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Malek, de Janine Boissard

Par Martine Galati • sam 8 nov 2008 • Categorie: Livres

Publié le 1er octobre 2008

Appréciation de Martine niveau 2

De Janine Boissard, j’ai beaucoup lu. Tout même, je pense. Et après tant d’années de fidélité, je pensais ouvrir encore un roman tendre et doux, dans lequel forcément on aimerait se reconnaître. Et bien, non. Malgré (ou à cause de) toutes ces années justement, Janine Boissard réussit encore à nous surprendre et de bien magistrale manière. Quand on referme ce livre, un seul mot nous vient alors à la bouche : « Merci ! Merci Madame Boissard de nous avoir présenté Malek, cet enfant, ce jeune garçon, cet homme au destin si incroyable et pourtant terriblement vrai. »

couverture malek

Cette histoire, rien ne prédestinait Janine Boissard à l’écrire. À de rares exceptions près, c’est plutôt des destins de femme que nous conte l’écrivain. Le dernier en date d’ailleurs, Un amour de déraison paru aux Editions du Rocher en était encore un, surprenant, inattendu, osant aborder un sujet bien trop souvent tabou. Non, vraiment rien ne prédestinait Janine Boissard à nous faire rencontrer Malek et à la suivre dans un genre littéraire nouveau pour elle. Celui de la biographie.

L’autobiographie, l’auteur s’y est déjà essayé. Outre le fait sensiblement évident de mettre une part d’elle dans chacun de ses romans, Janine Boissard s’est déjà dévoilée dans Vous verrez, vous m’aimerez (Plon), Cris du cœur (Albin Michel) et aussi Je serai la princesse du château (Editions du Rocher). Mais là, pour son retour chez Fayard, c’est de biographie dont il s’agit. Et qui plus est, de biographie en temps réel. Pas celle d’un illustre personnage aujourd’hui disparu et dont l’écrivain se serait attaché à révéler la vie et ses hauts faits au grand jour. Non, il s’agit vraiment de la biographie d’un homme bien vivant en ce début de XXIe siècle.
Malek, Janine Boissard l’a effectivement rencontré une première fois lors d’un salon du livre à Nice. Un échange, une boutade et puis rien. Jusqu’à quelques semaines plus tard où, dans un train qui les emmène à nouveau tous deux à la fête du livre de Nancy, le projet d’un livre à deux voix prenne corps. Enfin ! Il était temps ! Pour lui, Malek Chebel, écrivain également, mais surtout homme libre profondément humaniste. Pour elle, Janine Boissard, qui a su mettre son talent, sa sensibilité et son humanité tout entière au service de ce grand homme. Et pour nous, lecteurs comblés par cette histoire, ce destin hors du commun qu’il nous est offert de découvrir à travers ce récit sincère, poignant et tellement, tellement réel.

Malek est un petit garçon né en Algérie quelques années avant que ne se produisent ce qu’on a coutume d’appeler « les évènements ». Sa mère Zohra « Petite Rose » et son père Hocine sont jeunes, beaux et surtout très amoureux. Deux ans après Malek, ils ont un deuxième fils, Tayeb. Tous les quatre sont heureux et semblent vivre un véritable conte de fées au milieu de la famille entière et de ses nombreuses ramifications. Seulement ce bonheur sans nuage ne peut pas durer. Et ne durera pas. De manière incompréhensible, Hocine disparaît. Ruiné par la guerre, le grand-père Amadi ne peut plus héberger toute sa famille et Zohra est contrainte d’envoyer ses deux garçons dans un « centre de regroupement » loin, très loin, où tout ce que la Terre peut rassembler se retrouve. Le meilleur comme le pire. L’injustice de cette situation (une de plus pour Malek) fait mal. Et malheureusement, ce n’est que le début…
L’objectif de ce billet n’est pas de vous raconter une deuxième fois l’histoire, la vie de Malek Chebel. Janine Boissard l’a fait et de quelle manière ! Non, le but de ce texte est bel et bien de vous inviter à découvrir à votre tour ce destin incroyable, élevé par la force d’une volonté à toute épreuve et d’un espoir toujours présent, inlassablement. Ce billet n’a pas d’autre mission que de vous faire rencontrer cet homme d’exception servi par la qualité d’écriture sensible et belle d’une auteure qui n’a plus à faire ses preuves depuis longtemps. S’il y parvient, ce sera gagné.

Malek, de Janine Boissard, publié aux éditions Fayard, 264 pages.
Crédit photographique : éditions Fayard.

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Martine Galati est la responsable de la rubrique Livre. C'est aussi une des rédactrices de cette rubrique.
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