culturofil_header.jpg

Love Gourou de Marco Schnabel

Par Cédric Le Men • mer 10 sept 2008 • Categorie: Cinéma

Sortie le 17 septembre 2008

Image_cedric_2

Après une longue absence à l’écran, Mike Myers nous revient enfin dans une nouvelle comédie. En effet, hormis son inimitable talent de doubleur – n’en déplaise à Alain Chabat – du monstre verdâtre le plus dégoûtant que le monde du conte de fées ait jamais connu, j’ai nommé Shrek, le sympathique Canadien n’avait plus montré son visage rigolard depuis le troisième épisode des aventures d’Austin Powers, Austin Powers dans Goldmember. En attendant le quatrième volet de l’agent secret obsédé sexuel1 et, surtout, en attendant Inglorious Bastards2, prochain film de Quentin Tarantino, nous le retrouvons ici dans The Love Guru, de Marco Schnabel, déjà assistant-réalisateur de Austin Powers dans Goldmember.

Pas facile de jouer du Metallica dans cet accoutrement...

C’est en 1989 que Mike Myers fait ses débuts au sein de l’équipe du Saturday Night Live, émission comique malheureusement inconnue chez nous (du moins, avant l’apparition de Youtube et la chaîne Comédie!), mais célèbre outre-Atlantique tant pour la qualité de son contenu que pour les stars qu’elle a permis de révéler. Jugez en par vous-mêmes : Dan Aykroyd, John Belushi, Will Ferrell, Bill Murray, Dana Carvey3, Eddie Murphy, Joan Cusack, Adam Sandler, Chris Rock, Ben Stiller, Billy Crystal, Andy Kaufman, Jim Carrey ou encore Patrick Swayze ne sont qu’une petite partie de l’immense vivier de comédiens que le show aura permis de lancer.

L’émission n’étant pas diffusée chez nous à l’époque, c’est donc en 1992 que nous découvrons Mike Myers, dans un film qu’il a aussi écrit. Un film complètement décalé, déjanté, jouant sur un registre d’humour plutôt inhabituel. Son couple de héros, deux nerds imbéciles, fans de « Hard Rock », cheveux longs et airs absents, fait tache dans le panorama cinématographique de l’époque, et bien des parents auront du mal à comprendre l’engouement de leurs enfants à aller voir et revoir ce film événement, parfaitement générationnel, et tout simplement génial : Wayne’s World, réalisé par Penelope Spheeris. L’acteur était né, le mythe était créé.

Tiens chéri, je t'ai apporté ton plateau repas.

Dans Love Gourou, Mike Myers interprète donc le Gourou Pitka, deuxième gourou le plus connu du monde, après Deepak Chopra4, avec lequel il a été formé par le Gourou Tugginmypudha. Il est contacté par la belle Jane Bullard, propriétaire de la célèbre équipe de hockey sur glace des Mapple Leafs de Toronto, afin d’aider leur joueur star, Darren Roanoke, à reconquérir le cœur de sa femme Prudence. Celle-ci l’a en effet quitté pour Jacques Grande, gardien des L.A. Kings et nemesis de Darren. Un contrat qui permettra à Roanoke de retrouver son meilleur niveau, et ainsi, de permettre aux Mapple Leafs de remporter la Stanley Cup tant convoitée. Pour Pitka, il s’agit surtout d’un aller direct pour son rêve de toujours : être l’invité du célèbre talk show d’Oprah Winfrey et ainsi, devenir le plus célèbre des Gourous !

Une fois de plus, le délire est donc au rendez-vous. Mike Myers n’hésite d’ailleurs pas à reprendre la recette du succès de ses précédents films : un personnage charismatique, obsédé et un tantinet crétin, une jolie fille, et son comparse désormais inévitable, le nain qui interprétait Mini-Moi dans la série des Austin Powers, Verne Troyer. Et c’est peut-être une fois de trop. Si on rit franchement à certains gags, il faut bien avouer que tout ça sent le réchauffé. Mike Myers fait du Mike Myers, on ne peut pas le lui reprocher, mais il finit par s’embourber dans ses propres personnages. On a du coup l’impression de regarder un Austin Powers 4, dans lequel l’agent secret se serait déguisé en gourou. Ca n’est pas forcément grave et ceux qui ne connaissent pas le travail de Mike Myers pourront sans aucun doute y trouver leur compte de crises de fou rire. Mais pour ceux qui auront grandi avec le souvenir du personnage de Wayne, il est fort probable que les blagues et les mimiques du bonhomme finissent par lasser quelque peu.

