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Diary of the Dead, de Georges A. Romero

Par Remi Prin • mer 2 juil 2008 • Categorie: Cinéma

Sorti le 25 juin 2008

Suite à la sortie de ce nouvel opus de la saga des Morts-Vivants, on est en droit de se poser un certain nombre de questions concernant les intentions de son mythique cinéaste George A. Romero. Cherche-t-il, par manque d’inspiration, à sucer jusqu’au sang la franchise d’une série qu’il a lancée quarante ans plus tôt avec La Nuit des Morts-Vivants ? Le dernier volet en date, Land of the Dead (2005), très attendu par les fans, avait pourtant déçu la critique et le public. Qu’en est-il donc de ce Diary of the Dead ? N’est-il qu’une simple suite à visée purement commerciale ou bien le réel prolongement d’une réflexion sur la société américaine méditée par le cinéaste au fil des décennies ?

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Petit rappel des faits : Romero fait partie de ce groupe de cinéastes, tous issus de la contre-culture américaine comme Tobe Hooper, Wes Craven ou John Carpenter. Chacun à leur tour, ces réalisateurs jetèrent de véritables bombes dans le paysage cinématographique des années 70. Romero d’abord, avec La Nuit des Morts-Vivants, film au budget ridicule (10 000$), tourné en 16mm, le week-end, entre amis, qui, au-delà de son statut de film d’horreur culte, avait su dénoncer les dérives de l’Amérique post-nucléaire ainsi que l’effrayante discrimination raciale qui faisait rage à l’époque. Puis Hooper avec Massacre à la tronçonneuse, chronique affreusement réaliste d’une famille de Texans cannibales. Enfin John Carpenter, qui, avec le personnage de tueur insensible Michael Myers dans son film Halloween, lança la mode des psycho-killer qui trouva son apogée jusque dans les années 90 avec la trilogie Scream. Fondamentalement avant-gardistes, ces films, souvent faits de bric et de broc, particulièrement violents, avaient également su mettre fin au classicisme du cinéma d’épouvante hérité des films de la Hammer et inspiré toute une nouvelle génération de cinéastes comme Sam Raimi dans les années 80. Mais sous leurs allures de petits films mineurs à scandales, les oeuvres de ces cinéastes cherchaient à mettre en image une véritable réflexion tant sociologique que politique qui sut évoluer avec la société.

Aujourd’hui, force est de constater que cette génération de réalisateurs, tout en gardant leur statut de cinéastes cultes de l’horreur et de l’épouvante, passe pour ringarde et datée. Il suffit de voir comment leurs oeuvres de jeunesse sont maltraitées aujourd’hui par l’industrie contemporaine des studios hollywoodiens : n’ayant de cesse de racheter les droits de ces films pour en faire des remakes insipides, on se retrouve en face d’un véritable conflit culturel et artistique au sein duquel l’ancien et le nouveau entrent en lutte. D’un côté, les nouveaux films de ces auteurs mythiques sont de véritables échecs publics et critiques ; de l’autre, les remakes outrageants de leurs oeuvres sont à l’inverse de véritables succès. L’année où Land of Dead, quatrième volet de la série de Romero, sort discrètement sur les écrans, le remake du deuxième épisode, Dawn of the Dead, réalisé par Zack Snyder sous le titre L’Armée des Morts, fait un carton. De même qu’à l’heure où Hooper, Craven et Carpenter peinent à trouver producteurs ou distributeurs pour leurs nouveaux films, les teenagers se ruent dans les salles pour frissonner avec pop-corn et soda devant les versions modernes de Massacre à la Tronçonneuse, Fog, Halloween et, bientôt, La dernière maison sur la gauche, bien souvent réalisées comme des clips par des cinéastes de seconde zone. Et si ces remakes donnent certes aux scénarii originaux un surplus d’hémoglobine, il est clair que le fond politique et la forme avant-gardiste de ces œuvres sont complètement passés à la trappe pour le bien d’une industrie du frisson, vide de toute réflexion.

