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Soyez sympas rembobinez de Michel Gondry

Par Marie Guyot • mer 2 avr 2008 • Categorie: Cinéma

Sorti le 5 mars 2008

Appréciation de Marie niveau 1

Soyez sympas rembobinez se positionne entre la modernité (les DVD) et un temps révolu (les VHS), pour nous offrir une histoire relativement tirée par les cheveux. Monsieur Fletcher, gérant d’un vidéo-club ne proposant que des VHS à ses clients, confie pour quelques jours la gestion de son magasin à son fidèle Mike. Mais voilà que Jerry, l’importun qui parle fort et ne fait attention à rien, efface malencontreusement toutes les cassettes de la boutique après avoir été lui-même magnétisé. Et voici que nos deux larrons, pour sauver leur peau d’un désastre qui ne manquera pas de mettre Fletcher en colère, ont soudain la bonne idée de tourner eux-mêmes tous les films que les clients viennent louer.

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Après un génial Eternal sunshine of the spotless mind et un plus convenu La Science des rêves, nous attendions Michel Gondry au tournant pour son dernier film.
Mais quelle déception, après cette projection! Alors que le sujet est résolument contemporain, que certaines scènes arrivent à nous faire rire, Gondry oublie cependant qu’un film c’est aussi une mise en scène, des plans, une direction d’acteurs. Et là, avec des séquences nerveuses à la Blair Witch et un Jack Black insupportable en gros plans, rien à faire, c’est au-delà de ce que nous pouvons tolérer.

C’est donc un fait établi, le dernier film de Michel Gondry n’est pas le résultat du travail d’un cinéaste. Ce serait plutôt une vidéo amateur, la conséquence du désir d’un homme d’avoir l’occasion de s’amuser avec une caméra et une équipe qu’il apprécie.
Soyez sympas rembobinez se pose alors en métafilm, une œuvre réflexive sur son propre statut, ode à des sites communautaires comme YouTube ou Dailymotion.

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Le propos du film est en effet de soutenir que des films « swedés » (des remakes faits maison) peuvent être aussi bons, voire meilleurs que les originaux, puisque dès lors que Mike et Jerry mettent leur plan à exécution, les clients du vidéo-club deviennent beaucoup plus nombreux.

Faire un bon film ne consiste pas en effet à mettre en œuvre le plus gros budget possible. Comme ailleurs, en cinéma, « l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue ». Avec de l’argent, mais sans idée, nous n’obtenons que de mauvais films, alors qu’avec des idées, mais sans d’argent, nous pouvons obtenir de bons films. Il s’agit simplement de se creuser un tant soit peu les méninges, et de posséder un minimum de don pour la mise en scène.
Malheureusement nombre de réalisateurs semblent oublier ces conditions sine qua non, et avec son dernier film Michel Gondry vient malheureusement d’entrer dans cette catégorie, puisqu’il semble considérer qu’avoir de l’argent pour travailler lui permet de se reposer et de ne pas donner tout ce qu’il a pour le réaliser correctement.

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Oui, Soyez sympas rembobinez (souvenez-vous, dans le temps, à l’époque de la VHS, les vidéo-club nous demandaient de rembobiner les cassettes, histoire d’être gentil avec le spectateur suivant) aurait pu être mieux cadré et méritait un scénario un peu plus développé. Il aurait sans doute aussi fallu que Jack Black soit réellement dirigé, afin qu’il n’en fasse pas des tonnes dans le rôle de celui qui casse les pieds de tout le monde, et qu’il soit permis à Mos Def de ne pas cantonner son personnage au rôle du grand timide incapable d’avoir une véritable emprise sur sa propre vie.

Ainsi, en ne nous donnant pas l’impression d’avoir réalisé son dernier film comme on part se promener le week-end, Michel Gondry aurait offert une plus grande crédibilité à son propos, faisant alors de Soyez sympas rembobinez un véritable manifeste de ce que doit être le cinéma aujourd’hui : au-delà d’une industrie dont les rouages fonctionnent sans effort, un art qui a quelque chose à nous dire.

Soyez sympas rembobinez, réalisation et scénario de Michel Gondry.
Avec : Mos Def (Mike), Jack Black (Jerry Gerber), Danny Glover (Monsieur Fletcher), Mia Farrow (Mme Kimberley), Melonie Diaz (Alma), Marcus Carl Franklin (James) et Sigourney Weaver (Mme Lawson).
Crédit photographique : EuropaCorp Distribution.

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Marie Guyot est la fondatrice et la Rédactrice en Chef du magazine. C'est aussi la Rédactrice Cinéma.
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