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The sorcerers de Michael Reeves, le DVD

Par Willy Gilboire • mar 11 mar 2008 • Categorie: Dvd / Blu-ray

Sortie le 17 mars 2008

Appréciation de Willy niveau 2

Prix de la meilleure actrice pour Catherine Lacey et Grand Prix du festival de science-fiction de Trieste en 1967

« Une expérience éblouissante et indescriptible. Abandon complet sans aucun remord. Intoxication sans migraine, extase sans conséquence… » Estelle (Catherine Lacey) dans The sorcerers.

Le professeur Marcus Montserrat (Boris Karloff) vient de mettre au point une nouvelle technique révolutionnaire dans le domaine de l’hypnose médicale. Assisté par sa femme Estelle (Catherine Lacey), le professeur décide de tester son invention sur un jeune homme crédule : Mike Roscoe (Ian Ogilvy).
L’expérience est un succès : le couple est désormais en mesure de contrôler Mike et même de ressentir physiquement ses faits et gestes.
Alors que Marcus y voit un progrès prodigieux pour le monde de la médecine, Estelle y découvre un fabuleux “jouet” pour vivre des sensations inédites et surtout interdites…

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Une esthétique télévisuelle peu attrayante avec son image crue et épurée, mais une intrigue insolite et excessive transportée dans un quotidien (presque) des plus banals font de The sorcerers un film original et novateur pour le cinéma anglais des années soixante.
Sur un pur plan théorique, cette deuxième réalisation de Michael Reeves (jeune cinéaste anglais tragiquement disparu à l’âge de 26 ans) met en scène un couple de vieillards dépassé par l’énergie folle de la jeunesse.
Sur ce point, Michael Reeves a particulièrement capté l’air de son temps en filmant le « Swinging London » de la fin des années soixante à l’instar de celui immortalisé à peine plus tôt par la caméra de Michaelangelo Antonioni dans Blow up.
En mettant en scène un « swinging boy » de cette génération manipulé par des vieillards en quête de sensations fortes et animés qui plus est par la soif de jeunesse, Michael Reeves démontre qu’un surplus d’énergie finit par dépasser puis consumer ceux qui s’essayent à le maîtriser.
C’est l’horrible destin qui frappe le couple Montserrat et Mike, indirectement, lorsque tous finissent littéralement consumés par les flammes après une course-poursuite surréaliste en voiture au terme du film.

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Il est étonnant justement de retrouver ce type d’explosion de violence dans le cinéma anglais de cette époque, un aspect particulièrement récurrent à l’ouest, dans un cinéma américain qui vit au même moment une profonde métamorphose.
Que ce soit Easy Rider de Dennis Hopper en 1969 ou Taxi Driver de Martin Scorcese en 1976 (et bien d’autres films encore), nombreux sont les films de cette période phare du cinéma aboutissant à ce même schéma qui voit un trop plein d’énergie se traduire et aboutir par une explosion libératrice.
Preuve est que Michael Reeves était un cinéaste moderne dont l’approche originale sur des genres populaires comme l’épouvante ici, faisait de lui une exception dans le paysage cinématographique anglais. Nous nous étonnons enfin de la même longueur d’onde qu’il entretenait avec ses homologues américains.
Proposé dans une copie correcte et présenté dans un menu psychédélique, le film est accompagné de deux entretiens avec Alain Schlockoff, rédacteur en chef de L’écran fantastique.
Dans Les maisons de l’horreur : Entretien avec Alain Schlockoff (15 min) le spécialiste revient sur les grandes firmes anglaises (Hammer, Tigon, etc…) spécialisées dans le cinéma d’épouvante. Intéressant pour les amateurs de cette période phare où sévissaient Christopher Lee et Vincent Price.
Attardez-vous enfin sur Michael Reeves par Alain Schlockoff (10 min) où ce dernier évoque, extraits de films à l’appui, la courte carrière de Michael Reeves.
Une bande-annonce, des filmographies, une galerie photo et une fiche technique complêtent ce DVD bien garni. À noter : une partie rom comprenant le press book espagnol du film et le synopsis français tel que présenté sur une fiche de l’époque.

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Voici donc une jolie curiosité du cinéma anglais à (re)découvrir, éditée avec soin par le singulier éditeur Néo Publishing.

The sorcerers, un film de Michael Reeves, avec Boris Karloff, Ian Ogilvy, Elizabeth Ercy et Catherine Lacey.
GB, 1967, 82 min, couleurs, format 1.85 - 16/9 comp 4/3, version originale mono - sous-titres français.
Édition DVD testée sur Philips Home Cinema HTS6510 et Samsung LE40F71B.
Crédit photographique : Neo Publishing.

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Willy Gilboire est un des rédacteurs DVD du magazine.
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