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It’s a free world… de Ken Loach

Par Marie Guyot • mer 6 fév 2008 • Categorie: Cinéma

Sorti le 2 janvier 2008

Appréciation de Marie niveau 2

Si son dernier film, Palme d’Or au festival de Cannes 2006, était centré sur une problématique historique prenant racine dans l’Irlande de 1920, la question du monde du travail et de ses dérives a cependant été bien souvent la toile de fond du travail de Ken Loach.

Son cinéma, engagé et social dès les premiers films avec Pas de larmes pour Joy (1967) ou Kes (1969), n’a jamais cessé de pointer du doigt ce que d’autres s’efforcent de taire (Hidden Agenda en 1990, Ladybird en 1994, Bread and Roses en 2000), de dénoncer les dysfonctionnements de notre société (Raining Stones en 1993, The Navigators et Sweet Sixteen en 2002) ou les injustices de nos cultures (Just a Kiss en 2004)

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Après Le vent se lève, dont la mise en scène de certaines séquences faisait beaucoup penser à celle de Land and Freedom (1995), il était légitime de se demander si le cinéaste britannique allait être capable de retrouver un nouveau souffle.

Et force est de constater avec It’s a free world… que Ken Loach, contrairement à d’autres, réussit à se renouveler tout en restant fidèle à lui-même.

Tout son talent se retrouve une fois de plus dans ce nouveau long métrage. Sa capacité à diriger des comédiens non professionnels, ou du moins qui n’ont que très peu de films à leur actif (Leslaw Zurek concevait le travail d’acteur comme un jeu, tandis de Kierston Wareing n’avait jusqu’alors réussi à se faire embaucher pour aucun film), sa mise en scène fine et discrète qui ne nous montre que ce qu’il est nécessaire de filmer (combien de contrechamps qui se font voyeuristes chez d’autres sont tout simplement absents de ses films?), préférant les ellipses délicates et les discussions qui ne paient pas de mine mais se révèlent finalement être de véritables puits de réflexions (le discours sur les nouvelles technologies au début d’It’s a free world, en apparence innocent, ne serait-il pas une critique de notre société de consommation?)…

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Pourtant, It’s a free world laisse perplexe. Alors que pour Ken Loach « faire des films c’est montrer des humains et non pas faire de la politique »1, chacun de ses films semblaient jusqu’alors porter un regard définitif sur ses personnages.

Ici, le titre lui-même est à double sens, contenant à la fois tout l’individualisme des êtres humains et la Liberté à laquelle chacun de nous aspire.
It’s a free world se pose alors comme un des films les plus pessimistes de Ken Loach, qui se contente finalement de constater que notre société ne va pas en s’améliorant.

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It’s a free world…, réalisation de Ken Loach, scénario de Paul Laverty.
Avec : Kierston Wareing (Angie), Juliet Ellis (Rose), Leslaw Zurek (Karol), Davoud Rastgou (Mahmoud), Mahin Aminnia (la femme de Mahmoud) et Joe Siffleet (Jamie).
Crédit photographique : Joss Barratt, Des Willie, Diaphana.

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  1. Propos recueillis lors du passage à Paris du cinéaste le 10 décembre 2007[]

Marie Guyot est la fondatrice et la Rédactrice en Chef du magazine. C'est aussi une des rédactrices Cinéma.
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Une Réponse »

  1. [...] It’s a free world!, c’est l’histoire d’Angie, une jeune femme qui se fait licencier de son entreprise alors qu’elle pensait être en bonne position pour monter dans la hiérarchie. Avec sa colocataire, Rose, elle décide alors de monter une entreprise qui leur permettra de recruter des travailleurs temporaires pour mener à bien des missions sur des chantiers ou dans des usines. Ainsi elles aspirent à changer de côté de la barrière et à passer dans le camp de ceux qui ne subissent plus. La voie vers d’importants bénéfices s’ouvre alors pour les deux jeunes femmes qui basculent dans le travail au noir pour augmenter leurs profits. Prise à partie par Rose elle-même, par sa famille et par des gros bras qui n’apprécient pas qu’elle empiète sur leurs plates-bandes, Angie doit choisir entre tout abandonner ou continuer à construire sa place au soleil sur le dos des travailleurs immigrés. [...]

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