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Le Conte d’hiver de William Shakespeare

Par Delphine Kilhoffer • ven 4 avr 2008 • Categorie: Théâtre

Représentations jusqu’au 13 avril, puis en tournée

Appréciation de Otaku niveau 1

Le Conte d’hiver nous parle de deux rois amis depuis l’enfance, Léontès et Polixenes. Ils se considèrent comme des frères, jusqu’à ce que la folie de Léontès ne le conduise à se convaincre que son épouse adorée, Hermione, le trompe avec Polixenes. Aveuglé par sa jalousie, il va s’acharner à détruire tous ses proches. À partir de ce schéma tragique classique, Shakespeare a écrit une pièce qui évoque la folie, le temps qui passe, et la transmission : la deuxième partie du récit se recentre sur la descendance de ces rois, qui va devenir l’outil de salvation de leurs parents.

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Dans sa mise en scène, Jacques Osinski a choisi d’aller à l’épure, un choix culotté pour servir la richesse et la truculence du texte shakespearien (la traduction de Marie Potonet et de Jacques Osinski est d’ailleurs tout à fait réussie).
Si l’esthétique est très belle dans sa sobriété, le résultat est moins convaincant lorsqu’il s’agit de la direction d’acteurs. Les comédiens sont très habités, mais trop souvent rigidifiés par la mise en scène, ce qui les empêche de pleinement exprimer toutes les émotions qui sont pourtant bel et bien là. Cela donne une impression de frustration, ce qui peut être un effet voulu, mais de façon plus gênante cela amène à certains moments des contresens par rapport au texte, et en bride les aspects comiques.

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Pourtant, la troupe de la compagnie La Vitrine forme un ensemble solide, et en plus des rôles principaux tenus avec conviction par David Gouhier, Volodia Serre et Maud Le Grévellec, les personnages secondaires se révèlent souvent riches. Parmi ceux-ci, la prestation de Thomas Rathier mérite une mention particulière pour son intensité électrique.

Cette production du Conte d’hiver reste attachante, ne serait-ce que parce que Jacques Osinski y assume ses choix jusqu’au bout. Néanmoins, on regrette qu’un petit grain de folie supplémentaire ne soit pas là pour rendre encore mieux leur dû au texte et aux comédiens.

Le Conte d’hiver de William Shakespeare, mise en scène de Jacques Osinski, Théâtre Jean Arp (Clamart).
Avec : David Gouhier (Léontès), Volodia Serre (Polixenes), Maud Le Grévellec (Hermione) et Thomas Rathier.

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Delphine Kilhoffer est une des rédactrices Théâtre du magazine.
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