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Œuvres complètes de Kijû Yoshida. Une vague nouvelle, partie 1 (60 - 64)

Par Willy Gilboire • mar 1 avr 2008 • Categorie: Dvd / Blu-ray

Sorties prévue le 09 avril 2008

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Culturofil vit en ce moment sa période japonaise. L’occasion pour nous de vous faire découvrir l’œuvre d’un cinéaste qui mérite d’être connu et surtout reconnu : Kijû Yoshida.
Alors qu’une rétrospective intégrale lui est consacrée au Centre Pompidou depuis le 26 mars, qu’un vibrant et unanime hommage lui est rendu ainsi qu’à son épouse, l’immense actrice Mariko Okada, le prolifique éditeur Carlotta Films crée l’événement avec la sortie de deux imposants coffrets contenant pas moins de onze films (!) du maître japonais : Œuvres complètes de Kijû Yoshida - Partie I Une vague nouvelle (60 - 64) et Œuvres complètes de Kijû Yoshida - Contre le mélodrame (65 - 68).

Chez Culturofil, nous nous sommes d’emblée penchés sur les débuts du cinéaste japonais en visionnant les six films du premier coffret 4 DVD Une vague nouvelle.
Au regards de ces brillants films, de Bon à rien (réalisé en N&B en 1960) à 18 jeunes gens à l’appel de l’orage (réalisé en N&B en 1963), Kijû Yoshida a immortalisé entre autre sur pellicule, plusieurs aspects méconnus de la jeunesse japonaise des années soixantes.
Authentique film de « glandeurs », avec un final emprunté à un grand film de la nouvelle vague française, À Bout de souffle, Bon à rien s’articule autour d’une bande de mauvais garçons qui, très clairement, tuent le temps. Parmis eux, le très imprévisible Jun (Masahiko Tsugawa), dont la désinvolture finit par capter l’attention de Ikuko.
Kijû Yoshida s’inscrit alors avec autant de brio que de talent dans la nouvelle mouvance du cinéma japonais des années soixante, aux côtés de cinéastes prometteurs comme Nagisa Ōshima ou Shōhei Imamura.

La même année, Yoshida enchaîne avec Le sang séché, ou l’histoire d’un employé désespéré qui décide de se suicider en public pour protester contre un plan de licenciement.
D’une lucidité, d’une intuition et d’un cynisme rare à l’époque au Japon, et même chez nous spectateurs occidentaux, Le sang séché met à mal l’humanisme, la philosophie du sacrifice, en montrant également à quel point les médias pouvaient autant construire que détruire la popularité d’un homme. Un film brillant et surtout édifiant !

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En proposant un an plus tard sa lecture personnelle du roman de Stendhal, Le rouge et le noir, avec le film La fin d’une douce nuit, Kijû Yoshida témoigne à nouveau de sa passion pour la culture française tout en filmant le portrait cruel d’un jeune homme prêt à tout pour gravir les échelons de la société.
Bien mal lui en prend puisqu’il croit pouvoir s’en sortir en s’accrochant à une gente féminine dépeinte comme méprisante ou hautaine. Ici nous découvrons d’ailleurs une vision singulière de la femme japonaise, limite misogyne, aux antipodes surtout de celle dépeinte par Kenji Mizoguchi dans ses films.

En 1962, Kijû Yoshida réalise pourtant avec La source thermale d’Akitsu, un flamboyant mélodrame avec sa future épouse et égérie, Mariko Okada. Sublimement belle, inoubliable, bouleversante, les qualificatifs manquent pour décrire cette grande actrice japonaise dans ce film où les codes du mélodrame sont constamment boulerversés.
Seul film en couleurs du coffret, La source thermale d’Akitsu interroge : y a t-il un amour réciproque entre les amants du film ? Un amour peut-il naître entre un homme et une femme alors qu’ils ne se rencontrent que quatre fois en quatorze ans ? Dans tous les cas, le film crée la confusion, anime les conversations entre les spectateurs dans leurs interprétations de cette histoire d’amour hors norme.
Un film inoubliable à découvrir rien que pour les sublimes décors naturels japonais immortalisés, de l’été jusqu’à l’hiver, par la caméra de Kijû Yoshida.

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Enfin en 1964, dans Évasion du Japon, Yoshida s’attaque au film d’action (de manière théorique) en suivant les mésaventures d’un jeune homme qui ne fait que subir.
Dans son trajet lamentable, sa cavale sans issue, le héros du film finit par s’enfoncer ainsi malgré-lui dans un banditisme qui ne lui sied guère. Cruel mais sans complaisance, le cinéaste livre ici l’impressionnant portrait d’un idiot aussi influençable que crédule.

Quel privilège rare enfin : tous ces grands films sont introduits par le cinéaste lui-même dans chacun des quatre DVD. Mariko Okada accorde même une interview pour La source thermale d’Akitsu, film qu’elle avait d’ailleurs produit elle-même.
Copies à la restauration exemplaire, bandes sonores claires qui mettent en valeur les sublimes partitions du compositeur Hikaru Hayashi (en tête celle de La source thermale d’Akitsu), menus DVD bercés par le thème musical de Bon à rien et illustrés par des photos diverses de tournages, bandes-annonces restaurées… Carlotta Films réalise un sans faute avec cette mémorable édition 4 DVD. À voir donc, à revoir et à garder en mémoire.

Œuvres complètes de Kijû Yoshida : Bon à rien - Le sang séché - La fin d’une douce nuit - Évasion du Japon - La source thermale d’Akitsu - 18 jeunes gens à l’appel de l’orage, six films de Kijû Yoshida, avec Mariko Okada et Masahiko Tsugawa.
Japon, 1960 à 1963, nouveaux masters restaurés, formats 2.35 respectés - 16/9 comp 4/3, Versions originales - sous-titres français.
Édition 4 DVD testée sur Philips Home Cinema HTS6510 et Samsung LE40F71B.
Pour visualiser la bande annonce, vous devez avoir Quicktime.
Crédit photographique : Carlotta Films.

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Willy Gilboire est un des rédacteurs DVD du magazine.
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