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Têtes Raides : Banco ou bancal ?

Par Labosonic • jeu 10 jan 2008 • Categorie: Musique

Publié en décembre 2007

Appréciation de Labosonic niveau 1

Qu’on apprécie ou non les Têtes raides, il est difficile de ne pas leur reconnaître ces deux énormes qualités que sont la constance et la longévité. À force de travail, d’albums (une bonne douzaine) et surtout de tournées, ils ont su se faire une place majeure sur la scène française, passer du statut de jeunes prometteurs à contre-courant de la tendance à celui de vétérans qui ont fait de nombreux émules, les mauvaises langues diraient même plagiaires.

Banco, leur nouvel album, réitère sans surprise la formule qui a fait la réputation et le succès du groupe, à savoir une relecture rock des fondamentaux de la chanson française, aussi bien dans les textes que dans la mélodie. Croisements étranges entre Elvis et une chanteuse réaliste, les Têtes raides ont su adapter les amplis Fender et autres guitares électriques fabriquées outre-atlantique aux ambiances de guinguette des bords de Marne qui privilégient accordéons et violons.
Les ambiances musicales festives succèdent harmonieusement aux sonorités plus mélancoliques sur ce Banco. Les textes et la voix de Christian Olivier sont, comme à l’habitude, parfaits dans l’exercice, tantôt joyeux (Tam-Tam), tantôt grincants. Expulsez-moi, d’actualité brûlante, constitue d’ailleurs l’un des meilleurs exemples de chanson engagée de ces dernières années.

TetesRaides.jpg

Mais, malgré toute la virtuosité des Têtes raides, le groupe semble parfois manquer d’imagination. La petite structure familiale et musicale, aussi douée soit-elle, peine en effet à sortir de ses repères habituels et a du mal à proposer quelque chose de nouveau, qui intrigue un tant soit peu l’oreille, à l’image des deux « fantaisies » du disque qui sont en effet quelque peu déroutantes, voire même décevantes.

La première consiste dans la présence d’Olivia Ruiz sur Plus haut. Une apparition qui ne surprend pas grand monde par sa nature. Il y a, en effet, d’évidentes affinités musicales entre le groupe et la parfois trop omniprésente unique rescapée des nombreuses promotions de la Star Academy. Mais sa participation, limitée à la portion congrue, de simples chœurs sur les refrains, n’apporte rien de bien original et fait figure de clin d’œil. Dommage, une telle proximité artistique des uns avec l’autre aurait pu déboucher sur quelque chose de plus abouti, qui aurait bonifié et exalté les qualités de chacun.

ChristianOlivier.jpg

La seconde surprise s’appelle Notre besoin de consolation est impossible à rassasier et constitue un OVNI musical extrêmement intriguant. Diificile de qualifier autrement ce long récitatif de près d’une vingtaine de minutes. Sur un fond instrumental, Patrick Olivier y déclame du Stig Dagerman. Il prolonge ainsi la marque de fabrique des Têtes raides consistant à mettre la poésie en musique. Ce n’est pas le propos de ces quelques lignes de discuter des qualités de l’écrivain suédois, mais il faut bien reconnaitre que le choix de celui-ci pour succéder à Soupault et Vian se révèle des plus discutables. La mélodie qui l’illustre, sans grande imagination, s’étire en longueur durant de très longues et pénibles minutes qui paraissent une véritable éternité, une fois le texte connu et apprécié. Dès la seconde écoute, le morceau, qui constitue un bon tiers du disque, perd de son intérêt. Difficile donc d’imaginer un aspect plaisant à son écoute répétitive ou même son interprétation en concert.

Banco, pour ces deux raisons et malgré son titre en forme de défi lancé à la cantonade, manque donc un peu de panache. Si les amateurs seront comblés, il n’y a pas de quoi faire définitivement tomber amoureux qui n’est pas déjà conquis par le groupe. Les Têtes raides ne font là que prolonger le plaisir évident qu’ils ont à jouer ensemble. Et même s’ils le font bien, c’est peut-être trop peu pour un groupe disposant d’une telle expérience.

Banco, des Têtes raides, publié chez Mon Slip.
Crédit photographique : Hervé Suaudeau.

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2 Réponses »

  1. Si je suis d’accord sur le clin d’oeil un peu raté à Olivia Ruiz (c’est dommage car le duo Ruiz-Olivier fonctionnait parfaitement sur l’un des titres de “la femme chocolat”), je pense exactement l’inverse de “Notre besoin de consolation est impossible à rassasier” : d’une part, le texte de Dagerman est absolument sublime et bouleversant (surtout lorsqu’on réalise que le Rimbaud suédois l’a écrit juste avant de se suicider!) et d’autre part, Christian Olivier le chante d’une manière totalement habitée. La musique n’est peut-être qu’un habillage un peu simpliste du texte mais je la trouve parfaite. C’est pour moi un très grand moment de ce très bel album.
    Bien cordialement

  2. J’ai besoin de connaitre le parole de la chanson “Notre besoin de consolation…” Je suis étudiant de français et j’aime cette groupe… Pouvez vous m’aidé?

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