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Le Royaume Interdit de Rob Minkoff

Par Cédric Le Men • mer 17 sept 2008 • Categorie: Cinéma

Sortie prévue le 24 septembre 2008

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour les fans du genre, un film réunissant Jackie Chan et Jet Li, deux des figures les plus emblématiques et les plus durables du cinéma d’exploitation hong-kongais, était a priori un film béni des dieux. Malheureusement, le fan en question ne tardera pas à découvrir que c’est sous la direction de Rob Minkoff, sympathique faiseur s’il en est mais réalisateur peu inspiré, que les deux icônes du cinéma dit « de kung-fu » seront réunies pour la première fois. Et pourtant…

Hihi Jet, je vais te rattraper !

Rob Minkoff, c’est avant toute chose un talentueux animateur ayant fait ses armes sur des projets aussi célèbres que Basil Détective Privé, La Petite Sirène ou encore La Belle et la Bête, avant de co-réaliser (avec Roger Allers) l’un des plus beaux films Disney « nouvelle époque » : Le Roi Lion en 1994. Couronné de succès, il attendra cependant 5 ans avant de livrer son premier long métrage live en solo : Stuart Little.

Sa suite, Stuart Little 2 en 2002, ainsi que Le Manoir Hanté et les 999 Fantômes un an plus tard, s’ils ne marqueront pas l’Histoire du Cinéma d’une empreinte indélébile, confirmeront au moins, si besoin était, cette opiniâtre volonté du réalisateur à s’ancrer dans le domaine du film familial. Le Royaume Interdit ne déroge pas à la règle, même si cette fois-ci, Rob Minkoff explore un genre auquel il ne nous avait pas habitués.

Plus fort que la Wii Fit, Jet Li fait ses abdos du matin !

Le « film de Kung-Fu » est un terme galvaudé, désignant au final une considérable variété de sous-genres du cinéma d’exploitation asiatique (Wu Xia Pian et Kung Fu Pian chinois, Chambara japonais… pour ne citer qu’eux) popularisés dans les années 70 grâce, notamment, aux films produits par la firme hong-kongaise Shaw Brothers (dont le catalogue compte plusieurs centaines de films entre 1952 et 2003, parmi lesquels L’Hirondelle d’Or de King Hu, La Rage du Tigre et Le Justicier de Shangaï de Chang Cheh, La Main de Fer de Cheng Chang-Ho ou encore La 36e chambre de Shaolin de Liu Chia-liang, pour ne citer que parmi les plus célèbres), ainsi que, bien sûr, par les légendaires Bruce Lee et Jackie Chan.

Jet Li se fera quant à lui connaître un peu plus tardivement, grâce à la la saga Il Était une fois en Chine d’un certain Tsui Hark, alors méconnu et passé depuis à la postérité. Hollywood lui fera très vite les yeux doux et c’est ainsi qu’il apparaîtra en 1998 dans l’insipide L’Arme Fatale 4 de Richard Donner, tandis que la même année, Jackie Chan signera son premier gros succès américain en tournant sous la direction de Brett Ratner dans Rush Hour.

Pfiouh... pas facile de jouer les jeux interdits sur cette drôle de guitare...

C’est ainsi que les deux acteurs, voguant de francs succès commerciaux en échecs critiques, se sont retrouvés sur le projet initié par le scénariste John Fusco : grand passionné de cinéma d’arts martiaux, il avait pour habitude de raconter des histoires liés à la mythologie chinoise, telle que décrite dans ses films de prédilection, pour endormir son fils. Des histoires dont les personnages ne sont autres de l’Hirondelle d’Or (personnage initialement interprété par l’actrice Cheng Pei-Pei, que l’on a pu retrouver récemment dans le Tigre et Dragon d’Ang Lee), La Mariée aux Cheveux Blancs (du film éponyme de Ronny Yu) et, donc, le Roi Singe (personnage légendaire, tiré d’un roman du seizième siècle écrit par Wu Cheng’en, et adapté au cinéma en 1994 par Jeffrey Lau).

Des personnages que l’on retrouve en toute logique dans Le Royaume Interdit, dans un somptueux « gloubi-boulga » que l’ami Casimir n’aurait pas renié, aux côtés d’autres figures emblématiques telles le drunken master ou le moine shaolin ; Dans un scénario qui embrasse volontairement tous les clichés du genre, en les mariant sans grande finesse, mais avec une efficacité indéniable, à des références typiquement occidentales, telles que Le Seigneur des Anneaux pour certains décors, Karaté Kid pour la relation maître-élève ou encore L’Histoire Sans Fin pour sa structure et son final.

Techniquement, le film est par ailleurs irréprochable : les combats, dirigés et chorégraphiés par Yuen Woo-ping, chorégraphe/réalisateur célèbre pour son travail sur la saga Matrix de Larry et Andy Wachowski, sont de toute beauté, comme à l’accoutumée, bien que très « propres » (nous sommes bien loin de la violence d’un Ong Bak, par exemple). La photographie, signée par Peter Pau, ne sombre jamais dans l’agression visuelle des derniers films de Zhang Yimou (Le Secret des Poignards Volants, La Cité interdite…) et penche plutôt vers la contemplation poétique d’une chine médiévale fantasmée. Reste la musique de David Buckley, qui, en bon élève de Harry Gregson-Williams, tend à ruer dans les brancards sans laisser le temps de souffler au spectateur, même lors de séquences qui auraient aspiré à un peu plus de légèreté.

Faut que je pense à assassiner mon coiffeur, il a complètement foiré ma couleur !!!

Le Royaume Interdit est donc un film qui, à l’instar des autres oeuvres de Rob Minkoff, ne laissera pas un souvenir impérissable au spectateur. Pourtant, il faut bien avouer que l’on prend un plaisir parfois coupable, mais certain, à assister à ce divertissement rondement mené, ponctué de séquences très drôles et de scènes d’actions pleines d’énergie. Car malgré ses 54 ans, Jackie Chan fait encore la démonstration de la maîtrise de son art, face à un Jet Li lui aussi impressionnant.

Et les splendides Liu Yifei et Li Bingbing, deux valeurs montantes du cinéma chinois, n’ont absolument rien à envier à nos plus grandes stars, qu’on se le dise !

Le Royaume Interdit (The Forbidden Kingdom), un film de Rob Minkoff, scénario de John Fusco.
Avec : Jackie Chan (Lu Yan et Old Hop), Jet Li (Le Moine Silencieux et Le Roi Singe), Michael Angarano (Jason Tripitikas), Liu Yifei (Moineau d’Or), Collin Chou (Le Guerrier de Jade) et Li Bingbing (La Diablesse aux Cheveux Blancs).
Musique : David Buckley.
Photographie : Peter Pau.
Durée : 97 minutes.
Crédit photographique : TFM Distribution.

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Cédric Le Men est un des rédacteurs Cinéma du magazine.
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2 Réponses »

  1. Quand Jackie Chan rencontre Jet Li sur le grand écran, le Kung Fu est à l’honneur !

    Inédit dans l’histoire du ciné Kung Fu, les deux plus grandes stars d’arts martiaux chinois du moment seront à l’affiche à compter du 24 septembre 2008.

    A cette occasion, La Fédération de Wushu et Sanda, partenaire officiel du film en France, offre une séance d’initiation dans le club affilié le plus proche de votre salle de cinéma sur simple présentation de votre ticket d’entrée.

  2. j’ai envie de dire : “laule”

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