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Basile et Melba : l’amour vache

Par Julien Meyrat • lun 30 juin 2008 • Categorie: Bande Dessinée / Mangas

Album paru le 4 juin 2008

Appréciation de Julien niveau 1

Basile est un gentil garçon, intelligent, studieux, toujours prêt à rendre service. Melba est une cancre, hyperactive et égoïste. Basile est toujours bien habillé, bien peigné, bien préparé. Melba se coiffe à la va-vite, se lave une fois sur trois et arrive régulièrement à l’école sans son sac. Basile vit dans une villa luxueuse avec gouvernante chinoise à domicile et parents en option. Melba vit en vrac entre deux frères pas plus fins qu’elle, une mère au foyer et un père chômeur. Et bizarrement, ils sont les meilleurs amis du monde.

Dans la pléthore de personnages égayant les pages de Tchô !, le magazine parrainé par Zep, Basile et Melba occupent une place intéressante. En effet, à part Titeuf et son amour irraisonné pour Nadia et les idylles de la jolie Lou, les histoires de cœur sont relativement rares dans ce mensuel, ce qui est somme toute logique quand on s’adresse à des enfants. Les héros de Mathilde Domecq sont d’ailleurs loin de se déclarer une passion éternelle, la relation étant nettement plus symptomatique de l’enfance, à savoir : « je ne peux pas te supporter, mais sitôt que tu n’es pas là tu me manques. »

La couverture plus qu'explicite du 1er tome

Ainsi le gentil Basile fait-il les frais des lubies lumineuses de sa camarade de classe, sans que l’idée de s’excuser ne vienne jamais à cette dernière. Les deux enchaînent donc les bêtises, les devoirs et les plans drague foireux, le gentil se retrouvant systématiquement victime des exactions de la canaille. Rien que de très classique, finalement. Mais Domecq parvient à donner un certain charme à cette petite série d’apparence innocente. Sans doute grâce à l’aspect « social » de la fable, la famille de Melba faisant manifestement partie de la « France d’en bas ». À ce niveau, sans aller trop loin, on se situe dans le même domaine qu’une série comme Les Nombrils (Dubuc et Delaf) ou Tamara (Zidrou et Darasse), où précarité et racisme ordinaire parsèment les pages sans pour autant nuire à l’humour omniprésent et à la bonne humeur des protagonistes. Ou d’une série télévisée du genre Malcolm, où les difficultés financières patentes se révèlent incapables d’altérer le dynamisme ni surtout l’unité du cercle (qu’il soit familial et/ou amical).

Mais si Basile et Melba est intéressant, c’est aussi et surtout parce que le petit duo se révèle plutôt attachant. Développant une relation fondée sur le « Je t’aime. – Moi non plus. » des plus réussies, nos deux protagonistes cumulent un capital sympathie assez élevé. Au point que la dernière planche, qui semble faire basculer la série dans un genre totalement différent, effraie quelque peu tant l’œuvre parvenait jusque-là à rafraîchir le thème extrêmement classique du duo désassorti. Ce dernier gag, appelé à peser profondément sur la suite, ressemble fort à un artifice de mauvais goût et l’auteur prend un grand risque en se lançant dans ce qui, a priori, ressemble à une grosse ficelle mal dégrossie. Mais attendons un peu le prochain album avant de critiquer.

Basile et Melba, t. 1 Printemps, textes et dessins de Mathilde Domecq, éditions Glénat, collection Tchô ! la Collec…

Crédit photo : Mathilde Domecq

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Julien Meyrat est le rédacteur Bande Dessinée du magazine. C'est lui qui a créé nos Grimaces.
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