Romero était donc considéré jusqu’à présent comme une sorte de dinosaure. Après le troisième volet de la série, Day of the Dead (dont Steve Miner, réalisateur d’une très mauvaise suite de Halloween en 1997, tourne actuellement le remake, décidemment), Romero passera les vingt années suivantes à se faire oublier de ses fans et des studios avec des films assez moyens comme Monkey Shines ou Bruiser. Et lorsqu’en 2005 sort le quatrième volet de la série, il apparaît clair que l’avant-gardiste Romero est devenu bien conventionnel. Au fur et à mesure de ses épisodes, Romero avait su pourtant mettre en place un véritable commentaire social doublé d’une véritable réflexion sur la montée du règne de la terreur dans la société moderne. Après la discrimination (La Nuit des Morts-Vivants, 1969), la société de consommation de masse et le culte de la propriété américaine (Dawn of the Dead, 1978, dans lequel, non sans cynisme, le cinéaste mettait en scène les instincts post-mortem de ses zombies en les faisant évoluer dans un gigantesque centre commercial où les derniers survivants se recréaient un petit coin de paradis, entre shopping et lutte pour la survie de l’espèce) et le militarisme fanatique (Day of the Dead, 1985), Land of the Dead était en quelque sorte le point d’orgue de la réflexion de Romero. Situé dans un futur proche, le film nous dévoilait un monde dans lequel les zombies, parqués dans des ghettos, subissaient un véritable génocide de la part de l’homme. Jusqu’au jour où les morts-vivants, tels les singes du premier segment de 2001 de Kubrick, redécouvraient la violence, l’arme à feu, et se révoltaient.
Mais, si le fond du propos restait certes aussi fort que celui des précédents épisodes, on sentait que Romero était ici dépassé par la modernité d’un cinéma qu’il avait perdu de vue et dans lequel il ne parvenait plus à évoluer que comme un auteur vieillissant.

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Retour en arrière radical ici avec Diary of the Dead. Le fait que le film soit tourné en numérique était un signe prometteur. Romero, comme Lynch avec Inland Empire, cherche ici à définir une nouvelle manière de capter et de voir le monde. Un certain cinéma est en train de disparaître pour laisser place à de nouvelles formes et une nouvelle manière de faire du cinéma. Là où, par contre, on pouvait se faire plus craintif, c’est lorsque le film fut annoncé comme une sorte de REC ou de Cloverfield bis. On le sait, depuis le succès du Projet Blair Witch en 1999, le public est aujourd’hui tellement immergé dans un perpétuel torrent d’images qu’il parvient de moins en moins à être sensible à une fiction autoproclamée. La particularité de ces films est de limiter le spectateur à la dictature du seul point de vue d’un personnage-filmeur actif et non-distancié par rapport aux évènements qu’il vit. Comme une sorte de TV-reality sur grand écran, la frontière entre réalité et fiction s’annule. Nous vibrons et nous tremblons à la vision faussement réaliste d’images tournées à la manière d’un documentaire ou d’un film de vacances.
A ce titre, REC et Cloverfield avaient réussi à effrayer leur public, en surfant notamment sur le spectre du 11 septembre et la paranoïa ambiante du terrorisme entretenue par les médias. Mais avec le recul, on ne peut que constater qu’ils n’ont été que des pétards mouillés. En effet, face à ces très bonnes attractions tout droit sorties du Futuroscope, peut-on encore honnêtement parler de cinéma ? L’absence totale de réflexion de la part de ces cinéastes par rapport à cette nouvelle forme rendait ces deux films au final bien moins intéressants et marquants qu’une pure fiction comme La Guerre des Mondes de Spielberg ou même le pourtant très inégal Phénomènes de M. Night Shyamalan.

Or, on risque fort de rapprocher, à tort, le nouveau film de Romero de ces attractions visuelles. Il importe donc de le déclarer tout de suite : Diary of the Dead ne fait pas peur. En ce sens, il se rapproche bien plus du récent Redacted de De Palma. Comme pour De Palma à l’époque, Romero réalise avant tout une véritable réflexion sur la place de l’image et des médias dans la société d’aujourd’hui. Redacted était orchestré comme une réécriture moderne de Outrages (que De Palma réalisa en 1990), en situant la même intrigue au sein d’un vertigineux montage de fausses images tournées à la manière de différents médias : YouTube, Dailymotion, caméras numériques amateurs, vrai-faux documentaire, caméras de surveillance, etc… C’était là toute la pensée de Brian De Palma : raconter une fiction sur la guerre en Irak comme les médias et internet nous l’ont raconté. Ainsi entre Outrages et Redacted, on pouvait voir le récit de deux guerres : le Viêt-Nam pour Outrages, l’Irak pour Redacted, avec la même intrigue (un groupe de soldats américains accusés d’avoir violé et tué des prisonniers ennemis) en tenant compte de l’évolution et du statut de la communication visuelle entre ces deux époques. En effet, d’un point de vue extérieur, la différence fondamentale entre le Viêt-Nam et l’Irak, c’est que l’Irak est une guerre qui a été lancée, orchestrée et manipulée par les médias comme une vaste fiction : la première guerre visuelle de l’Histoire en quelque sorte.
Face à ce constat, De Palma posait donc la question suivante : où est donc la place du cinéma, du réalisateur, du scénariste dans une société où tout et n’importe quoi est désormais enregistré et consultable par le monde entier via internet ?

