Représentations publiques des ateliers-théâtres
Par Delphine Kilhoffer • ven 13 juin 2008 • Categorie: ThéâtreReprésentations tout au long du mois de juin

C’est la fin de l’année scolaire, et il est bien possible que ce mois-ci vous alliez assister au spectacle de votre dernier, ou à celui de votre petit frère ou petite sœur, en costume cousu à la main par un parent dévoué. Ces représentations sont pleines de charmes et seront peut-être à l’origine de vocation d’acteur, mais le mois de juin vous offre aussi l’occasion de découvrir le travail de fin d’année des écoles de théâtre professionnelles. Si vous êtes curieux, il y en a dans chaque ville, voire dans chaque quartier pour les plus grandes cités : une bonne opportunité de voir sur scène des comédiens en devenir, débordant de fougue et de désir de théâtre.
Hier soir, je suis allée voir le travail des étudiants de 3e année des Enfants Terribles (présenté jusqu’au dimanche 15 juin), une école dont la réputation grandit doucement mais sûrement. Le texte, Les vraies histoires sont imaginaires, a été écrit et mis en scène pas Jean-Michel Dupuis, un choix pas très heureux, car l’écriture est assez complaisante et lourde avec sa symbolique appuyée, mais c’est là que le miracle du spectacle intervient : malgré cela, les douze comédiens sur scène arrivent à nous emporter. Ils ont l’urgence de ceux qui veulent convaincre et une justesse reflétant tout le travail et les acquis de leur formation. Chapeau bas. L’ensemble de la troupe est d’un excellent niveau, mais si je devais parier sur la future carrière de quelqu’un, ce serait sans conteste sur Tiphaine Daviot, qui a le charisme, la maîtrise, et cette présence de tous les instants qui est la marque des grands. Même en fond de plateau, alors qu’elle écoute la tirade de quelqu’un d’autre, elle est juste.
Toujours aux Enfants Terribles, vous pourrez voir la semaine prochaine (du 17 au 22 juin) l’atelier des 2e année, Vous connaissez mon beau-frère ?, basé sur des textes du dramaturge allemand Karl Valentin, mis en scène par Fabrice Eberhard, qui avait réalisé l’an passé un brillant travail de bout à bout d’extraits d’Anton Tchekov avec les élèves de cette même école.

De la position de spectateur, il est facile de se dire que les grands acteurs sont des gens de talent, d’autant que plus ils sont bons, plus leur prestation semble naturelle et ne leur demander aucun effort. C’est là tout le paradoxe de ce métier : c’est le travail, certes combiné avec le talent, mais surtout le travail, qui permet au comédien de nous faire croire en son personnage. Ce sont des heures et des heures de répétitions, d’assimilation de techniques de jeu pour arriver à retrouver encore et encore un même état émotionnel et atteindre la sincérité lorsque nous les voyons sur scène. Oui, comédien, c’est bel et bien un métier, pas simplement une vocation alliée à quelques facilités. Ces ateliers-théâtres qui s’ouvrent ainsi une à deux fois par an au public nous donnent une chance d’apercevoir le travail de maturation et l’apprentissage qui mènent du rêve au professionnalisme.
Pour les Parisiens, il sera intéressant de suivre les représentations par arrondissement, étalées entre le 10 et 28 juin, du prestigieux Conservatoire nationale d’art dramatique – le détail des dates et lieux se trouve sur leur site internet. À signaler aussi, une autre école privée qui fait parler d’elle dans le milieu, l’Atelier international de théâtre, qui organise un spectacle à la fin du mois (détails pratiques à venir sur leur site).
Delphine Kilhoffer est une des rédactrices Théâtre du magazine.
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