Shock Value un album moyen, une sorte de catalogue d’échantillons de tous les talents de Timbaland que l’auditeur feuillette avec plaisir mais sans pouvoir y adhérer totalement. Chacun y trouvera son compte mais personne ne pourra finalement y trouver l’intégralité d’un plaisir total. Les uns seront époustouflés par les basses sombres et assourdissantes de Bounce, les autres admireront la faculté de Timbaland à exceller dans tous les styles. Tous reconnaîtront que la liste des invités est impressionnante. On y trouve la crème du hip-hop (Dr Dre, 50 Cent), le top du R’n'B actuel (Missy Elliott, Nelly Furtado, Justin Timberlake), et même des artistes pop-rock (The Hives et surtout Elton John en personne qui clôt l’album au piano). Mais personne ne sera jamais pleinement satisfait du grand écart qui en résulte.

Shock Value est donc un de ces disques de la nouvelle génération. Il ne semble pas fait pour être acheté mais plutôt pour que chacun télécharge les éléments intéressants au gré des ses goûts sur une plateforme légale. Les titres de l’album ne trusteront pas, l’un après l’autre, les ondes des radios et des chaînes musicales mais tous seront des hits de première importance sur l’une ou l’autre : Throw it on me sera roi de la galaxie rock tandis que Bombay trustera les ondes plus hip-hop. Avec cette faculté et ses qualités intrinsèques, l’album est une pure réussite marketing. Mais cette forme de modernité est-elle vraiment bénéfique au niveau purement artistique ?
Timbaland presents Shock Value, Timbaland, sortie en avril 2007, publié par Interscope Records.
Crédits photographiques : timbalandmusic.com
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Labosonic est un des rédacteurs Musique du magazine.
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Souvent il est dit qu’il faut ne jamais avoir pecher pour jeter la première pierre. Je ne suis ni musicien, ni chanteur mais la musique est ma “POTION MAGIQUE”, alors je ne jeterais pas ma pierre… Il est vrai que cet album est loin de pouvoir plaire dans son intégralité a une seule personne et qu’il est vrai qu’il est difficile de passer d’un morceau a un autre, étant donné le fossé qui les séparent ( on peut prendre par exemple la transition entre “Release” et “The Way I Are”), mais chacun est tellement réussi a sa manière. Certain par une petite note électro qui remonte la sauce et d’autre par une collaboration magistralement reussie. Pour ma part “Timbaland presents Shock Value” est une oeuvre d’art qu’il aurait fallue d’avantage définir ou finir, mais elle nous montre avec puissance le talent de son créateur qui est un pur génie de la table de mixage. Faites attention, vous pourriez aimer.
[...] de quoi faire pâlir de jalousie la concurrence, y compris les seigneurs actuels de la galaxie rap (Timbaland, P-Diddy et Eminem) : KRS One, Busta Rhymes, Snoop Dog, Big Daddy Kane, Q-Tip, Princess Superstar [...]