Première soirée du Fargo All Stars - Une éclatante confirmation et une certaine déception
Par Thierry The Civil Servant • jeu 9 oct 2008 • Categorie: MusiqueConcert du 6 octobre 2008 à La Cigale
Une salle pleine et heureuse, en général ça signifie quelque chose : le show est réussi. Alors à cette aune, on ne peut que s’incliner devant la réussite de la première soirée de la troisième édition du Fargo All Stars. Du reste, la salle debout à l’issue du gig de Joseph Arthur, ou encore la masse agglutinée à l’entrée autour de Jesse Sykes venue rencontrer ses fans, en sont deux autres preuves. Et c’est une foule repue de folk, de folk-rock et de rock’n'roll qui se déversait sur les trottoirs du Boulevard Rochechouart et se dirigeait vers le métro Anvers ou Pigalle.
Mais avant cette conclusion aux alentours de 23 heures 15, trois artistes s’étaient succédés sur la scène de La Cigale.
Le premier d’entre eux, Olle Nyman, inconnu pour moi (et sans doute pour nombre de mes homologues hier soir) a investi la scène fort d’une guitare sèche, de deux musiciens additionnels (pas de batterie) et d’une manifeste envie de bien faire. Durant une trentaine de minutes, le blond suédois a essayé de convaincre la salle que son folk légèrement mâtiné de soul est susceptible d’être plus que la nième resucée de l’actuel revival folk-rock. Ce qu’il ne parvint à faire qu’en de trop rares moments (Heart and Soul), sans pour autant lasser le public. Un excellent préparateur à ce qui allait suivre.
C’est alors qu’on allait assister aux deux temps forts de la soirée avec les passages successifs de Jesse Sykes and the Sweet Hereafter, dont le concert fut une pure merveille et de Joseph Arthur and the Lonely Astronauts pour lequel mon compliment est plus parcimonieux. Mais prenons-les dans l’ordre.

Venue défendre son dernier album1 avec quelques incursions dans le précédent2, Jesse Sykes va tout au long du concert entraîner le public sur les chemins de traverse qu’elle emprunte pour donner du rock à son folk, l’air de ne pas y toucher. Sérieuse (elle ne sourira qu’en de rares moments), concentrée, comme visitée, elle s’appuie sur une rythmique toute en retenue qu’elle potentialise avec ses accords simples mais évidents, et pose sa voix un peu chuintée et aérienne. Sur le coté de la scène, un duo de cordes l’accompagne sur quelques morceaux ; mais « l’homme du match » est sans conteste son lead guitariste, cheveux plaqués sur les yeux (comment voit-il ses cordes ?) qui trouve d’emblée la juste carburation. Là, où, on le verra, les Astronauts de Joseph Arthur, en firent un peu trop, l’homme tient sa guitare comme un Cochise domptant un cheval fougueux, lâchant la bride lorsqu’il le faut et calmant la bête dès que celle-ci est au bord de la rupture. Un jeu tout en émotion, en interventions qui jamais ne sont superfétatoires, une couche de rock’n'roll americana sur le diamant des mélodies Sykesiennes. Le sommet est peut être atteint à cet égard avec Station Grey. Le concert passe vite, trop vite, hélas sans rappel et alors que Jesse Sykes en un geste délicat, récupère ses lunettes de vue et son sac à main, on se prend à penser que Cat Power pourrait bien avoir trouvé à qui parler.

