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Angoulême 2008 : quoi de neuf sous le soleil ?

Par Julien Meyrat • mar 29 jan 2008 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Appréciation de Julien niveau 2

Incroyable ! Cette année, à Angoulême, il faisait beau. La ville ayant enfin terminé ses petits travaux qui avaient donné au dernier festival des couleurs de randonnées pédestres, « Angougou » a enfin pu se réconcilier avec le grand public.

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Pour la deuxième fois de son histoire, le festival a commencé par les 24 heures de la bande dessinée. Le « concours », épreuve à laquelle se prêtent bien volontiers des auteurs de tous bords, consiste toujours à dessiner 24 planches en 24 heures. La contrainte de cette année : la douzième planche doit montrer un repas de famille. Une sujet qui a fortement inspiré les concourants, certains atteignant des sommets d’ingéniosité. Les petits chouchous de Culturofil (qui reconnaît volontiers n’avoir pas tout lu) : les travaux de Boulet, Laurel et Étienne Lécroart.

Autre grand moment réconciliant deux univers si proches qu’on pouvait s’étonner d’avoir dû attendre autant pour voir les deux artistes réunis : le concert de Thomas Fersen illustré par Joann Sfar. Un pur moment de magie.

Au petit matin du vendredi, 4 000 Schtroumpfs ont attaqué la ville, une invasion vite contenue : la plupart des visiteurs n’ont pas vu la queue d’une seule des petites statuettes réparties dans les ruelles angoumoisines, chapardées qu’elles furent par les écoliers matinaux ! Une exposition Schtroumpfs devant l’hôtel de ville a toutefois permis de rappeler à tous la force de l’œuvre originale de Peyo, tandis qu’à deux pas de là, une spéciale manwha offrait l’occasion de découvrir la BD chinoise. Pour l’instant, celle-ci ressemble encore un peu trop à son aînée japonaise, mais il ne faudra plus longtemps pour qu’elle commence à voir plus loin que Le Voyage vers l’occident de Wu Cheng’en et se démarque vraiment. Ce fut néanmoins l’occasion de signer un accord avec le festival de Shanghai. Le manga était par ailleurs représenté par l’expo Clamp, pour tous les amoureux de jeunes hommes androgynes, d’immenses yeux brillants, d’ailes duveteuses et de robes à froufrous. Les autres auront bien volontiers passé leur tour.

Le président du jury José Muñoz a comme de juste signé une exposition. Cet ancien élève d’Hugo Pratt a choisi de mettre en avant la prolifique production dessinée de son pays, l’Argentine. Résultat : une sublime scénographie qui nous transportait dans l’ambiance de Buenos-Aires et nous permettait de découvrir le travail de ces maîtres du noir et blanc que sont Solano Lopez, Vogt, Zoppi, Carlos Cruz et Alberto Breccia, l’Uruguayen adopté. Sans oublier l’extraordinaire créativité et production du scénariste Héctor Oesterheld, ni bien sûr le plus connu du grand public français (sans doute grâce aux cours d’espagnol du collège), Quino, l’auteur de Mafalda.
Près du CNBDI, un petit moment merveilleux attendait les passants curieux : l’expo Lou !. Culturofil a déjà signalé son amour pour cette petite série jeunesse au charme fou. Julien Neel a monté une exposition tout aussi attachante et au didactisme épatant, détaillant de nombreux mécanismes de BD pour les plus jeunes.
La projection en avant-première de Peur(s) du noir, œuvre collective signée de grands noms comme Blutch, Charles Burns et Lorenzo Mattotti, fut également un moment fort, quoique discret. Un film qui fera grandement parler de lui dans l’année 2008, souvenez-vous-en !

Pour ce qui est du palmarès 2008, l’excellente sélection de cinquante-huit albums a sans surprise débouché sur un excellent résultat. Ainsi le Prix du meilleur album revient à Là où vont nos pères de l’Australien Shaun Tan (Dargaud).

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Suivant le parcours d’un homme qui quitte femme et enfant pour traverser l’océan vers un pays inconnu pour trouver une vie meilleure au-delà des océans. Il y rencontrera d’autres gens comme lui, exilés et perdus dans ce monde nouveau… Une BD muette aux tons sépia qui tient à la fois du récit fantastique, du conte initiatique et du livre d’histoire.
Shaun Tan est né en 1974. Il vit à Perth, en Australie. Diplômé en beaux-arts et en littérature anglaise, il est illustrateur et auteur indépendant. Il partage son activité professionnelle entre la réalisation de livres pour enfants et la collaboration avec des studios d’animation comme Pixar et Blue Sky. Il s’est vu décerner le prix du meilleur dessinateur au World Fantasy Awards de Montréal en 2001.

Les Essentiels d’Angoulême (cinq prix ex æquo) sont décernés à :
- Exit Wounds (Actes Sud BD) de Rutu Modan.
- La Marie en plastique (Futuropolis) de Pascal Rabaté et David Prudhomme.
- Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (Gallimard) de Jean Regnaud et Émile Bravo.
- RG (Bayou / Gallimard) de Frédéric Peeters et Pierre Dragon.
- Trois ombres (Shampooing / Delcourt) de Cyril Pedrosa.
L’Essentiel Révélation est attribué à L’Éléphant (Vertige Graphic) d’Isabelle Pralong.
Le Prix du Patrimoine (huit albums en compétition) a été remis à Moomin (Le Petit Lézard) de Tove Jansson.

Et enfin, Grands Prix d’Angoulême et donc prochains présidents du festival, Philippe Dupuy et Charles Berberian, les auteurs de Monsieur Jean et du Journal d’Henriette (pour ne citer que les plus connus).

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C’est la première fois qu’un duo est primé, et s’il est devenu difficile de citer l’un sans l’autre, les deux coauteurs méritent amplement leur récompense. Rendez-vous donc en 2009 pour un festival sous les couleurs de leur trait souple et élégant.

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée de Culturofil. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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Une Réponse »

  1. Merci de nous avoir fait découvrir Chris Ware. Un peu déçue qu’il n’aie pas eu de prix.

    ps: allez Julien, rends les schroumphfs

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