Cette grande idée qui consiste à perdre le spectateur en mêlant à la fois fiction hollywoodienne et journal filmé se retrouve ici dans le titre même du film de Romero. Diary of the Dead sera donc à la fois la chronique et le journal filmé d’une poignée de survivants. Il n’est pas la suite de Land of Dead, mais comme Redacted par rapport à Outrages, le remake formellement moderne de La Nuit des Morts-Vivants. Romero adapte la pensée de De Palma à un genre : le film d’horreur, et poursuit donc à la fois sa propre réflexion sur les évolutions de la société américaine ainsi que celle du réalisateur de Redacted. A l’extrême réalisme de La Nuit des Morts-Vivants en 1968, Romero oppose l’extrême réalisme de Diary of the Dead en 2008, en situant étroitement chacun de ces deux films dans la psychologie collective de la période où ils ont été tournés.
Le film commence de la même manière que REC : une équipe de télévision est envoyée sur les lieux d’un crime mystérieux. Quotidien du cameraman et de sa caméra : il la charge sur l’épaule, fait la mise au point, filme l’arrivée de la police. Mais alors que la journaliste s’apprête à prendre la parole face à la caméra, on aperçoit au loin un cadavre se redresser sur son brancard et attaquer sauvagement l’ambulancier. Aussitôt le cameraman joue de son zoom avant pour capter cet événement effrayant et insolite.
Dès cette scène d’ouverture, Romero parvient à démontrer la condition de l’être humain moderne dont le réflexe, face à un événement, est aussitôt d’en fixer et d’en capturer l’image. Puis par ce zoom avant, spontané, comme un réflexe, Romero désigne également l’éducation commune de notre rapport à l’image. Car ce zoom vers le zombie crée et impose immédiatement une narration. “La force éjaculatrice de l’oeil ” dont parlait Robert Bresson est ici pleinement montrée. Il faudra attendre l’attaque des zombies et la mort du cameraman pour voir ce plan séquence interrompu brutalement dans un feu d’artifices de pixels. Le réflexe est-il aujourd’hui de tourner quoiqu’il arrive et jusqu’à la mort ? Voilà la grande question que pose Diary of the Dead.

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Ce plan séquence d’ouverture sera revu tel un leitmotiv tout au long du film à travers d’autres médias (télévisions, ordinateurs…) incarnant ainsi cette information qui circule et fait inexorablement le tour de ce monde plongé dans le chaos. Dès lors, une succession de mise en abyme va se mettre en place par le point de vue d’une équipe d’étudiants en cinéma qui va devenir en quelque sorte le porte-filmeur du cinéaste. Là encore, le choix n’est pas innocent : on découvre cette bande de cinéastes en herbe dans une forêt isolée, en plein tournage d’un film de zombie ! Un cameraman laisse tourner la caméra dans le but certainement de capter un making-of de leur petit chef-d’oeuvre. Un comédien déguisé en mort-vivant poursuit une jolie jeune fille dans les bois. Soudain, un cri retentit : ” Coupé “. Le comédien qui interprète le zombie est rappelé à l’ordre par le jeune réalisateur : ” Tu cours trop vite, dit-il, un zombie ne se déplace pas si vite.”. Nous ne sommes qu’aux deux premières minutes du film et déjà, Romero réactualise avec une grande lucidité sa mythique série. Entre 1968 et 2008, le monde a changé : grâce au cinéma, la société de 2008 sait ce qu’est un zombie. Elle sait même à quelle vitesse celui-ci doit se déplacer. Fiction et réalité se confondent dans l’imagination collective. On retrouve ici l’humour et l’autodérision de Roméro qui s’amuse à laisser apparaître, au gré des déplacements du cameraman, perche de micro, éclairages et équipe technique. Quoi de plus pertinent en effet que l’isolement d’un plateau de tournage où toute une équipe travaille dans un univers de fiction pour, soudain, faire violemment intervenir le réel. Dans la tente du régisseur, une nouvelle tombe aux actualités : les morts reviennent mystérieusement à la vie et attaquent les humains. La contamination progresse à une vitesse fulgurante. La réalité aurait-elle dépassé la fiction ? Ce n’est pas l’avis de certains dont la réaction à elle seule marque une nouvelle étape dans la réflexion du film : ” Ce n’est rien, ce sont les médias, ils dramatisent toujours.” Nouvelle réactualisation de la part de Romero qui désigne ici une société moderne qui ne parvient même plus à voir une vérité absolue dans les actualités.

