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Radiotransmission de Los Chicros – De très bonnes chansons au milieu du zapping

Par Thierry The Civil Servant • jeu 14 mai 2009 • Categorie: Musique

Sortie le 18 Mai

Appréciation de Thierry niveau 1

Voilà, l’attendu nouvel album de Los Chicros, combo parisien (de la banlieue ouest je crois pour être plus précis), aussi talentueux et aventureux qu’il est clandestinement confidentiel. Contrepartie, hélas fréquente, d’une approche esthétique de la pop qui n’est guère de mise à une époque où la soi-disant radio rock parisienne est rachetée par un ami du Président, dont les goûts musicaux ont ceci de terrible qu’ils peuvent servir d’alibi contre culturel à n’importe quel Luke ou… (oh mettez ici les noms que vous voulez). Nouvel album donc, deux ans après Sour Sick Soul, et construit comme un zapping radio, avec des DJ’s de radios forts différentes les unes des autres, parlant quelques secondes, puis diffusant les chansons du groupe. Zapping bien virtuel cependant, en ce qu’il fait défiler l’une après l’autre, des stations diffusant de la (bonne) musique.

Concept album donc, en quelque sorte, d’autant que Los Chicros, en affublant leurs radios de caractéristiques bien marquées (Radio Dépression, Radio Jesus, Radio années 50…) se sont crées un cahier des charges exigeant (et avouons-le un peu casse gueule) : composer des titres dans le mood de chacune des dites radio.

Radiotransmission de Los Chicros

Aussi, il ne faudra pas être surpris, lors de la première écoute de Radiotransmision, de la succession, apparemment aléatoire, de country, de rock chrétien célébrant le Seigneur, d’un titre à mi chemin entre le rock fifties et le début des sucreries twist sixties, d’un hip hop… S’y ajoutent quelques titres dont le rapport direct avec les interventions des DJ de nos radios fictives est moins évident, comme une curieuse reprise du Straight A’s des Dead Kennedy’s, et un titre mid tempo blue eyed soul emmené par Brisa Roché, invitée de l’album. Les ponctuations sont assurées par de petites interventions des speakers, tels l’adolescent « so bored » de Radio Depressed, le prêcheur de Radio Jesus, Johnny Boy, le camé qui cherche à placer sa dope à l’antenne, ou Johnny Rocket et son show 50’s.

Tout ceci étant dit, le caractère éminemment original du projet mis à part, que retient-on vraiment de Radiotransmission ?

Tout d’abord ce sentiment confus, qu’en l’absence d’une bonne documentation assurée par la maison de disque, Radiotransmission présente les mêmes défauts que ces appareils électroniques complexes qui nous restent étrangers tant qu’on n’a pas la notice (et encore parfois la notice est ainsi écrite qu’en la fermant, on en sait encore moins qu’avant de l’avoir lue et que la seule certitude qu’on a fini par acquérir est que l’engin va rester au fond d’une armoire, inutilisé pour des générations). Sauf à posséder une pratique rompue de l’anglais, il est fort probable qu’une bonne partie des subtilités de l’album risquent de passer au dessus de la tête de l’auditeur. Ce dernier pourrait même, s’il décide de ne rien lire au sujet du nouveau Los Chicros, avant de l’acquérir, ne pas réaliser qu’il est face à un concept album, hommage aux bonnes vieilles radio de la bande FM.

Los Chicros et les papillons

Ensuite, l’impression que au delà du concept, que chacun jugera comme il l’entend, Los Chicros, ont réussi à composer quelques très bons titres, dès lors que la nécessité de coller au style de la radio fictive sur laquelle le disque vient de zapper, ne les a pas conduit à la simili parodie (risque qu’ils n’évitent pas toujours, à mon sens). Au fond, ce disque ne présenterait pas d’intérêt majeur s’il se limitait à son idée de départ. Sa force réside quand même, et c’est heureux, dans la qualité d’écriture de plusieurs des titres qu’il contient (What’s New Today on TV, ou New Orleans par exemple). On pourra conceptualiser tout ce que l’on voudra, si les chansons ne suivent pas… Vieille histoire, au moins depuis Quadrophenia.

Aussi, au bout du compte, Los Chicros parviennent à nouveau à créer ces mélodies racées, empruntant à toute l’histoire de la pop, qui placent les Parisiens tellement au-dessus du lot, à la manière d’un Grant Mac Lennan en son temps. On regrettera cependant qu’elles ne soient pas plus nombreuses sur Radiotransmission, comme si l’idée originale du contenant avait ponctuellement vampirisé la créativité du contenu. Finalement, on ne se méfie jamais assez des DJ de radio.

Los ChicrosRadiotransmissionChicrodelic / Discograph

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Thierry The Civil Servant est un des rédacteurs Musique du magazine.
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6 Réponses »

  1. sympa, sans être excellent, mais sympa quand même !

  2. “au dessus du lot” en effet!
    excellent album,meme la chanson chertienne est bien ;)

  3. Bon les avis sont donc variés mais plutôt dans la bonne gamme quand même puisque c’est celle qui va de sympa à excellent.
    Quant au mien c’est un peu entre les deux puisque c’est “excellent mais pas assez souvent”
    Merci de vos avis, en tout cas.
    Revenez ici quand vous le voulez.

  4. Hé, hé, moi j’ai bien craqué dessus. Au départ un peu “excellent mais pas assez souvent”, mais en quelques écoutes, vraiment “au dessus du lot”, et au final, excellent de A à Z. Je savais pas qu’ils étaient parisiens.

  5. bonjour Alex
    Oui de fait il me semble qu’ils sont de la banlieue sud.

  6. [...] : MySpace de Chris Garneau : Jenny O. et Grant Worth. Los Chicros et leur Radiotransmission, chroniqué il y a quelques mois en ces lieux ; Alexander Faem et son Agent 238, à la fine pop estampillée sixties françaises sur lequel il [...]

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