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Une Histoire de Famille de Helen Hunt

Par Cédric Le Men • mer 1 oct 2008 • Categorie: Cinéma

Sortie prévue le 1er octobre 2008

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La loi des séries fait rage ! Après notre spécial « films adaptés du cinéma asiatique » il y a deux semaines avec l’article paru sur Mirrors d’Alexandre Aja, voici donc un numéro consacré aux « films d’acteurs ». Et la grande gagnante de cette semaine, après Dany Boon et ses Ch’tis, Madonna, ses Obscénités et ses Vertus, Ben Affleck avec Gone Baby Gone et avant Ed Harris pour l’attendu Appaloosa, n’est autre qu’Helen Hunt, qui nous arrive toute fraîche avec un drame romantique sous le bras.

Ah tiens, Bette Midler aussi veut voir le prochain James Bond en exclu !

Adapté du roman And Then She Found Me (qui est aussi le titre original du film) d’Elinor Lipman, Une Histoire de Famille met en scène une femme presque quadragénaire en pleine crise, qui, coup sur coup, se fait quitter par son mari et perd sa mère. Rien de folichon quand on sait qu’en plus de ça, son besoin d’avoir un enfant se fait de plus en plus pressant… C’est alors qu’elle rencontre Frank, un père de famille qui se reconstruit lui aussi lentement après le départ de sa femme.

Tout d’abord achetés par Sigourney Weaver, les droits du livre sont restés pendant plusieurs années sans trouver un réalisateur pour se lancer dans l’aventure. Helen Hunt a rapidement fait part de son intérêt pour le script, sans pour autant parvenir à s’en emparer, et ce pendant près de dix ans. Ce n’est qu’après 1998, année où elle remporta l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle aux côtés du grand Jack Nicholson dans Pour le pire et pour le meilleur de James L. Brooks, qu’elle parviendra, auréolée de succès, à acquérir les droits du roman.

Alors, vas-y, devine… à quel numéro je pense entre un et douze ? - Euuuuuuuh, dix-sept !

Toutefois, la tâche n’était pas si simple et il faudra encore dix années de travail à Helen Hunt pour finalement mettre le projet dans la boîte. Autant d’années passées à réécrire le scénario pour le faire correspondre à l’interprétation de l’actrice, qui souhaitait approfondir certaines thématiques que le livre n’abordait pas, et notamment les relations de son personnage principal, April, avec les hommes. Enfin, plus le temps passait, plus il semblait inévitable à Helen Hunt que, pour que le projet lui corresponde totalement, il lui faudrait le réaliser elle-même. C’est donc forte de son expérience de réalisatrice sur sa série Dingue de toi qu’elle va se lancer dans l’aventure.

Du point de vue de la réalisation, il semblerait qu’Helen Hunt se soit bien entourée, car, sans révolutionner quoi que ce soit, le film est correctement mis en scène, et la direction d’acteurs est impeccable – il s’agit généralement de la qualité la plus courante dans les films mis en scène par des acteurs. Le travail du chef-opérateur Peter Donahue, pourtant méconnu, est irréprochable, très naturel, voire naturaliste.

Une Histoire de Famille, un films sponsorisé par Labello.

Du côté des acteurs, on retrouve avec plaisir Colin Firth dans un rôle qui prend le reste de sa carrière à contre-pied, et on est bien loin de l’anglais propre sur lui du Journal de Bridget Jones où de l’écrivain romantique du fabuleux Love Actually de Richard Curtis. Il interprète ici le rôle d’un homme brisé, que l’amour va surprendre malgré lui, ce qu’il aura bien du mal à accepter. Côté déception, on retrouvera aussi Matthew Broderick, dans un rôle sans saveur car trop expédié pour véritablement importer ou inquiéter. Dommage, on aurait aimé oublier sa lamentable prestation dans Inspecteur Gadget. Heureusement, c’est du côté de Bette Midler que le film va se jouer, puisqu’elle y interprète finalement le rôle le plus intéressant, et de loin : une animatrice de talk-show qui a fait du mensonge un sacerdoce et qui s’efforce comme elle le peut de se rapprocher de sa fille, qu’elle a abandonné alors qu’elle était bébé.

Au-delà du plaisir de revoir la pétillante Bette Midler au cinéma – elle n’y faisait dernièrement que quelques furtives apparitions, notamment dans Et l’homme créa la femme de Frank Oz – l’actrice et chanteuse révélée au cinéma par The Rose en 1979 étonne par la fragilité sous-jacente qu’elle parvient à insuffler à son personnage, là où on s’attend, de par sa position, à une femme forte et sûre d’elle-même.

Excentricité de stars : Colin Firth et Helen Hunt aiment bien se frotter le bout du nez.

On ne peut donc pas dire que ce film ne soit pas réussi. Le fait est qu’il est correctement maîtrisé, surtout si l’on considère qu’il s’agit d’un film d’acteur, et un premier film qui plus est. Le problème est finalement plus simple que ça : le film ne s’adresse qu’à une portion relativement fort réduite de spectateurs. En schématisant au maximum, tous les spectateurs n’étant pas, à l’image de l’héroïne, des femmes quadragénaires, célibataires et sans enfant (et en mal de maternité), vont fatalement passer à côté du film.

Et compter sérieusement les minutes, à défaut des moutons.

Une Histoire de Famille (And Then She Found Me), un film de Helen Hunt, scénario de Alice Arlen, Victor Levin et Helen Hunt d’après le roman d’Elinor Lipman.
Avec : Helen Hunt (April Epner), Colin Firth (Frank), Bette Midler (Bernice Graves) et Matthew Broderick (Benjamin Green).
Musique : David Mansfield.
Photographie : Peter Donahue.
Durée : 100 minutes.
Crédit photographique : SND.

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Cédric Le Men est un des rédacteurs Cinéma du magazine.
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