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Une souris verte de Douglas Carter Beane

Par Delphine Kilhoffer • ven 25 avr 2008 • Categorie: Théâtre

Actuellement au théâtre Tristan Bernard

Appréciation de Otaku niveau 1

Mitchell est un jeune premier hollywoodien à la mode, qui a tout pour réussir – le seul hic est qu’il est gay. Son agent, Diane, n’a nullement l’intention de laisser cet aspect de la vie de son poulain gâcher sa prometteuse carrière. Aussi, lorsqu’un gigolo débarque inopinément dans la chambre et le cœur de Mitchell, elle va tout faire pour que les apparences soient sauves aux yeux du public et de la presse.

Une souris verte est la première pièce de Douglas Carter Beane à être adaptée en France. Beane est un scénariste et dramaturge américain bien établi dans son pays, où ses pièces mordantes sont régulièrement plébiscitées (son adaptation de la comédie musicale Xanadu se joue avec succès depuis bientôt un an à Broadway). Dans Une souris verte, il s’attaque avec brio au monde du spectacle et des médias, non sans épargner celui des auteurs, dont il fait parti. Au-delà des ressorts dramatiques finalement assez classiques, on est frappé par son sens de la réplique cinglante et de la formule jubilatoire.

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Les décors et la mise en scène donnent à l’ensemble un petit parfum de sitcom, qui convient plutôt bien à l’univers dans lequel naviguent les personnages. Après tout, nous sommes dans le monde des apparences, celui où il faut faire rêver la fameuse ménagère de moins de cinquante ans, en lui offrant des héros formatés et bien propres sur eux…

Un des éléments essentiels à la réussite d’une comédie est le rythme, et question rythme, il n’est pas étonnant que Raphaëline Goupilleau ait été nominée aux Molières 2008 dans la catégorie « Révélation théâtrale ». Sa présence et son sens parfait du timing en font sans conteste la star hilarante d’Une souris verte. Impossible de résister, entre autres, à son formidable monologue décrivant un repas au restaurant entre productrices (vous ne commanderez plus une salade de la même façon après l’avoir entendu !), ou bien à ses inénarrables échanges téléphoniques avec un auteur terrorisé à l’idée de se voir dépossédé de son œuvre.

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Paradoxalement, dans son rôle d’agent, Raphaëline Goupilleau vole la vedette à Arnoud Binard, l’interprète de Mitchell, le jeune acteur en pleine ascencion. Celui-ci peine à nous faire croire à son homosexualité et à sa relation avec Alex (Edouard Collin – très juste). S’il trouve le ton adéquat sur certains passages comiques, il est trop souvent cliché dès qu’il s’agit d’exprimer les émotions liées à la crise existentielle de son personnage, tiraillé entre vie privée et vie publique. Il est dommage que le metteur en scène n’ait pas réussi à insuffler une direction d’acteur plus cohérente, qui aurait donné l’impression d’un ensemble et non pas d’une collection de personnalités plus ou moins attachante.

Une souris verte reste cependant un bon divertissement qui, mené avec plus de cohésion, atteindrait le statut de bonne pièce, toute catégorie confondue.

Une souris verte de Douglas Carter Beane, mise en scène de Jean-Luc Revol, théâtre Tristan Bernard.
Avec : Raphaëline Goupilleau (Diane), Arnoud Binard (Mitchell), Edouard Collin (Alex), Julie Debazac (Hélène).
Crédit photographique : Claire Besse.

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Delphine Kilhoffer est une des rédactrices Théâtre du magazine.
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