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Nuageux à serein de Patrick Dupuis

Par Martine Galati • sam 16 mai 2009 • Categorie: Livres

Parution en avril 2009

Appréciation de Martine niveau 2

Romancier dans un premier temps, Patrick Dupuis aime avant tout les nouvelles ! Les lire. Et en écrire. Les lire, c’est ce qu’il fait au sein des éditions Quadrature, la maison qu’il a fondée avec quelques amis en Belgique. Et les écrire, c’est ce qu’il vient de faire à nouveau avec la parution de son deuxième recueil Nuageux à serein aux éditions Luce Wilquin car, dit-il « s’auto publier ressemble à s’y méprendre à de l’édition à compte d’auteur détournée. Éditer est une chose. Écrire en est une autre. Et on ne peut bien les faire que si elles sont bien distinctes. »
Je connaissais Patrick Dupuis éditeur. J’ai découvert Patrick Dupuis auteur.
Et je ne peux que m’en féliciter.
Son recueil est une merveille d’écriture, de sensibilité, de douceur et de tendresse. De vie, tout simplement.

Couverture de Nuageux à serein

On entre dans ce recueil comme on pousse une porte sans savoir ce que l’on va bien pouvoir trouver derrière. Mais, gare ! Dès que nous y sommes entrés, le piège se referme. On est cuit. Et on ne peut plus qu’avancer, suivre ces personnes comme vous et moi, les accompagner un court instant dans leur parcours, sourire de leurs réactions, essuyer une larme furtivement, s’emporter aussi parfois mais toujours, toujours, comprendre leur réaction.

Dix-neuf nouvelles composent ce recueil. Pourquoi pas vingt ? Serait-on tenté de demander.
Après tout, vingt, c’est un compte rond, lisse, parfait…
Mais…

Justement, ce nombre impair reflète bien volontiers l’ambiance générale du recueil.
Dans chacune de ces dix-neuf nouvelles, Patrick Dupuis met en scène un homme, ou une femme (en plusieurs occasions même), ou des couples.
Des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts, leurs volontés et leurs laisser-aller, leurs imperfections surtout.

Quand cette femme au volant de sa voiture prend un jeune auto-stoppeur à bord alors qu’elle vient de quitter le domicile conjugal (dans Auto-stop), peut-on lui reprocher la manière instinctive dont elle s’offusque de la muflerie involontaire de ce jeune homme qui lui a doucement fait remarquer son âge ?

Et quand cet homme à qui son ex-femme a donné un rendez-vous planifié selon ses seuls desiderata décide sur un coup de tête de ne pas la suivre, a-t-on la moindre raison de lui en vouloir ?

Quand, encore, cette autre femme bientôt quadragénaire essaie d’expliquer à son amie pourquoi elle va se marier, préférant privilégier une vie de famille heureuse et épanouie à une carrière professionnelle réussie, peut-on se permettre de la juger ? Et sur quels critères ?

Alternant les personnalités féminines et masculines pour notre grand plaisir de lecteur, Patrick Dupuis n’a de cesse de nous surprendre par des petits riens, une anecdote, un souffle contraire.

Avec ces personnages, on navigue à flots, on oscille en fonction du vent, on relève la barre ou on la laisse dériver. C’est la vie. C’est comme ça. Aurait-on agi de la même manière ? Peut-être ? Peut-être pas…

Mais là où l’auteur excelle à mon avis, c’est quand il endosse la personnalité d’un enfant.
À travers le regard de ce petit garçon (dans Le Bac à sable), c’est toute l’intensité dramatique de la vie de ceux qu’on nomme pudiquement les « sans-papiers » qui nous explose en pleine face. C’est beau. C’est grave, douloureux.
Mais quel bonheur est le nôtre lorsque, pour cette fois-ci et parce que la solidarité humaine a joué pleinement son rôle, tout finit bien…

On ne peut que saluer. Chapeau bas Monsieur Dupuis.

Nuageux à serein de Patrick Dupuis
101 pages.
Éditions Luce Wilquin
Crédit photographique Éditions Luce Wilquin

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Martine Galati est la responsable de la rubrique Livre. C'est aussi une des rédactrices de cette rubrique.
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