Pénélope de Mark Palansky
Par Marie Guyot • mer 23 avr 2008 • Categorie: CinémaSorti le 9 avril 2008

Pénélope, c’est l’histoire d’une famille frappée par une malédiction : un aristocrate faute avec une jeune servante qui se retrouve enceinte et finit par se suicider à défaut d’être épousée, et voilà qu’une vilaine sorcière annonce que la prochaine fille de la lignée aura le visage d’un cochon.
C’est aussi l’histoire de Pénélope qui, bien des années après (les bébés précédents étaient tous des garçons), se retrouve affublée d’un groin et d’oreilles de cochon.

Christina Ricci a beau avoir le visage tout rond, tenter de la faire réellement ressembler à un cochon relève du défit, et c’est d’ailleurs ce qui permet à Mark Palansky de donner à son film exactement l’aspect que l’on espérait : nous ne sommes pas ici face à un La Belle et la bête inversé et forcément raté, puisque sorti du cadre féerique de l’original.
Malgré ses attributs animaux, Pénélope a du charme, du caractère et pour ne rien gâcher, elle est intelligente et cultivée. Seulement voilà, elle fait inévitablement peur à tous les aristocrates décidés à la prendre pour femme, puisqu’ils sont habitués depuis leur naissance à ne porter attention et intérêt qu’aux apparences, au rang et à la fortune.
Pénélope se pose donc joyeusement comme une fable moderne sur l’estime de soi, en mettant en scène cette jeune femme qui s’émancipe de sa famille et des hommes censés lui permettre de s’épanouir.

Seulement voilà, Mark Palansky place son film sur un terrain décalé et loufoque dès les premiers plans, avec cette vision étrange d’une voiture en furie, et la voix off de Pénélope qui introduit l’histoire de façon comique. Alors que cela paraît tout d’abord être une idée de mise en scène plutôt originale et attrayante, nous nous rendons vite compte qu’il n’est pas possible de la tenir jusqu’à la fin du film, sous peine de fatiguer le spectateur.
Le réalisateur l’abandonne donc dès la fin de la séquence introductive, pour se concentrer plus sur l’histoire que sur sa forme.
Malheureusement, les décors extrêmement travaillés, donnant des ambiances immédiatement identifiables pour chaque pièce de la maison de Pénélope et chacun des lieux où elle se rendra, nous inondent d’informations visuelles qui finissent par être plus dérangeantes qu’esthétiques.
Le film a donc en fin de compte du mal à trouver son identité, entre féerie visuelle pleine de bons sentiments et conte moral déjanté.

Heureusement Pénélope évite tout de même de tomber dans les poncifs classiques du genre, en rendant réellement le sort de son personnage principal indépendant des sentiments et des choix de ceux qui l’entourent.
Surtout, les histoires des personnages secondaires ne sont pas exploitées à fond (nous pensons notamment à Annie, le personnage de Reese Witherspoon également productrice du film), ce qui nous permet de nous concentrer sur l’histoire de Pénélope sans être parasités par des dérives inutiles.
Pénélope, réalisation de Mark Palansky, scénario de Leslie Caveny.
Avec : Christina Ricci (Pénélope), James McAvoy (Max), Catherine O’Hara (Jessica Wilhern), Reese Witherspoon (Annie), Peter Dinklage (Lemon), Simon Woods (Edward), Richard E. Grant (Franklin Wilhern), Richard Leaf (Jack) et Ronni Ancona (Wanda).
Crédit photographique : ARP Sélection.
Marie Guyot est la fondatrice et la Rédactrice en Chef du magazine. C'est aussi la Rédactrice Cinéma.
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