Jessica Alba.

Ce constat nostalgique et quelque peu passéiste étant fait, on reste devant un divertissement rondement mené. Les acteurs, en particulier Justin Timberlake, étonnent par leur capacité à s’auto-parodier, et en plus des habituels hommages musicaux si chers à Mike Myers (la fameuse scène de headbanging sur Bohemian Rhapsody du groupe Queen ainsi que la présence d’Alice Cooper dans Wayne’s World, ou celle d’Aerosmith dans sa suite, ou encore le cameo de Burt Bacharach dans le premier Austin Powers), on sent de sa part une volonté de rendre hommage à un cinéma qu’il adore : le cinéma indien et ses productions dites « Bollywood »5. Il reprend donc à quelques moments plutôt bien sentis les codes du cinéma indien (chant et danse) et en fait des moments de franche rigolade.

Si la photographie de Peter Deming (déjà chargé de ce poste sur Austin Powers dans Goldmember mais aussi, et surtout, sur Lost Highway ou The Jacket) est terriblement efficace – les très beaux décors et la magnifique plastique de Jessica Alba et de Meagan Good facilitant à n’en pas douter le travail… – on ne peut malheureusement pas en dire autant du travail du compositeur George S. Clinton, pourtant habitué des comédies débiles puisqu’il était chargé du score de Harold & Kumar Escape From Guantanamo Bay et Big Mamma 2. Il faut savoir que le film possède une bande originale, tant celle-ci est parfaitement inaudible et sans grand intérêt.

Quelques grammes de gigantisme dans un monde de nains...

Le mot de la fin reviendra à Verne Troyer, qui interprète dans ce film le coach de l’équipe, puisque, malgré lui, il est l’auteur d’une des répliques les plus drôles du film. Réplique qui n’en fait pourtant pas vraiment partie, mais que les monteurs ont eu la brillante idée d’inclure au générique de fin. Le film, déjà fort amusant malgré les quelques réserves qu’une âme de fan obligent à émettre, n’en sort que grandi.

Et venant d’un nain, ça n’est pas banal !

Love Gourou (The Love Guru), un film de Marco Schnabel, scénario de Mike Myers et Graham Gordy.
Avec : Mike Myers (le gourou Pitka), Jessica Alba (Jane Bullard), Justin Timberlake (Jacques Grande), Romany Malco (Darren Roanoke) et Verne Troyer (Coach Cherkov).
Musique : George S. Clinton.
Photographie : Peter Deming.
Durée : 105 minutes.
Crédit photographique : Allociné et Paramount Pictures France.

  1. Prévu pour 2009, si tout se passe bien…[]
  2. Il y apparaîtra aux côtés de Brad Pitt et Diane Kruger.[]
  3. Comparse abruti et amateur de batterie de Wayne dans Wayne’s World, toujours avec Mike Myers.[]
  4. Médecin et auteur d’origine indienne, installé aux États-Unis. Son travail se base sur l’Ayurvéda et est inspiré par l’hindouisme et la Bhagavad-Gîtâ. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les thèmes de la spiritualité et de la médecine non conventionnelle. Il a été classé parmi les cent personnalités les plus marquantes du siècle par le magazine Time.[]
  5. Mike Myers a toujours déclaré qu’il accepterait sans hésiter de jouer dans un film « Bollywood ».[]
Tagué comme: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Cédric Le Men est un des rédacteurs Cinéma du magazine.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Cédric Le Men

Une Réponse »

  1. [...] de télévision et vivier de comédiens que nous avons déjà évoquée dans notre article sur Love Gourou de Mario Schnabel, avec Mike [...]

Laisser une réponse