Ils entrent ensuite sur la scène ; il est coiffé d’un petit chapeau un peu ridicule (genre gondolier, le bandana en moins ; il l’abandonnera au bout d’un moment), une blonde, dont le sourire découvre une dentition dont un cheval ne voudrait pas, prend la lead guitare, une brune sautillante, à l’épaule gauche joliment tatouée, se saisit de sa basse et un jeune type, auquel on serait prêt à accrocher un cartable d’écolier dans le dos tant il fait juvénile, attrape la rythmique. Et c’est parti. Pour une heure d’un rock’n'roll qui manifestement se cherche encore. Je ne suis pas de ceux qui considèrent que Joseph Arthur, artiste polymorphe, fait nécessairement fausse route en s’enfonçant actuellement dans un rock « stonien »; au contraire même, pourrait-on estimer que cette capacité à n’être pas là où on l’attend est en général l’apanage des grands. Non, en fait, si le bât a un peu blessé à la Cigale, c’est que, contrairement à Jesse Sykes, les moments où le groupe de Joseph Arthur a su donner une vraie ampleur à ses compositions ont été trop peu nombreux. Le plus souvent, hélas, et même s’ils ne faisaient pas tant de bruit que ça, leur volonté de faire monter la tension, à mesure que s’avançait la chanson, s’est apparentée à la charge de la lourde brigade. Il y eut de belles exceptions (Temporary People, Say Goodbye, sans doute deux ou trois autres), mais elles confirmèrent la règle qui prévalait dans ce concert : la forme avait avalé le fond. Et dans ce numéro d’équilibriste, il est à craindre que Joseph Arthur n’ait pas convaincu ses fans les plus transis.
Toutefois, et l’on en revient au début de cette chronique, le public dans sa très grande majorité a, me semble-t-il, bien apprécié le set, et les musiciens paraissaient eux aussi heureux de leur soirée.
Alors au total ?
Fargo a réussi sa soirée. Ne serait-ce que parce que les artistes en question n’envahissent pas nos scènes tous les jours. Et puis au bout du compte, une déception et une éclatante confirmation, ça fait un juste équilibre, non ? Ah, si vous souhaitez voir Jesse Sykes et Joseph Arthur, ils seront à Rennes le 10 octobre et à Alençon le 11 octobre.
Festival Fargo All Stars, en tournée en France le 11 octobre à la Luciole (Alençon), le 13 octobre à la Maroquinerie (Paris) et le 15 octobre à l’Austrasique (Nancy).
Crédit photographique : Thierry The Civil Servant.
Thierry The Civil Servant est un des rédacteurs Musique du magazine.
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Ce que tu dis du concert d’Arthur traduit bien ce que j’ai ressenti à l’écoute de ce dernier album pas déplaisant mais manquant un peu d’âme (surtout pas rapport à ce qu’il publiait il y a cinq ou six ans).
Quelle chronique musicale étrange… “il est coiffé d’un petit chapeau un peu ridicule (genre gondolier)”, moi je dirais plutôt un chapeau Dylanesque ; “une blonde, dont le sourire découvre une dentition dont un cheval ne voudrait pas,” ça c’est de la review musicale, bravo! ;”une heure d’un rock’n’roll qui manifestement se cherche encore”, c’est marrant ça, je n’ai jamais eu autant l’impression que tout le groupe était au top; “il est à craindre que Joseph Arthur n’ait pas convaincu ses fans les plus transis”, demande-leur… moi, il m’a convaincu. Je préfère le joseph Arthur de 2002/ 2005 mais au moins on ne peux pas lui reprocher de faire tout le temps la même chose, c’est sans doute un artiste TROP prolifique, qui qui veut tentrer TROP de chose, on ne comprend pas toujours où il veut en venir… mais on ressent toujours quelques chose de différent…
A Thom : Attention, entendons nous bien, je ne suis pas de ceux qui disent qu’il n’aurait pas dû effectuer le virage qu’il a pris. De ce point de vue, je suis assez d’accord avec ce que dis ThierryJ (d’ailleurs pourquoi j’y reviens bordel, je suis con moi, je l’ai écrit dans l’article). Non c’est juste que ce concert m’a laissé une impression un peu étrange.
A ThierryJ : et voilà la transistion avec Thom, Etrange. Le concert m’a laissé une étrange impression, c’est sans doute pour ça que cette chronique musicale est étrange. Bon je reviens ni sur le chaperau (après tout qu’il soit dylanesque n’interdit pas qu’il soit ridicule), ni sur la dentition, même si je postule que toutes les impressions que tu retires d’un concert sont le concert. Parfois, des années plus tard, tu t’aperçois que d’un gig tu n’a retenu que ça, la guitare de l’un, les lunettes noires de l’autre, une robe blanche, une voix, un solo, un morceau… Pour JA, me restera dans son rappel, le deuxième morceau qu’il a joué (mais je ne me souviens plus lequel c’était) ou là, il a tutoyé les sommets (putain que cette expression est creuse). Pour le reste, je persiste à penser que c’était un concert le cul entre deux chaises. Mais tu sais je crois (à l’écoute de ce qui se disait à la sortie de La Cigale) que les avis étaient très partagés sur son show. D’ailleurs, dans les commentaires que j’ai eu sur le très court article que j’ai posé chez moi après le concert, il y a un type qui est autrement plus violent que moi, qui, je crois, laisse la porte ouverte.
