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Love Is My Sin d’après William Shakespeare

Par Delphine Kilhoffer • ven 17 avr 2009 • Categorie: Théâtre

Jusqu’au 9 mai 2009

Appréciation de Delphine niveau 1

Pour créer Love Is My Sin, Peter Brook a réuni des sonnets de William Shakespeare et les a organisés autour de différentes thématiques amoureuses : le temps dévorant, la séparation ou la jalousie. C’est un travail de construction d’un metteur en scène épris des mots, qui veut transmettre la beauté du texte et toutes les interrogations dont il est porteur. Et si l’on ne sait presque rien de la vie de Shakespeare, on peut affirmer sans avoir peur de se tromper qu’il a traversé tous les élans, les retournements et les tourments de la passion, comme en témoignent ses pièces et ses sonnets.

Bruce Myers et Natasha Parry en répétition avec Peter Brook

Au service des vers1, deux comédiens britanniques aguerris : Natasha Parry et Bruce Myers. Leur belle et claire élocution classique font merveilleusement entendre les textes de Shakespeare. Loin de la fougue adolescente d’un Roméo et d’une Juliette, ils apportent une maturité et un poids tout autre à ces sonnets. Un choix intéressant qui fait résonner les interrogations sur le temps qui passe de manière touchante, voire parfois amusante.

Il est évident que l’acteur et l’actrice sont là pour représenter symboliquement le couple et au fur et à mesure de Love Is My Sin, les interactions entre eux se multiplient. Néanmoins, le jeu reste sage et la dramatisation n’est pas assez poussée.

Bruce Myers et Natacha Parry

On reste aussi perplexe par rapport au fait que les comédiens aient leur texte à la main : cela contribue à brouiller les codes et l’on n’est pas certain de bien comprendre à quel type d’exercice scénique on assiste. Il semblerait que dans cette mise en scène, Peter Brook soit resté en suspend entre deux possibilités : celle d’une lecture et celle d’une théâtralisation impliquant la création de vrais personnages. Ici, on se trouve à la limite des deux, dans une oscillation un peu décevante.

Sur le bord du plateau, Franck Krawczyk est un accompagnateur musical discret et efficace. Il ponctue les sonnets de compositions de Louis Couperin, interprétées à l’accordéon et au clavier, qui ajoutent à l’émotion des mots.

Il est rare d’avoir l’occasion d’entendre les sonnets de Shakespeare, et en cela, ce spectacle vaut la peine pour qui veut se délecter de la langue poétique du barde. Par ailleurs Love Is My Sin restera comme une mise en scène mineure de Peter Brook, qui nous a habitué à mettre la barre particulièrement haut.

Love Is My Sin d’après William Shakespeare, mise en scène de Peter Brook, théâtre des Bouffes du Nord
Avec : Natasha Parry, Bruce Myers
Crédit photos : Pascal Victor – Art Com Art

  1. Le texte est en anglais surtitré []
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Delphine Kilhoffer est la Rédactrice en chef du magazine. Elle est aussi responsable de la rubrique Théâtre, et rédactrice pour cette même rubrique.
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2 Réponses »

  1. [...] qui se joue en ce moment au théâtre des Bouffes du Nord : alors qu’à 19h Peter Brook présente Love Is My Sin, deux heures plus tard, c’est la troupe de sa fille Irina qui s’empare du plateau. Si le père [...]

  2. J’ai adoré ! Mise en scène sage certes mais qui s’y prêtait : les sonnets de Shakespeare suffisent et l’élocution merveilleuse des deux comédiens aussi. Un spectacle émouvant.

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