27 robes d’Anne Fletcher
Par Marie Guyot • mer 16 avr 2008 • Categorie: CinémaSortie prévue le 23 avril 2008

Passant de l’ombre à la lumière en incarnant successivement la Isabel de Roswell et la Izzie Stevens de Grey’s Anatomy, Katherine Heigl n’a pas réellement brillé au cinéma jusqu’à présent. Récemment à l’affiche de En cloque mode d’emploi de Judd Apatow, rapidement écclipsé par le génial Juno de Jason Reitman, on ne lui confie pour l’instant que des comédies romantiques.
Espérons que cela change, histoire que nous puissions enfin savoir si elle est plus qu’une jolie blonde avec un joli sourire.

Ceci dit, il faut reconnaître que les comédies romantiques lui vont bien, et que 27 robes est loin d’être la plus idiote du moment, même si elle reste dans une structure classique : Jane est amoureuse de George qui ne la voit pas et qui tombe amoureux de Tess. Mais Tess n’a pas été parfaitement transparente avec George et Jane va finir par se rendre compte qu’elle est en fait amoureuse de Kevin. Vous suivez?
La finesse (enfin, il ne faut pas exagérer tout de même, parlons plutôt de subtilité) de 27 robes vient en fait du fait que Tess et Jane sont sœurs, que George est le patron de Jane, et que Kevin va commencer par dissimuler sa véritable identité à Jane avant de l’humilier sans le vouloir réellement. Vous suivez toujours?
27 robes est donc une histoire d’amour, ou plutôt d’amours, puisqu’il est question de Jane et George, de George et Tess, de Jane et Kevin, et enfin de Casey et Trent (oui, ce sont les meilleurs amis de Jane et de Kevin… Comment ça nous avons parlé de finesse?).
Et surtout, il y est question de mariages, 28 au total, et non pas 27, mais nous ne vous dirons pas qui se marie à la fin.

Eternelle demoiselle d’honneur, Jane voue un culte aux mariages, une véritable passion qui la conduit à collectionner des robes plus laides les unes que les autres parce qu’elles lui permettent de croire qu’un jour son tour viendra (ou plutôt son prince charmant, cette petite bête en voie de disparition).
Même si nous sommes bien loin de Stanley Cavell, de Madame Porte la culotte1 et autres Indiscretions2, 27 robes se pose aussi en véritable comédie du remariage.
Il est de plus intéressant de noter que, même si ce n’est pas du même niveau puisque ces personnages ont une importance différente, Tess va tout aussi bien que Jane effectuer le chemin nécessaire à sa remise en question personnelle et au retour de l’amour.
Anne Fletcher réalise donc un film qui permet à chacun de trouver son compte, selon que le spectateur se sera plutôt identifié à l’aînée ou à la cadette des deux sœurs.

D’ailleurs, c’est cette remise en question qui donne toute son épaisseur à 27 robes, transformant ce qui aurait pu se borner à n’être qu’un film d’amour, en quelque chose d’un peu plus profond qu’une simple fable romantique et larmoyante.
Car si Jane est fleur bleue à souhait, il reste cependant que son personnage est assez universel : une jeune femme en quête d’amour, trop occupée à se donner des rôles qui la rassurent pour prendre conscience que l’homme qu’elle attend est devant sa porte.
La gent masculine n’est toutefois pas en reste, puisque les spectateurs mâles d’entre nous pourront aussi s’identifier à George ou Kevin, deux figures assez emblématiques de l’homme moderne et dynamique.
27 robes réussit donc l’exploit d’être une comédie romantique qui ne s’abandonne pas dans la niaiserie, qualité assez rare dans un film pour que nous la remarquions avec joie.
27 robes, réalisation d’Anne Fletcher, scénario d’Aline Brosh McKenna.
Avec : Katherine Heigl (Jane), James Marsden (Kevin), Judy Greer (Casey), Edward Burns (George), Malin Akerman (Tess), Maulik Pancholy (Trent), Melora Hardin (Maureen), Krysten Ritter (Gina) et Brian Kerwin (Hal).
Pour visualiser la bande annonce, vous devez avoir Quicktime.
Crédit photographique : 20th Century Fox.
- Adam’s rib[↩]
- The Philadelphia story de George Cukor. Citons également The Lady Eve (Un coeur pris au piège) de Preston Sturges, It Happened One Night (New-york-Miami) de Frank Capra, Bringing Up Baby (L’impossible M. Bébé) et His Girl Friday (La Dame du vendredi) de Howard Hawks, et The Awful Truth (Cette sacrée vérité) de Leo McCarey[↩]
Marie Guyot est la fondatrice et la Rédactrice en Chef du magazine. C'est aussi la Rédactrice Cinéma.
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