A vous deux
A bientôt
Mais bon sang on croit rêver!!!
Dire que le point fort était Jessie Sykes et que olle Nyman n’a réussi que de rares fois à convaincre la Cigale est d’une mauvaise fois édifiante!!! Un des pires mensonges même de l’histoire de la musique.heureusement que j’étais là ce soir là pour contredire cet article aberrant !!
Que dire…
On va faire simple:
-Tout d’abord si la régie n’avait pas rallumé précipitament, Olle Nyman avait droit à son rappel, vous vous en êtes aperçu bien entendu, e c’est sufisament rarissime pour une première partie pour être signalé. Par contre le nombre de personnes gisant endormies sur leur siège à la fin du set ennuyeux de Jessie Sykes se comptait par dizaine. Il suffisait de regarder pendant et après le set.
-Là ou Olle Nyman a mis un coeur incroyable dans ses envolées vocales magnifiques, Jessie Sykes s’est contenté de chanter, certes plutôt bien, mais sans envie, sans différence de ton. les morceaux se suivaient, tous aussi linéaire les uns que les autres, tous aussi semblables les uns que les autres, avec un guitariste inssuportable qui répètait sans cesse la même gamme (pentatonique pour les connaisseurs) sur tout le manche et des solos interminables et lourds avec une utilisation systématique et incongrue du vibrato. Bref de très bons techniciens les membres de Jessie Sykes, mais de piètres artistes.
Bref, dire que jessie Sykes était meilleurs que Olle Nyman ce soir là tient de la mauviase fois édifiante ou d’une parole de fan aveuglé
Pour joseph Arthur, je ne me prononce pas je suis fan :o)
Ah mais ,c’est que j’ai passé l’essentiel du concert au bar comme tout bon chroniqueur rock qui se respecte.
Pentatonique dit tu. Ca doit donc être tonique et même cinq fois alors.
Ben ouais dis donc heureusement que tu étais là ce soir là. Sinon Culturofil se commettait dans un des pires mensonges historiques. Vlà que j’tourne révisionniste moi, tout ça parce que j’traine au bar. Vite un autre Tonic. Mais Penta s’il vous plait ! (c’est pour les connaisseurs).
Ouf !!
ça va, j’ai eut peur, j’ai cru que vous aviez assisté au concert et que vous aviez apprécié l’inssuportable et lourd set de Jessie Sykes
mais bon, si vous étiez au bar, alors là, ça va, je suis rassuré !
Et ils étaient bon au moins ces 4 tonics??? :o)
Pas mauvais, pas mauvais, mais pas autant que l’aérien et magnifique gig de Jesse sykes;)
Bon j’arrête, je vois que tu manies l’humour aussi.
Pour Olle Nyman, j’avoue que c’est vrai que si moi je n’ai pas plus été emballé que ça, la salle, elle, lui a fait plus qu’un bon accueil. En revanche, je n’ai pas vu tant de gens endormis à l’issue du concert de Sykes. De toute façon écouter de la musique assis, c’est une hérésie !
A bientôt
Alors là je suis d’accord, quelle idée saugrenue de mettre des sièges pour un concert?? on n’est pas salle Pleyel pour un concert de Craig Armstrong à 200 euros la place quoi mince à la fin…
Ils avaient déjà fait le coup avec Eels et ça avait été la substantifique moelle de la quintescence du néant absolu…Mince quoi, eels assis, rendez-vous compte! (En plus Eels étaient deux ce soir là, au lieu de 3, ce qui aurait du me faire demander le rembourssement du tier de ma place)