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The Pains Of Being Pure At Heart – Suffer Little Children

Par Thomas Sinaeve • jeu 12 mar 2009 • Categorie: Musique

Disponible depuis le 23 février

Le nom est pas possible, fier et grandiloquent comme le sont les noms de groupes qu’on forme au sortir du lycée. La pochette la joue vintage – noir et blanc sobre et élégant. Bien entendu ils sont de New York.

Les amateurs de power-pop attendaient Stuck In The Sound, et voilà que 2009 leur offre The Pains Of Being Pure At Heart. Des Shoegazing Kids1, eux aussi. Nés une poignée d’années trop tard (et dans le mauvais pays2) pour avoir connu l’éphémère courant de la fin des années quatre-vingt, et issus d’une génération qui s’est tout pris dans la figure en même temps. Pas étonnant qu’ils transcendent presque malgré eux ces micro-chapelles auxquelles les fans de rock sont parfois déraisonnablement attachés : non, semble dire leur premier album, il n’y avait pas tant de différences que ça entre les shoegazers anglais et l’indie-rock américain. Peu de choses pour séparer, foncièrement, un Teenage Fanclub d’un Jesus & The Mary Chain, un Dinosaur JR d’un My Bloody Valentine… etc.

Pochette de l'album The Pains Of Being Pure At Heart

Alors aux confins d’influences parfois antinomiques, The Pains Of Being Pure At Heart, qui affectionnent aussi les Ramones et Sonic Youth, ont composé un premier album à l’image de leur génération : pop et sans complexe, très riche mélodiquement et insouciant juste ce qu’il faut. A l’écoute de This Love Is Fucking Right ! on se dit que c’est un peu l’album que Placebo refuse de faire depuis 1997, le disque nerveux, teigneux et insolent que Dinosaur JR ne peut plus écrire pour cause d’âge trop avancé, les dix chansons que la plupart des jeunes gens du revival rock’n'roll actuel rêvent de publier un jour.

Qu’il s’agisse de mid-tempos arrosées de guitares saturées (Stay Alive) ou de power-pop aérienne typique des college-bands américains (Young Adult Friction), le groupe témoigne du même mélange d’aisance et de rigueur, de morgue et de maîtrise. Anodines à la première écoute, leurs complaintes s’installent rapidement, entre romantisme crade (Everything With You) et mélancolie joyeuse (Come Saturday), jusqu’à en devenir évidentes. On ne s’étonnerait pas qu’elles nous accompagnent encore longtemps, toute l’année du moins – ça ne fait aucun doute. Inconnu ou presque il y a trois mois, ce groupe-là vient de publier l’un des meilleurs albums de l’année, reléguant quelques pointures au rang de simples faire-valoir. Et alors que sur le The Teinture Itch The Pains Of Being Pure At Heart se pique de projeter ce que donnerait une fusion improbable entre le R.E.M. de 1984 et Husker Dü, on se surprend à espérer : pourvu que les gens qui nous ont bassiné avec MGMT l’an passé s’emparent de cet album. Qu’on passe aux choses sérieuses.

The Pains Of Being Pure At Heart, de The Pains Of Being Pure At Heart, édité chez Slumberland Records
Crédit photo : TPOBPAH

  1. C’est le titre en forme de manifeste du dernier album des français de SITS []
  2. La scène shoegazing (House Of Love, Ride, Ocean Coulour Scene…) était britannique avant tout… et, pour l’anecdote, portait ce nom parce que ses membres passaient leur temps à regarder leurs chaussures pendant les concerts ! []
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27 Réponses »

  1. j’aime bien, mais…
    curieusement, même si ce revival me fait plasir (j’ai vraiment découvert le rock au moment de MBV, Ride et cie, justement),
    je ne suis pas complètement emporté par ce disque. En même temps je ne l’ai encore écouté que 3-4 fois.

    et celui l’an dernier de A place to bury strangers, non plus.
    Mais peut-être que c’est par nostalgie que j’écoute My bloody valentine, Ride ou Slowdive?

    je demande à voir en concert, en fait, parce que j’ai bien aimé les Vivian girls en revanche, qui lorgnent aussi sur le shoegaze, en plus lo-fi et bordélique. Elles ont une insouciance envers la musique, une forme d’irrespect sans pose (juste l’absence de toute adoration), qui malgré mon âge avancé ^^ me parle plus directement, plus immédiatement que the ppains of being pure at heart.
    mais je reconnais que ça ne tient pas à grand chose, et que le nom de ce groupe mérite qu’on en tapisse les murs de la ville :-)

  2. Pour moi ç’a été une excellente surprise, le premier du revival shoegaze qui me branche vraiment… mais c’est peut-être parce qu’il lorgne vers d’autres contrées aussi (je ne vais pas faire la liste exhaustive de leurs influences, ce serait à la limite du dégradant :-) )
    Par contre, un truc qui m’étonne… c’est qu’il reçoive des commentaires aussi dithyrambiques. Au risque de jouer les mauvaises, ça me semble être l’archétype du groupe qui reçoit une pluie d’étoile parce qu’il débute… pour mieux se faire conchier d’ici le prochain album, quand il aura vendu des dizaines de milliers d’exemplaires et sera devenu un grand espoir. A ce moment-là, je suis sûr que tout le monde se souviendra subitement qu’il y a aussi un côté Smashing Pumpkins dans certains de leur titre, ce que tout le monde a soigneusement évité de préciser pour l’instant :-D

