Jupe courte et conséquences de Hervé Devolder
Par Delphine Kilhoffer • ven 1 août 2008 • Categorie: ThéâtreJusqu’au 13 septembre

D’abord, il y a le lieu, le Lucernaire : théâtre, cinéma, librairie spécialisée, organisateur de stages théâtraux, bar-resto… un lieu de culture et de rencontres comme on les aime, où l’on trébuche sur une bobine de film en faisant la queue pour aller voir une pièce. Ici, pas de cloisonnements étouffants, l’invitation est à la découverte et au dialogue, avec une programmation chargée (pas moins de huit pièces par jour réparties dans trois salles) qui laisse la part belle aux artistes talentueux en quête de public.
Ensuite, venons-en à la pièce, Jupe courte et conséquences. A Central Park, un homme lit tranquillement le New Yorker sur un banc. Lorsqu’une femme à la jupe courte et bien ajustée passe à portée de son regard, il ne peut s’empêcher de s’en mettre plein les yeux. Cela aurait pu en rester là, sauf que l’inconnue remarque son intérêt pour ses fesses et décide de lui demander de l’amour, et pas n’importe lequel : celui qui dure toujours.

A l’origine de Jupe courte et conséquences, il y a Hervé Devolder : non seulement il en a écrit le texte, mais il a assuré la mise en scène de la pièce et interprète habituellement le rôle masculin (joué, le soir où j’y suis allée, par Olivier Leymarie). Voilà donc quelqu’un qui n’a pas peur des défis, tant le théâtre repose sur le regard de l’autre et qu’il est difficile d’en contrôler tous les aspects seul. Le moins que l’on puisse dire est que, dans l’ensemble, il tire plutôt bien son épingle du jeu. Le texte est une mécanique aussi bien huilée que celle des pièces contemporaines américaines, qui savent si bien tirer sur chaque fil narratif et jouer des ressorts et revirements de situation. Beaucoup de répliques font mouches, et derrière la comédie, pointent des questions qui nous concernent tous sur le pourquoi du comment de ce qui déclenche l’amour et l’attirance pour un autre être.

Bien que je regrette, par pure curiosité, de ne pas avoir eu l’occasion de voir Hervé Devolder dans le rôle qu’il a lui-même écrit, je fus emballée par la prestation d’Olivier Leymarie. Subtil et habité, tout en écoute, le comédien sait aussi bien faire rire qu’émouvoir – on croit à chaque étape de ses états d’âme. En comparaison, le jeu de sa partenaire Stéphanie Caillol parait limité : elle semble traverser la pièce avec en tout et pour tout deux émotions à nous donner, rendant de ce fait son personnage trop monolithique pour être crédible. En cela, elle n’est guère aidée par la mise en scène, très statique, qui plombe un peu les comédiens plutôt que de les porter dans leur travail. Peut-être touchons-nous là à l’écueil de l’auteur-metteur en scène qui, en se privant d’un regard et d’un apport extérieur, limite à une vision unique et donc a priori moins riche son travail.
A l’arrivée, Jupe courte et conséquences est une comédie bien troussée et pas si bête, qui vous détendra tout autant, si ce n’est mieux, que bien des blockbusters qui sont jetés sur le marché en cette période estivale. Par contre, après l’avoir vue, vous risquez d’y réfléchir à deux fois avant d’aller vous installer pour bouquiner sur un banc public…
Jupe courte et conséquences de Hervé Devolder, mise en scène de Hervé Devolder, Théâtre Lucernaire.
Avec : Stéphanie Caillol et Olivier Leymarie
Delphine Kilhoffer est une des rédactrices Théâtre du magazine.
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je suis plutôt ravie d’habiter en province et de pouvoir continuer à lire sur un banc public ensoleillé sans y réfléchir à deux fois !
Méfie-toi, je ne pense pas que ce soit une question de ville mais plutôt de personnalité
“Jupe courte et conséquences est une comédie bien troussée”
Si c’est fait exprès elle est excellente, sinon, elle est hilarante.
Dans tous les cas je n’irai pas voir cette pièce, je n’aime pas les jupes courtes (et je suis superstitieux)
Bien sûr que c’était volontaire , je suis quasi vexée que tu te sois posé la question