Day of the Dead, troisième volet de la série, débutait par ce cri désespérant de la part de l’un des derniers survivants, au milieu d’une ville fantôme envahie par les morts-vivants : “Hello !! Is anyone there ?!!” (repris d’ailleurs dans l’ouverture de la chanson M1 A1 de Gorillaz). Diary of the Dead, et son univers d’images, vient prouver de manière radicale que ce cri n’aurait plus aucun sens dans la société d’aujourd’hui. En effet, les survivants de ce dernier volet ne sont pas seuls. Tour à tour filmés par les caméras et les téléphones portables de leurs amis, puis espionnés par les vidéos de surveillance d’une villa dans laquelle ils vont trouver refuge, les voici soudain en contact direct, par le biais d’une web-cam, avec une Japonaise en larmes qui s’improvise présentatrice télé pour raconter dans quel état est son pays suite à l’épidémie. Plus besoin d’une maison isolée (La Nuit des Morts-Vivants), d’un centre commercial (Dawn of the Dead), d’une base militaire (Day of the Dead) ou d’une ville surprotégée (Land of the Dead) pour ressentir le sentiment de claustrophobie et de huis clos propre à tout bon film d’épouvante. Ici, les personnages sont en déplacement dans un monde sans autre frontière que celle de l’image. Si l’on sait que les morts-vivants sont partout, c’est parce que les télévisions, les ordinateurs, les radios nous les montrent et nous les font entendre. Même le camping-car dans lequel nos cinéphiles prennent la fuite devient une sorte d’écran de cinéma par lequel la caméra filme le monde extérieur. Et lorsqu’à la fin du film, les derniers survivants se réfugient finalement dans une panic-room, ce sont des dizaines d’écrans de surveillance qui leur dévoilent alors la lente avancée des zombies vers la villa.

Mais alors, pourquoi les personnages filment-ils ? Si dans Cloverfield ou REC cette interrogation était soigneusement évitée, rendant la place du filmeur et de la caméra peut crédible, ici Romero ne cesse d’y répondre. Car si le filmeur est d’abord unique au début du film, petit à petit, d’autres filmeurs et d’autres caméras vont se mettre en action. D’abord le filmeur décide de demander à chaque personne de parler à la caméra, comme pour établir une sorte de testament visuel. Dire son nom, son âge, son lieu de naissance. Rendre de nouveau crédible son identité et son état civil par le biais de l’image. Mais, bientôt, les motivations deviennent autres, bien plus ambiguës, avant que le voyeurisme pur et simple ne se mette en marche. Dans un monde où le journalisme flirte au quotidien avec le non-respect de la vie privée, semble nous dire Romero, le nature humaine, face au chaos, pousse et condamne les hommes à s’observer, à se filmer, à se dominer par le règne de l’image. À ce titre, la séquence la plus cruelle est bien celle où le filmeur cadre au loin une jeune femme qui attend patiemment que son compagnon, mordu par un zombie, se transforme à son tour et ressuscite afin qu’elle puisse l’abattre. De la caméra, comme moyen d’un témoignage mièvre et innocent, on est passé à un voyeurisme digne d’un snuff-movie.

Il a toujours été faux de voir en Romero un “ cinéaste de films d’horreur “, tout simplement parce qu’aucun de ces films n’effraie comme un film d’horreur. Au-delà des effets de maquillages gores qui ont fait leurs réputations, on ressort des films de Romero inquiet. Inquiet comme on est inquiet après la lecture de 1984 de George Orwell. Depuis 1968, derrière des films aux allures de série B, se cache une réflexion exigeante et sérieuse sur les évolutions tant sociologiques, que politiques ou artistiques de notre époque. Ici l’évolution de notre société aboutie à ce constat troublant : de l’instinct de survie, nous sommes passés à un instinct de filmer.

Diary of the dead
Un film de George A. Romero
Avec : Shawn Roberts (Tony), Michelle Morgan (Debra), Josh Close (Jason), Chris Violette (Gordo), Joe Dinicol (Eliot), Amy Lalonde (Tracy), Scott Wentworth (Maxwell), Philip Riccio (Ridley) et Tatiana Maslany (Mary).
Durée : 1h32.
Crédit photographique : Bac Films.

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Remi Prin est un des rédacteurs Cinéma du magazine.
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2 Réponses »

  1. je suis frappé à quel point le zombie qui mange une main évoque D Lynch et le hasard fait que son nom apparait sous la photo dans l’article

    je me demande encore pourquoi les films de Romero, Raimi et autres Carpenter sont passés du statut de série Z pour ados attardés à la catégorie de “films cultes” ?

  2. Quel passionnant article ! Inutile de dire que je vais filer voir “Diary Of The Dead”… que j’aurais été voir de toute façon, mais que je regarderai assurément d’un autre oeil. Merci !

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