    (je suis vraiment une langue de pute, moi)

    (je sais)

    Enfin : toujours est-il qu’il a sans doute beaucoup marché sur moi, aussi parce que je l’ai pris derrière la calebasse sans le voir venir (en plus c’était un conseil de KMS ! je ne m’attendais pas un truc comme ça ;-) )

  3. ah oui tiens, j’oubliais le côté pastels parfois salué (tout ce qui rappelle les pastels mérite d’être salué, ça au moins je suis d’accord) et une touche de jesus & mary chain.

    bref il écoutent à leur âge ce que j’écoutais… à leur âge ;-)
    il y a 15-18 ans, donc… (un brin maso d’écrire ça, moi…)

  4. pour le succès, tu peux aussi mettre le nom et la pochette de l’album, parce que c’est pas avec celle de leur EP précédent qu’ils auraient cassé la baraque

  5. Le rock étant une espèce de cycle infernal je suppose que dans cinq ans, les gens de quinze ans joueront ce que mois j’écoutais à cet âge… ciel !

  6. Sianeve ? Tiens, c’est joli aussi :-)

  7. “pourvu que les gens qui nous ont bassiné avec MGMT l’an passé s’emparent de cet album. Qu’on passe aux choses sérieuses.”

    AMEN !

  8. :-D

    J’étais en train de lire ta chronique pile au moment où tu postais ce commentaire !

  9. sinon: j’adore le titre même si Tears for fears n’a pas grand raport avec le shoegaze ^^

  10. J’avoue que je ne connais pas que très mal TFF… et que donc je ne vois pas du tout de quoi tu parles :-)

  11. alors écoute leur premier album, qui surpasse de loin tout ce qu’ils ont pu faire ensuite, un disque de très haute volée, et tu entedras “suffer little children” (de mémoire c’est même le titre du morceau)

  12. Tu faisais référence à “mon” titre ?

    Mais c’est pas Tears For Fears, c’est les Smiths…

  13. ok, mais 1 an plus tard ^^

  14. Je suis le rédacteur gentilhomme ! je fais du TFF sans le savoir :-D

  15. Pour le “revival shoegaze”, ça fait un petit moment qu’il dure tout de même, entre Radio Dept., le côté “Jesus and the mary Chain” des raveonnettes, la redécouverte de Slowdive par le label Morr Music (en 2002), toute la scène américaine dream pop autour de labels comme Clairerecords…
    Bref, bref, il me semble sinon que Tears for Fears, c’était “Suffer the Children” le titre. “Advice for the Pure at heart”, ça aurait été pas mal comme référence à TFF :)

  16. C’est sûr que si on va dans cette direction, on peut aussi considérer que les albums Interpol s’inscrivent dans le revival shoegaze :-)

    Maintenant force est de noter que le courant s’est amplifié depuis un an et demi…

    “Suffer the Children”, c’était pas Napalm Death ?

    ;-)

  17. Salut
    cela ressemble outrancièrement à du Field Mice. Vous ne trouvez pas?

  18. Oh, cela ressemble à plein de choses. Comme je le disais plus haut, si on commence à lister leurs influences, on n’a pas fini :)

  19. oui mais à ce point j’ai quand même l’impression d’avoir un copier coller de l’album snowball de field mice
    ce qui me donne envie de le réécouter pour vérifier

  20. bon j’ai exagérer sur le copier coller.

  21. Je m’en doutais un peu, mais bon, ça coûtait rien de vérifier ;-)

  22. oui c’est entre cet album des Field Mice et Chains gang of love des Raveonnettes.
    ni exactement l’un ni l’autre. dans l’intervalle, quelque part avec The jesus and Mary Chains
    plus joyeux que the field mice, moins noisy que the raveonnetes, plus speed et moins langoureux que
    The jesus and Mary chains.

  23. enfin je dis ça…

  24. Hello tous. Pour celles et ceux qui sont tombés sous le charme de The Pains…, les Américains clôtureront le dimanche 5 juillet le festival des Eurockéennes de Belfort avec une prestation nocturne sur la scène de La Plage !

  25. au sujet des Pastels, ils seront en concert le 7 septembre au Point Ephémère à Paris!
    places en vente bientôt

  26. [...] presque exclusivement américaine1 a été plus souvent alléchante qu’ennuyeuse. Entre The Pains Of Being Pure At Heart (auteur d’un des albums les plus frais et sympas de l’année) et A Place To Bury [...]

  27. Bel article pour un groupe dont le nom est quand même culotté, dans le style “nous sommes faibles et nous subissons l’injure des forts”. Plus de fragilité que de fierté je pense, et ça se ressent dans le musique, pas loin des Smiths, de Belle & Sebastian.

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