The Hawk Is Dying - Dressé pour vivre de Julian Goldberger
Par Cédric Le Men • mer 2 juil 2008 • Categorie: CinémaSortie prévue le 9 juillet 2008

Paul Giamatti est un de ces acteurs dont on ne se souvient jamais. Il possède pourtant un faciès remarquable et est apparu dans pas moins d’une quarantaine de longs métrages, auprès de réalisateurs aussi prestigieux que Woody Allen, Tim Burton, M. Night Shyamalan ou Ron Howard, mais son nom reste quasiment inconnu du grand public. Mais qu’importe, l’acteur change de rôle comme de chemise avec une habileté et une aisance incroyable et c’est cette fois-ci auprès d’un jeune réalisateur qu’il va, une fois de plus, marquer un film de son talent.

Car du talent, l’acteur n’en manque assurément pas, et ce malgré sa récente prestation dans le décomplexé mais catastrophique Shoot ‘Em Up de Michael Davis, où il prenait un plaisir non feint à cabotiner. Concierge esseulé investi d’une mission à l’envergure quasi divine dans le sous-estimé La Jeune fille de l’eau de M. Night Shyamalan, inspecteur dans L’Illusionniste de Neil Burger, ou singe délateur dans La Planète des Singes de Tim Burton, on le retrouve dans The Hawk Is Dying dans le rôle d’un homme brisé, élevant Fred (Michael Pitt), le fils autiste de sa soeur obèse, Precious (Rusty Schwimmer), à Gainesville, une bourgade du fin fond de la Floride. Un homme rongé par une obsession peu banale : dompter un faucon.
Ce drame intimiste peut tout d’abord étonner : mise en scène quasi documentaire, prônant l’utilisation de la caméra portée, lumières peu travaillées, jusqu’à donner parfois l’impression que le réalisateur et son chef opérateur, Bobby Bukowski, se sont contentés de braquer un projecteur au visage des acteurs, le film se démarque d’emblée de par la nature de sa mise en scène, sous-découpée et sans artifice.

C’est ainsi que la première moitié du film peut sembler absconse au spectateur, même familier des films indépendants projetés lors du Festival de Sundance, tels que, récemment, Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris : toute en longueurs, elle expose paisiblement le quotidien bancal de cette famille peu ordinaire, quotidien ponctué par ce désir hors du commun de George, de dompter un magnifique faucon qu’il vient de capturer avec Fred. Pour lui-même, pour Fred, que l’animal semble captiver presque tout autant qu’il obsède George.
Une première moitié pendant laquelle le spectateur ne saura pas tellement décider de la direction dans laquelle le réalisateur souhaite le tirer. Une première moitié, pourtant chargée d’émotion et de sens, qui ne trouvera sa raison d’être que par le biais d’un événement tragique, brutal et violent, rappelant en cela le très beau Secret de Terabithia, dont le véritable propos ne trouvait finalement son sens que dans la douleur, la tragédie et la mort, arrachant à jamais le film du domaine de l’enfance. Il en va de même dans The Hawk Is Dying : l’obsession de George, dont on ne sait rien au départ, va trouver un écho douloureux dans l’inéluctable, obligeant dès lors l’homme à se surpasser, à aller au bout de ce qu’il a entrepris.

En cet instant, la symbolique du film, son rattachement au spirituel et au merveilleux, prennent toute leur valeur. La mise en scène chaotique devient indispensable, tant elle traduit à la perfection la souffrance de George, et évolue lentement, offrant au spectateur une poignée de plans sublimes, chargés de symboles et d’onirisme. Le tout, porté par des acteurs somptueusement imprégnés de leurs rôles, Paul Giamatti et Michael Pitt (qui avait déjà eu l’occasion de nous époustoufler dans le Last Days de Gus Van Sant) en tête, suivis de près, une fois n’est pas coutume, par Michelle Williams.
A noter que ce très beau film a été présenté en compétition officielle lors de l’édition 2006 du Festival de Sundance, où il a remporté le Grand Jury Prize.
The Hawk Is Dying - Dressé pour vivre, un film de Julian Goldberger, scénario de Julian Goldberger d’après le roman de Harry Crews.
Avec : Paul Giamatti (George Gattling), Michael Pitt (Fred), Michelle Williams (Betty) et Rusty Schwimmer (Precious).
Musique : Jonathan Goldberger.
Photographie : Bobby Bukowski.
Durée : 106 minutes.
Crédit photographique : Zootrope Films.
Cédric Le Men est un des rédacteurs Cinéma du magazine.
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C’est vrai que Giamatti n’est pas ce genre d’acteur dont on se souvient vraiment du nom… il m’a marqué dans SIDEWAYS et depuis, je le suis avec plaisir!
SysTooL
Vas y c’est le mec qui joue dans l’aut film tout pourri avec la sirène dans la piscine, film de bouffon oui !!
Pis j’aime pas les fimls ou il y a pas d’actions comme dans les chuck norris ou les don the dragon wilson.
Tu oublies tes classiques avec Michael Dudikoff ou jeff speakman. Voyons !
Comment comparer d’ailleurs ces acteurs sortis de l’Actors Studio au petit Paul Giamatti…
J’espère aujourd’hui leur avoir rendu justice. O_o
Signé un fan de Carbator,