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Neon Neon : Stainless Style

Par Labosonic • jeu 3 avr 2008 • Categorie: Musique

Publé le 17 mars 2008

Appréciation de Labosonic niveau 0

Ne soyez surtout pas étonnés par ce disque ! Ne faîtes pas comme si personne ne vous avait prévenu ! C’était inévitable. Depuis que l’album de Mika, agrémenté d’une pochette couleur bubble-gum, est paru, tous les indices concordent : le retour en grâce télévisuelle de l’ex-lolita de Banana Split, les tambours et les trompettes pour la vingt-cinquième bougie de Thriller. Ça vous pendait au nez et ça va prendre d’assaut vos oreilles : les années 80 reviennent.

La sortie de ce Stainless Style des Neon Neon en est la preuve. Le nom du groupe lui-même, ne trompe personne, tant il évoque ces formations du passé destinées aux fans atteints de bégaiement et autres troubles de l’élocution : Duran Duran, Talk Talk, A-ha, Wet wet wet. Les deux hommes derrière ce pseudonyme, Gruff Rhys et Bryan Hollon, plus connu sous le nom de Boom Bip, ont tous les deux grandi durant ces années qui, musicalement, sont discutables. Puis chacun a suivi sa voie durant les années 90. Le premier chantait du rock en gallois au sein des Super Furry Animals1. Le second devenait Disc-Jockey et producteur électro aux Etats-Unis.

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Mais ces deux grands gamins se sont retrouvés pour accoucher de ce Stainless Style, disque étrange et hors du temps, intégralement dédié à la mémoire de John De Lorean. L’homme, inconnu des mélomanes, ne l’est pas des cinéphiles, puisque trois films ont fait de sa créature, nommée DMC 12, l’une de leurs héroïnes principales. Cette voiture est, en effet, celle qui permet à Marty McFly de voyager dans le temps dans le film Retour vers le futur.
La dédicace dit tout : l’album est cet appareil dont le compteur serait bloqué au milieu de la décennie 80. Rhys et Boom Bip ont conçu ce disque comme leurs plus fous rêves d’adolescents, dégoulinants de sons censés être futuristes à l’époque, à commencer par ceux des boites à rythme et des synthétiseurs.

Plein de ces visions de la modernité sonore qui font sourire aujourd’hui, l’album se distingue pourtant de la majorité des exercices de style qui convoquaient les eighties auparavant. Il n’y a dans Stainless Style, ni clin d’œil malicieux et tendre, ni parodie, ni hommage. Il y a la musique des années 80 ressuscitée avec toutes ses qualités, notamment une habile manière de trousser d’efficaces mélodies pop, et au moins autant de défauts, en particulier les sons très datés des instruments : des guitares rock FM aux claviers Bontempi.

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La nostalgie consiste à jeter un regard attendri vers le passé et cet album, figé au milieu de la décennie 80 comme un vieux calendrier des PTT, en est dépourvu puisqu’il s’inscrit dans un présent révolu. Le travail effectué par Rhys et Hollon est remarquable puisqu’à l’exception de Trick for Treat, Sweat Shop et Luxury Pool, trois titres qui contiennent une once de sons un peu novateurs pour l’époque, l’illusion est parfaite.

Hélas, la musique n’est pas affaire d’illusions mais bien plus de sentiments. Que l’album remplisse son objectif de voyage temporel, ça ne fait aucun doute mais cela ne suffit pas à faire de Stainless Style un bon disque. Au contraire, on réalise très vite pourquoi la fin des années 80 a été ponctuée par un immense soupir de soulagement de bon nombre de mélomanes. La production d’alors, finement reconstituée, était exaspérante avec ces claviers aux sons aussi synthétiques que douteux, et ces monotones rythmiques en boîte.

Il est donc difficile de trouver un quelconque intérêt à ce Stainless Style qui est, par essence, obsolète. À l’instar de ces copistes qui, au Louvre, posent leur chevalet devant une toile de maître pour en réaliser une reproduction fidèle, les deux membres de Neon Neon s’appliquent mais ne pourront jamais reproduire le génie. Sans l’étrangeté de Depeche Mode, sans l’inventivité des Sparks, sans l’hédonisme transgressif de Frankie Goes to Hollywood, sans la bizarrerie baroque d’OMD, les années 80 perdent le peu de charme dont elles disposent.

Stainless Style, de Neon Neon, publié chez Lex Records.

  1. Le groupe restera dans l’histoire pour avoir osé affubler son premier disque de l’improbable et cauchemardesque titre de Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (In Space).[]
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