culturofil_header.jpg

Un essai à transformer

Par Thomas Cepitelli • lun 22 oct 2007 • Categorie: Danse, Théâtre

Représentations du 4 au 27 octobre 2007

Nommé en janvier à la tête du CDN de Gennevilliers, devenu théâtre2gennevilliers, Pascal Rambert avait promis des surprises et du changement par rapport à la programmation de son prédecesseur, Bernard Sobel.

Il promettait aussi dans sa profession de foi de faire de ce théâtre un lieu pour les habitants de la ville. Que les jeunes et les moins jeunes puissent s’approprier (dans les couloirs des institutionnels en tout genre de la culture l’heure est à « l’appropriation de son territoire ») le théâtre2gennevilliers comme un second chez eux. Idée fort louable au demeurant, qui coule sous le sens pour qui aime réellement le théâtre. Cependant la démagogie est souvent tapie dans l’ombre de ce type de déclaration. Gageons, ou plutôt espérons, que ce ne sera pas le cas pour Pascal Rambert et son équipe.

surface.jpg

Rambert commence fort, si l’on peut dire, en choisissant d’ouvrir la saison d’un lieu habituellement réservé au théâtre par de la danse contemporaine.
Il a choisi pour cela un compagnon de route avec lequel il créa d’ailleurs la saison dernière un très beau solo, Rachid Ouramdane.

Afin de rendre réel ce désir d’implication de la population, le jeune chorégraphe a décidé de travailler avec des jeunes habitant ou étudiant à Gennevilliers. Et, comme il l’avait fait avec un précédent spectacle (Arbitre à Zebra), d’aller à la rencontre de sportifs. Il en ressort un spectacle intéressant mais inabouti, Surface de réparation.

Tout d’abord, on reste coï devant les qualités physiques des jeunes gens qu’a choisis Ouramdane. Ils et elles pratiquent la boxe, l’escrime, le basket, le rugby féminin, le roller et le hockey. Et devant ces jeunes gens pratiquant leur sport devant nos yeux sur cette surface de réparation que peut être une scène de théâtre, on est ému par leur précision, leur charisme, la force d’attraction qu’ils suscitent.

Puis devant ces gestes, ces variations, ces chutes, ces reprises on se dit évidemment que tout ceci n’est pas que du sport, ou en tout cas que le sport est aussi une pratique physique chargée de sens. « Une épaisseur de signes » comme aurait dit Roland Barthes. Et on comprend aussi tout ce qui rapproche les danseurs et les sportifs, cette connaissance rare et sublime de ce qu’est son corps. De ce qu’il peut faire, de là où il doit s’arrêter. De la précision aussi, de cette capacité à répéter mille fois le même geste.

En marge de cette pratique exposée sur scène, comme pour mieux la voir et lui donner du sens, les vidéos d’Aldo Lee nous montrent quant à elles l’intimité de ces jeunes sportifs : leurs échecs au championnat, leurs discussions sur la violence dans le rugby féminin (absolument passionnant, la question étant de savoir où commence la violence gratuite et où s’arrête la pratique sportive), leurs anecdotes pour perdre du poids avant un combat, comment le sport a permis à de jeunes immigrés de prendre place dans la société française.

surface1.jpg

Le travail de Lee (un fidèle d’Ouramdane comme La Bourette qui signe les costumes) est très réussi. En faisant du détail d’une pratique sportive (le jeune boxeur bandant ses mains avant d’enfiler ses gants) une image de plus en plus abstraite, il réussit le pari du spectacle de faire de ces jeunes praticiens le sujet et l’objet d’une recherche artistique.

Cependant on ressent comme une gêne pour Ouramdane. À force de donner toute leur place à ses interprètes, il semble avoir perdu la sienne. On n’est un peu surpris de constater une sorte de catalogue qui du coup ne met en valeur que certaines des pratiques des jeunes sportifs. On a du mal à comprendre par exemple la quasi absence du jeune escrimeur. En effet, lorsqu’à la fin du spectacle les interprètes amènent qui leur ballon, qui leur crosse, afin de former, filmée en plongé, une sorte d’armoirie, il manque le fleuret.

Il reste comme un petit goût de manque en sortant de surface de réparation, une sorte de demie-finale pas glorieuse.

Surface de réparation, chorégraphie de Rachid Ouramdane.
Avec : Samira Barouche, Hadjer Bouhabila, Kaoutar Boulahsen, Nadia Bouhmane, Abibou Djogbenou, Ali Majidi, Dougoutigui Coulibaly, Hamid Belkhir, Jeremy Larochelle, Julien Jegu, Mickaël Chevon et Wilfried Rouyard.
Au théâtre2gennevilliers jusqu’au 27 octobre.
Crédit photographique : Patrick Imbert.

Technorati Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

Thomas Cepitelli est un ancien rédacteur Théâtre du magazine.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Thomas Cepitelli

Une Réponse »

  1. franchemment
    c ‘ est tro bien un truk de ouf contunue comme sa

Laisser une réponse