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La légende de Zatoichi : le coffret de la rencontre Misumi / Katsu

Par Boeb'is • mar 23 sept 2008 • Categorie: Dvd / Blu-ray

Sorti le 23 juillet 2008

« Inutile d’insister, ça ne sert à rien. Tu dis que tu veux quitter le milieu, mais l’instant d’après ton sabre fend l’air et l’odeur du sang se répand. La tristesse pèse sur tes épaules »

Les paroles de la chanson qui introduit La route sanglante résument très bien le personnage de Zatoichi. Un maître du katana, aveugle et pourtant quasi invincible, mais surtout un vagabond triste et solitaire qui ère dans le Japon du XIXe siècle. Il a beau sauver la veuve et l’orphelin à tour de bras, défendre les innocents contre les gangs de yakuzas, il se retrouve immanquablement seul à la fin de chaque épisode.

Image de La Route sanglante

Wild Side a commencé à éditer la série Zatoichi en 2004 en surfant sur la sortie d’un remake signé Takeshi Kitano et a depuis sorti 14 films de la série en DVD. Un nombre impressionnant mais qui ne donne pourtant qu’un aperçu de la série japonaise : 26 longs métrages et une série télé de 112 épisodes d’une heure. Luke Skywalker et Zorro peuvent rengainer leurs sabres! Après une édition par titre puis un coffret intégral, Wild Side a rassemblé ces DVD en trois coffrets, dont le premier s’intitule La rencontre Kenji Misumi et rassemble les six films réalisés par Kenji Misumi entre 1962 (le tout premier de la série) et 1970. Nous n’avons malheureusement eu à notre disposition que quatre des six films de ce coffret.

L’intrigue est à chaque fois construite rigoureusement de la même manière. Zatoichi se sent redevable envers une personne fragile (concrètement, une femme ou un enfant) et tente de l’aider envers et contre tout. S’en suit un voyage plein d’aventures et de combats, le tout teinté d’un peu d’humour et de mélodrame, avec en prime un yakuza charismatique déchu en guise de grand méchant. Le film se conclu en général par un de duel sans merci, suivi d’un semi happy end. Les vilains sont certes vaincus et les gentils récompensés, mais Zatoichi repart seul et triste, sa canne épée en guise de seul compagnon, incapable de se fixer nulle part.

Image de La Route sanglante

Les films se suivent et se ressemblent mais ce n’est pas là un défaut ; c’est le parti pris de toute série conçue pour pouvoir être regardée dans le désordre. Rapidement, on prend au contraire plaisir à savourer à l’avance les éléments récurrents. Chaque film permet de mettre en avant un aspect particulier du caractère complexe de Zatoichi : charitable jusqu’à l’absurde, mais aussi orgueilleux, joueur et roublard ; risquant sa vie pour une noble cause mais prêt à tuer pour de l’argent ; solitaire et mystérieux, mais souvent doux et affectueux avec les enfants ; menant une vie d’abstinence mais plus d’une fois amoureux. On est donc très loin d’un héros lisse et sans saveur.

Les films sont également servis par une distribution de qualité, en commençant par Shintaro Katsu dont l’image se confond avec Zatoichi. Les seconds rôles ne sont pas en reste avec des yakuzas sombres et inquiétants et des femmes moins potiches qu’elles n’en ont l’air au premier abord. La mise en scène est assez magistrale, notamment lors des combats, d’une rare densité et pourtant d’une violence sobre puisqu’on n’aperçoit jamais une goûte de sang. Misumi s’illustre aussi dans de jolies idées de mise en scène de l’ouïe exceptionnelle de Zatoichi.

Sur les quatre films que nous avons pu voir, Les Tambours de la colère et La Route sanglante se détachent du lot. Difficile de crier aux chefs-d’œuvre car chaque film pris indépendamment reste au final assez conventionnel, mais pourtant l’ensemble dégage une force certaine. Un juste et rare équilibre a été trouvé entre grande saga populaire commerciale, pleine d’action et de sentiments, de héros et de grands méchants, et un regard assez personnel sur la nature humaine : sombre et trouble, et surtout marquée par la tristesse continue et attachante du yakuza aveugle.

Chaque film est précédé d’une courte introduction par le réalisateur Takashi Miike qui avait mis en scène un Zatoichi pour le théâtre. Parfois un peu décousu et anecdotique, cela reste un bonus plutôt sympatique.

Coffret la légende de Zatoichi, la rencontre Kenji Misumi / Shintaro Katsu

La légende de Zatoichi Vol.1 : La Rencontre Kenji Misumi / Shintaro Katsu, réalisations de Kenji Misumi.
Japon, couleurs et noir et blanc, Masters restaurés - 2.35, 16/9e comp. 4/3, versions originale sous-titrée en français, japonais mono, Édité par Wild Side.
Édition DVD testée sur Samsung Full HD LE40F71B et Philips Home Cinema HTS6510.
Crédit photographique : Wild Side.

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Boeb'is est un des rédacteurs DVD du magazine.
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2 Réponses »

  1. yakuza aveugle.
    J’ai trouvé ceci dans l’article:
    Yakusa signifie perdant en Japonais,concernant Zatoichi le terme de Ronin (Samouraï sans maitre)me semble plus approprié
    Merci

  2. en effet, tu as raison, et en plus je ne le dit pas qu’une fois. On ne peut pas éditer les articles publiés sur culturofil… mais merci de la remarque!

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