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Jack l’éventreur de David Wickes, l’édition 2 DVD inédite

Par Willy Gilboire • mar 11 nov 2008 • Categorie: Dvd / Blu-ray

Sorti depuis le 05 novembre 2008

Appréciation de Willy niveau 1

Le 31 aout 1888, à Londres. Mary Ann Nichols, une prostituée, est sauvagement assassinée à Whitechapel (East End), un quartier populaire de Londres, aussi bien fréquenté par les plus démunis que les plus riches qui y assouvissent leurs plaisirs inavouables.
L’enquête est confiée à l’inspecteur Abberline (Michael Caine), vieille gloire de la police londonienne, veuf, alcoolique et peu apprécié de sa hiérarchie. De nouveaux meurtres ont lieu, tout aussi abominables. Abberline et son adjoint Godley (Lewis Collins) vont s’employer à pourchasser celui qui se surnommera bientôt « Jack l’éventreur »…

Qui ne souvient pas de ce téléfilm qui avait assuré nos soirées télévisuelles il y a pas mal d’années ? Jack l’éventreur de David Wickes est un téléfilm à grands moyens d’une durée de trois heures quatorze réalisé en 1988, bâtit essentiellement sur le fort capital de sympathie de l’acteur Michael Caine et sur la fascination qu’exerçait l’insaisissable tueur en série de Whitechapel.

Michael Caine (Abberline) et Lewis Collins (Godley)

Qui était Jack l’éventreur ? Probablement le plus célèbre tueur en série du monde au regard de toute la fascination qu’il a exercé jusqu’ici sur tous les arts, de la littérature1 jusqu’au cinéma2, en passant même par la musique3.
En 1888, il aura, de par son sinistre projet criminel, fait basculer crescendo la police (Scotland Yard même) et la population londonienne dans l’horreur la plus totale en détruisant les corps d’au moins cinq prostituées.
Pourquoi vais-je jusqu’à employer le verbe “détruire” ? Plus qu’un simple tueur, celui qui s’est de lui-même surnommé « Jack l’éventreur4 » était un tueur aussi extrêmement violent qu’intelligent.
Violent car Jack l’éventreur tranchait au départ les gorges de ses victimes jusqu’à l’os pour au final les dépecer, le summum étant atteint avec la jeune Mary Jane Kelly dont le corps fut intégralement transformé en macabre puzzle. Un choc à l’époque.
Intelligent enfin puisque Jack l’éventreur était insaisissable jusqu’à narguer la police avec des lettres où il évoquait son possible cannibalisme. Bref, de quoi provoquer à Londres le désordre le plus total.

Michael Caine dans le rôle d'Abberline

Voici donc le climat dans lequel vous plonge le sympathique téléfilm de David Wickes où Michael Caine joue le rôle de l’inspecteur Abberline. Un rôle où l’acteur est égal à lui-même, à savoir impeccable.
À l’inverse des films où les enquêteurs s’investissent jusqu’à péricliter (ceux par exemple du Zodiac de David Fincher qui sombrent dans la dépression.), Michael Caine incarne ici un inspecteur au départ alcoolique qui se retrouve galvanisé et ravivé par la chasse dans laquelle il s’est lancée.
Le téléfilm s’attache pourtant à montrer que l’enquête piétine au regard du nombre élevé de suspects et du caractère grotesque de certains d’entre-eux. Souvenez-vous justement de l’interprétation marquante de Armand Assante, qui incarne l’acteur de la pièce L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, et dont la transformation en Hyde avait marqué les spectateurs du petit monde cathodique.

Les prostituées dans Jack l'éventreur

Ce qu’il faut retenir de ce téléfilm de David Wickes, c’est que le réalisateur opte pour le scénario dans lequel Jack l’éventreur ne serait autre que Sir William Gull, un chirurgien au service de la famille royale. Une hypothèse séduisante explorée également par Alan Moore dans From Hell.
Notez également que David Wickes se nourrit allègrement de la trame de la nouvelle de Robert Louis Stevenson évoquée plus haut jusqu’à la citer sous sa forme théâtrale dans son téléfilm et à s’autoriser quelque idées de mise en scène cinématographiques5.
Que faut-il retenir enfin du double DVD édité par Opening ? Une image et un son corrects pour ce téléfilm. Ne vous attendez pas à ce que votre caisson de basse fasse des siennes.
Une interactivité limitée enfin puisqu’aucun chapitrage ni supplément n’accompagne ce téléfilm. Il est possible néanmoins de voyager manuellement dans son intrigue via la télécommande de votre home cinéma.
On ne peut pas trop se plaindre puisque Jack l’éventreur est rappelons-le un téléfilm, disponible exceptionnellement dans sa version originale sous-titrée.

Visuel de l'édition 2 DVD

Jack l’éventreur (Jack the ripper), réalisation de David Wickes, scénario de Derk Marlowes et David Wickes. Musique de John Cameron.
Avec : Michael Caine (inspecteur chef Frederick Abberline), Armand Assante (Richard Mansfield), Lewiss Collins (inspecteur George Godley), Ray McAnally (Sir William Gull) et Jane Seymour (Emma Prentiss)
GB, 1988, 194 min environ, couleurs, format 1.33, 4/3, version française et version originale mono, sous-titrée en français. Édité par Opening.
Édition 2 DVD testée sur Samsung HT-A100 et Samsung Full HD LE40F71B.
Crédit photographique : Opening.

  1. Jack l’éventreur : Affaire classée - Portrait d’un tueur (traduction de Jean Esch), Édition des 2 Terres, Paris, mars 2003. La romancière Patricia Cornwell émet la théorie (une de plus !) que les crimes seraient l’œuvre du peintre impressionniste Walter Sickert.[]
  2. Le très mauvais From Hell réalisé en 2002 par les frères Hughes. Une hérésie qui trahit l’œuvre du même nom dessinée par Alan Moore. Personnellement, je préférais largement C’était demain de Nicholas Meyer, un film fantastique réalisé en 1979 où H.G. Wells (Malcolm McDowell) pourchassait Jack l’éventreur (David Warner) dans le futur.[]
  3. Qui ne connait pas Jack the Ripper du groupe Motörhead[]
  4. « Jack the ripper » en réalité. La traduction française fut comme toujours maladroite.[]
  5. Le tournant de l’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde est ainsi filmé deux fois, l’une selon le point de vue du public et l’autre selon celui d’Abberline. Deux perceptions différentes donc d’un même spectacle.[]
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Willy Gilboire est un des rédacteurs DVD du magazine.
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