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All’s Well That Ends Well de William Shakespeare

Par Delphine Kilhoffer • ven 15 août 2008 • Categorie: Théâtre

Jusqu’au 28 septembre

Appréciation de Otaku niveau 2

Bonne nouvelle : contrairement à certaines idées reçues, sur la côte ouest des Etats-Unis, la culture ne se limite pas aux grosses productions hollywoodiennes ou aux balancements de poitrine de Pamela Anderson. Par exemple, à San Diego, des amoureux de William Shakespeare ont construit The Old Globe, un théâtre dans le style du célèbre Globe de Londres, où l’illustre dramaturge montait toutes ses pièces. Dans cette très réussie structure de bois à ciel ouvert est organisé chaque année de début juin à fin septembre un festival Shakespeare. Trois pièces sont présentées en alternance par une troupe mélangeant professionnels aguerris et des acteurs en formation dans la section théâtre de l’université de San Diego.

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Cette année, on peut découvrir au Old Globe The Merry Wives of Windsor, Romeo and Juliet et All’s Well That Ends Well (Tout est bien qui finit bien) : c’est cette dernière production que j’ai eu l’occasion de voir. Un choix intéressant que cette pièce, car cette comédie enlevée est rarement montée. W. Shakespeare nous y conte les mésaventures d’Helena, fille de docteur élevée par la comtesse de Roussillon, qui est amoureuse du fils de cette dernière, Bertram. Si la comtesse donne son aval à cette union, Bertram, lui ne veut rien entendre, car malgré le charme et l’intelligence d’Helena, il se refuse à se marier à quelqu’un qui lui est inférieur par la classe. Bien sûr, la jeune femme a de la ressource et il ne va pas lui échapper si facilement…

La mise en scène de Darko Tresnjak est redoutablement efficace : tout en utilisant des décors et des costumes d’époque, il saupoudre l’ensemble d’habiles clins d’œil modernes, tel ce vendeur de reproductions du célèbre David qui circule non loin des protagonistes alors que ceux-ci parlent de sexe au détour d’une rue florentine. D. Tresnjak joue avec bonheur de l’espace supplémentaire qu’offre la mezzanine au-dessus du plateau scénique (à l’époque de Shakespeare, cette mezzanine était réservée au plus riches des spectateurs qui venaient pour se montrer et non pour regarder les pièces). Clairement, sa direction est là avant tout pour mettre en relief l’excellent travail des comédiens, et s’assurer que le spectateur s’amuse du début à la fin – un pari réussi.

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L’ensemble de la troupe est tout simplement épatant. Le texte shakespearien coule comme une musique claire et maîtrisée, les émotions vibrent et le plaisir d’être en scène est bien présent. Des acteurs les plus expérimentés (Kandis Chappell, James R. Winker) aux étudiants en fin de formation (Kimberly Parker Green), il n’y a pas de fausses notes, on croit en chacun d’eux.

Un professeur de théâtre de ma connaissance disait qu’un bon comédien doit savoir se faire comprendre dans une langue étrangère grâce à la justesse de son jeu. Même si je connaissais Tout est bien qui finit bien, je ne parle pas couramment l’anglais du XVIIe siècle, mais ce professeur avait raison : même si certaines formulations nous échappent, quand l’émotion et l’intention sont justes, tout passe. Alors que cela soit à Londres, à Paris ou dans la douceur d’une nuit d’été californienne, W. Shakespeare prouve encore qu’il est un des plus grands dramaturges de tous les temps – bref, tout est bien qui finit bien !

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All’s Well That Ends Wells de William Shakespeare, mise en scène de Darko Tresnjak, 2008 Summer Shakespeare Festival, The Old Globe, San Diego, Californie.
Avec : Kimberly Parker Green (Helena), Graham Hamilton (Bertram), Kandis Chappell (Comtesse de Rossillion), James R. Winker (le roi de France)

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Delphine Kilhoffer est une des rédactrices Théâtre du magazine.
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